mardi 17 octobre 2017

Sahara-Maroc-Algérie : Les assurances américaines

Roi du Maroc John Kerry

Hasard du calendrier ? Le fait est que la visite effectuée par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, en Algérie et au Maroc, du 2 au 4 avril, «tombait» à quelques jours seulement de la réunion annuelle du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara (fixée au 17 avril)…
Au terme de cette visite, que peut retenir le Maroc au sujet de ce dossier ?

Cette fois-ci, ni le nucléaire iranien, ni les pourparlers isrélo-palestiniens ne sont venus contrarier l’agenda du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui a effectué une visite –initialement prévue pour novembre 2013- en Algérie et au Maroc, ces 2, 3 et 4 avril.

Dans les deux pays, John Kerry devait co-présider le dialogue stratégique initié par les Etats Unis avec chacun des deux Etats, séparément.
Mais il ne pouvait être seulement question de relations bilatérales, les Etats Unis étant fortement préoccupés par la stabilité de la région sahélo-saharienne.
De plus, l’élection présidentielle algérienne, prévue pour le 17 avril ; et la réunion annuelle du Conseil de Sécurité sur le Sahara, prévue pour le même jour (le 17 avril), allaient nécessairement donner un autre relief à cette mini-tournée.

Les élections à Alger…

En Algérie, les supporters de Abdelaziz Bouteflika et ses détracteurs ont croisé le fer sur la question de savoir si la visite du Secrétaire d’Etat américain signifiait un appui à la 4ème candidature du Président invalide. John Kerry a-t-il apporté quelque assurance au régime en place sur cette question en particulier ? Rien n’est moins sûr. Cependant, le Secrétaire d’Etat s’est bien gardé de souffler sur le feu, tandis que l’ambassadeur américain, en poste à Alger, n’a cessé de mettre en avant sa neutralité, répétant que le soutien des USA ira au candidat qui sera élu.
Par ailleurs, élections ou pas, le pouvoir algérien gardait les yeux rivés sur la question dont il a fait sa priorité sur le plan diplomatique: la question du Sahara.
Selon un journal marocain, les plumes zélées de ce pouvoir auraient même déformé les propos de John Kerry, conduisant à ce que le département d’Etat s’en plaigne et rectifie…

Et au Maroc ?

Qu’importe ce que dit le pouvoir algérien, côté marocain, ce qui allait compter, c’est ce qu’allait dire John Kerry à Rabat, où devait se tenir la réunion du dialogue stratégique Maroc Etats Unis et à Casablanca où le Secrétaire d’Etat américain devait être reçu par le Roi.
Finalement, le report de cette visite de novembre 2013 à avril 2014 la faisait tomber à pic, au moment même où le Maroc envoyait des messages au Secrétaire général de l’ONU et aux 15 pays membres du Conseil de Sécurité (via une lettre signée par le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar), leur faisant part des engagements tenus en matière de droits de l’homme, dans le pays en général et au Sahara en particulier. Un exercice auquel s’était volontairement plié le Maroc, faisant preuve de sa bonne volonté.
En effet, lors de l’élaboration du rapport du Secrétaire général sur le Sahara et des consultations du Conseil de Sécurité, l’an dernier, à la même époque, le principal point d’achoppement était la question des droits de l’homme.

Point d’achoppement, les droits de l’homme

L’Algérie et le Polisario, instrumentalisant cette question, avaient réussi à obtenir l’appui de l’ambassadrice des Etats Unis auprès de l’ONU à un avant-projet d’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme au Sahara. Il avait fallu l’intervention personnelle du Roi Mohammed VI auprès du Président Obama pour que la voix du Maroc soit entendue et que la Minurso garde les seules compétences qui étaient les siennes.
Dans sa résolution 2099 de 2013, le Conseil de sécurité avait alors invité le Maroc et le Polisario «à poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général de l’ONU, sans conditions préalables et de bonne foi», afin de parvenir «à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable…».
Mais l’appel de l’amélioration des droits de l’homme avait été entendu par le Maroc, devenu entre-temps membre du Conseil des droits de l’Homme. D’où toutes les initiatives prises ensuite –que rappelait la semaine dernière la lettre de S. Mezouar.

L’oreille de John Kerry, sur place…

Alors que le Conseil de Sécurité se prépare à tenir sa réunion d’évaluation de la mise en œuvre de la résolution 2099 de 2013, où les rapports de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross et du chef de la Minurso, Wolfgang Weisbrod-Weber précéderont le rapport final du Secrétaire général Ban Ki-Moon et serviront de base à la prochaine résolution (prévue fin avril), l’oreille attentive de John Kerry, au Maroc-même, était donc la bienvenue…
D’autant que les séparatistes, poussés par le pouvoir algérien, ne restaient pas les bras croisés. La séparatiste Aminatou Haidar a même été envoyée aux Etats Unis où elle a pu rencontrer quelques membres du Conseil de sécurité…
Tout ce que le diplomate américain dirait serait aussi écouté avec la plus grande attention.
Qu’a dit alors John Kerry ?

Le communiqué conjoint qui dit tout

A l’issue des travaux de la deuxième session du Dialogue stratégique Maroc-Etats Unis, qui ont donc été co-présidés par le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar et le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, un communiqué conjoint a été rendu public et il passe en revue toutes les questions importantes, celles qui entreront en ligne de compte dans les consultations de ce mois d’avril du Conseil de Sécurité.
«Le Secrétaire d’Etat (John Kerry) a réitéré l’appréciation des Etats Unis à l’endroit des actions et du leadership de SM le Roi dans l’approfondissement de la démocratie et la promotion du progrès économique et du développement humain durant la dernière décennie», est-il mentionné dans le communiqué.
A propos de la récente adoption par le Conseil des ministres, d’un projet de loi interdisant la poursuite de civils devant la justice militaire, le communiqué conjoint rapporte que le chef de la diplomatie américaine a salué «un autre pas important sur la voie de la mise en œuvre de la vision de SM le Roi d’un Maroc qui se conforme aux normes internationales et meilleures pratiques des droits de l’Homme».
Et les deux parties d’affirmer leur intention d’œuvrer ensemble à la promotion des droits de l’homme sur le plan international, en particulier au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies.
A propos de la question du Sahara, le communiqué conjoint est sans équivoque. On y lit: «La politique des Etats Unis au sujet de la question du Sahara demeure inchangée». S’agissant du plan marocain d’autonomie, toujours qualifié de «sérieux, réaliste et crédible», il est écrit dans le communiqué commun qu’il représente «une approche à même de satisfaire les aspirations des populations du Sahara à gérer leurs propres affaires dans la paix et la dignité».
Durant cette visite, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a réaffirmé l’engagement de Washington en faveur d’une solution politique, équitable, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara et réitéré le soutien des Etats Unis aux négociations sous l’égide des Nations Unies et aux efforts fournis par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU.
Il est clair qu’à une dizaine de jours de la réunion du Conseil de Sécurité, ce que dit le chef de la diplomatie américaine est la position qui sera adoptée par ce membre permanent du Conseil.

KB

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Dialogue stratégique : Washington et Rabat font le point

John kerry salaheddine mezouar

Le partenariat stratégique entre le Maroc et les USA comprend un dialogue politique, régulier et diversifié. Le but de la deuxième session du Dialogue stratégique entre les deux pays, tenue à Rabat, est de dresser le constat des relations entre les deux pays.

Les Etats-Unis suivent avec intérêt l’évolution du Maroc sous le leadership de SM Mohammed VI, laquelle se traduit par la série de réformes engagées par le Royaume pour se mettre sur les rails de la démocratie et de l’Etat de droit. C’est le leitmotiv qui est revenu pendant une journée (vendredi 4 avril), courte certes, mais riche en enseignements, avec plusieurs thématiques traitées. L’occasion: les travaux de la deuxième Session du Dialogue stratégique entre le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique, deux pays amis qui partagent une longue histoire de plus de deux cents ans, dans le cadre du Traité de Paix et d’Amitié entre les deux Nations, ratifié par le Congrès américain en 1786.

Façonner l’avenir

Intervenant à cette occasion, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’est projeté dans l’avenir. «Nous sommes là, a-t-il souligné, pour façonner l’avenir commun et il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous pouvons capitaliser».
M. Kerry a en outre réitéré l’engagement continu de son pays par rapport à la dynamique de réformes entreprises courageusement par le Royaume sous la conduite de SM le Roi. «Quand les Marocains parlent démocratie, tolérance et autres valeurs humaines, nous les comprenons, car celles-ci relèvent de notre ADN. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous pouvons capitaliser», a affirmé M. Kerry.
Rappelant la transition qui s’est opérée au Maroc et qui a fait du Royaume une exception, le secrétaire d’Etat américain a souligné: «Chaque nation devra gérer elle-même sa transition». Et il a appelé le Maroc à travailler de manière coopérative et créative «dans un monde qui connaît des bouleversements» et où «les défis sont divers».
John Kerry a appelé le Royaume à faire face aux contraintes de la conjoncture en prenant en compte le fait qu’au Maroc, a dit le diplomate américain, «50% des jeunes ont moins de 25 ans. Il faut relever les défis de l’éducation, du logement…».
Il a rappelé, comme pour mettre en garde contre les sursauts des mécontents: «En Tunisie, c’est un marchand de fruits brutalisé par une policière qui s’est fait immoler par le feu et a déclenché la révolte. Idem en Egypte». Et le Secrétaire d’Etat américain de préciser: «Ce ne sont pas les islamistes qui ont déclenché la révolution. Grâce aux nouvelles technologies de l’information, personne n’a la possibilité de tout fermer et de bloquer et tout le monde peut être au courant de ce qui se passe».

Travailler en tandem

L’Amérique, par la voix du haut responsable John Kerry, a réitéré, à l’occasion de cette deuxième Session du Dialogue stratégique Maroc-USA, son engagement à travailler en tandem avec le Royaume. «Nous voulons aller toujours plus loin et voir se développer l’investissement», a souligné le diplomate US. Et d’affirmer: «Le Maroc est le seul pays africain à avoir signé un Accord de Libre Echange avec les USA. Il faut donc capitaliser sur la force de ces investissements».
Le responsable américain a mis en exergue la politique africaine du Roi Mohammed VI dans le cadre d’un partenariat gagnant- gagnant. « Le Roi est dynamique et essaye de gérer ce processus et d’aller loin», a-t-il conclu.

Placer la barre très haut

Pour sa part, le chef de la diplomatie marocaine, Salaheddine Mezouar, a souligné, lors de son intervention inaugurale, que le Maroc aspire à placer la barre de sa coopération avec le partenaire américain plus haut.
Le ministre, s’est référé au faible volume des investissements américains dans le Royaume, ce qui, selon lui, interpelle quant aux efforts à fournir à l’avenir pour rehausser le volume de ces investissements. En effet, ces derniers ne représentent que 8% de l’ensemble des investissements que le Maroc draine, ce qui n’a pas empêché M. Mezouar de rappeler: «Au moment où nous aspirons à réunir le 5ème Sommet international maroco-américain de l’entreprise, l’automne prochain au Maroc, nous ne pouvons pas ne pas rappeler que le Forum maroco-américain pour le développement des affaires a participé à créer une dynamique qui a concerné les relations entre les partenaires économiques de nos deux pays».

Une situation d’exception

Les réformes engagées par le Maroc (Constitution de 2011), a souligné le chef de la diplomatie marocaine, ainsi que toutes les garanties présentées par le Royaume à ses citoyens et à ses partenaires, avec à leur tête les Etats-Unis, ont fait de lui une exception, ce qui est une qualification bien méritée dans un contexte régional en proie à l’instabilité et à l’incertitude.

Expliquer l’approche marocaine

Cette seconde session du Dialogue stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis, rehaussée par la présence effective du Secrétaire d’Etat Américain, John Kerry, a débattu de dossiers politiques, économiques, sécuritaires et culturels.
Le dossier des droits de l’homme a également été mis sur la table (le président du CNDH, Driss El Yazami a participé aux discussions). Une occasion, a dit la ministre déléguée auprès du ministre des AE et de la Coopération, Mbarka Bouaïda, de mieux expliquer aux Américains l’approche marocaine en matière de droits de l’homme et de réformes institutionnelles engagées.
Il a été également question de la préparation du prochain sommet Afrique-USA qui se tiendra en août prochain à Washington, ainsi que de la tenue du cinquième Sommet global pour l’entreprenariat qui aura lieu au Maroc.
«Le Maroc espère la présence effective du président américain Barak Obama qui a assisté à presque toutes les éditions précédentes, à l’exception de la dernière pour des raisons internes», a souligné Mbarka Bouaïda.
Le partenariat stratégique scellé entre le Maroc et les USA comprend un dialogue politique régulier et diversifié, une coopération sécuritaire et militaire renforcée et des relations économiques structurées, ainsi qu’une coopération culturelle et scientifique variée.

Mohammed Nafaa
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Un communiqué du Cabinet Royal rend compte…


Comme c’est devenu de tradition, après que SM Mohammed VI a reçu, vendredi 4 avril, au Palais Royal de Casablanca, le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, un communiqué du Cabinet Royal a rendu compte de l’audience. En voici le texte intégral.

«Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a reçu aujourd’hui, au Palais Royal de Casablanca, le Secrétaire d’Etat américain, M. John Kerry.
M. Kerry effectue une visite officielle au Maroc, notamment pour co-présider les travaux de la 2ème session du “Dialogue Stratégique Maroc/Etats- Unis d’Amérique” volet important du Partenariat stratégique d’exception qui lie les deux pays. Sa visite s’inscrit également dans le sillage de la visite royale à Washington et des actions denses et diversifiées agréées à cette occasion entre Sa Majesté le Roi et le Président Obama.
Au cours de cette audience, Sa Majesté le Roi a réitéré son attachement profond au partenariat stratégique fruit d’une alliance séculaire et multidimensionnelle avec les Etats-Unis. Ce partenariat puise son fondement dans la confiance, la solidarité, le partage des valeurs, l’interdépendance et la défense des intérêts communs. Il a su s’adapter, évoluer et se renouveler pour répondre aux attentes des deux pays et aux mutations du contexte régional et international.
Dans ce cadre, la visite royale, à Washington, le 22 novembre 2013, a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la prospérité de ce partenariat stratégique, en enrichissant de façon substantielle son agenda et en lui fixant un cap plus ambitieux.
Le communiqué conjoint, adopté à l’occasion de cette visite, a permis d’intensifier davantage la concertation sur les questions stratégiques, de tracer de nouvelles voies de coopération, d’adapter les instruments privilégiés existants et de développer d’autres mécanismes diversifiés, tout en consacrant les acquis et les fondements de l’alliance historique entre le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique.
Le Souverain a, en outre, rappelé que le contexte régional et international actuel renforce la pertinence et la profondeur de ce partenariat, appelé ainsi à s’étendre et à contribuer, notamment à la stabilité et sécurité durable, à la prospérité économique partagée et au développement humain du continent africain.
Pour sa part, le Secrétaire d’Etat américain, M. John Kerry, a réaffirmé l’attachement du Président Obama à l’approfondissement du partenariat stratégique singulier avec le Royaume du Maroc.
M. Kerry a, également, réitéré la volonté des Etats-Unis de travailler avec le Maroc pour le renforcement de la paix et de la stabilité au niveau régional et international.
Plus particulièrement, s’agissant du continent africain, et tout en appréciant l’engagement fort et constant du Souverain pour les causes de la stabilité et du développement en Afrique, le Secrétaire d’Etat américain a réitéré l’invitation à Sa Majesté le Roi pour participer au Sommet Etats Unis/Afrique, prévu en août prochain.
De même, M. Kerry a salué le rôle constructif et la contribution agissante de Sa Majesté le Roi, en tant que Président du Comité d’Al Qods, aux efforts visant à parvenir à un règlement juste, définitif et global du conflit israélo-palestinien, sur la base de deux Etats vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité, en conformité avec les résolutions des Nations Unies.
Sa Majesté le Roi, Président du Comité Al Qods, a remis, à cette occasion, au Secrétaire d’Etat américain, un registre contenant l’ensemble des exactions israéliennes perpétrées dans la ville sainte d’Al Qods Asharif et visant à dénaturer sa vocation religieuse et son cachet architectural authentique».
L’audience royale accordée à M. Kerry s’est déroulée en présence, du côté américain, de MM. Dwight L. Bush, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Maroc, Prem Kumar, directeur des Affaires étrangères chargé du Moyen orient, de l’Afrique du Nord et de la sécurité nationale, Jonhathan Finer, directeur-adjoint du cabinet, et du côté marocain, de MM. Fouad Ali El Himma, conseiller de SM le Roi, et Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la coopération».

 

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