vendredi 20 octobre 2017

Maroc/Croissance économique : Le yo-yo que décrit Jouahri

Croissance économique, inflation, déficit… Tout a été passé en revue par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM), lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la 3ème  réunion du Conseil de la Banque centrale pour l’année 2017.

Commençant par annoncer que le Conseil a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25%, le wali a par la suite présenté le contexte dans lequel cette décision a été prise, soulignant que sur la base de son évaluation de l’évolution récente de la conjoncture économique et des projections macroéconomiques de Bank-Al-Maghrib à moyen terme, le Conseil de la Banque a jugé que le niveau actuel de 2,25% du taux directeur reste approprié et a décidé de le maintenir inchangé.
Pour sa part, a fait remarquer Jouahri, «l’inflation a reculé d’une façon sensible». Elle est en effet passée de 1,9% à fin février 2017, à 0,2% en moyenne sur les six mois suivants. Cette évolution s’explique essentiellement, selon le wali, par le repli des prix des produits alimentaires à prix volatils.
En effet, après un taux de 1,6% en 2016, l’inflation devrait terminer l’année 2017 avec un taux moyen de 0,6%, avant de passer à 1,3% en 2018.  L’inflation sous-jacente, qui retrace, quant à elle, la tendance fondamentale des prix, devrait passer de 0,8% en 2016 à 1,4% en 2017 et à 1,6% en 2018, sous l’effet de la consolidation prévue de la demande intérieure et de la dépréciation du taux de change effectif réel.
Pour ce qui est  de la croissance, Jouahri a estimé qu’après un taux de 1,2% en 2016, elle devrait s’établir à 4,3% en 2017, avant de revenir à 3,1% en 2018. Et le wali d’expliquer qu’elle devra bénéficier, en 2017, de la bonne campagne agricole, avec une production céréalière qui aurait atteint 96 millions de quintaux, contre 33,5 millions de quintaux lors de la campagne précédente.
Jouahri a précisé que la valeur ajoutée agricole devrait rebondir de 14,7% en 2017 et reculer de 1% en 2018, sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne. Par contre, la valeur ajoutée des activités non agricoles devraient, quant à elle, s’accélérer de 2,2% en 2016 à 2,9% en 2017 et à 3,5% en 2018.
Quant au marché du travail au titre du 2ème trimestre 2017, Jouahri a dressé une situation «globalement mitigée», faisant état, d’une part, de l’entrée nette de 107 mille demandeurs d’emplois et, d’autre part, de la baisse de 0,4 point du taux d’activité à 47,3%.
En parallèle, l’économie nationale a créé 74.000 emplois, dont 52.000 dans l’agriculture, 19.000 dans les services et 7.000 dans le BTP, l’industrie ayant en revanche accusé une perte de 4.000 postes entre le  2ème  trimestre de 2016 et celui de 2017. En conséquence, le taux de chômage a augmenté de 9,1% à 9,3% au niveau national et de 13,4% à 14% en milieu urbain.
Evoquant les comptes extérieurs, Jouahri a relevé «un léger creusement du déficit commercial» de 4% à fin août 2017, sous l’effet d’une hausse de 30,2% de la facture énergétique, alors que les acquisitions des biens d’équipement ont marqué un léger recul, après une importante hausse en 2016.
Les exportations ont progressé de 6,7%, soutenues par le renforcement des ventes des produits agricoles et agro-alimentaires et la reprise des ventes des «phosphates et dérivés» et celles de la «construction automobile» a en revanche reculé de 1%, a précisé le wali, notant que les transferts des MRE ont augmenté de 2,7%, tandis que les recettes voyages ont progressé de 4,9%.
De son côté, le déficit du compte courant devrait s’alléger de 4,4% du PIB en 2016, à 3,9% en 2017 et s’établir à 4% en 2018, a encore estimé Jouahri, notant que sous l’hypothèse d’un afflux d’IDE équivalent à 3,2% du PIB en 2017 et 3,6% en 2018, la prévision des réserves internationales nettes a été revue à la baisse à 230 MMDH  à fin 2017 (5 mois et 22 jours) et à 234 milliards à fin 2018 (5 mois et 25 jours).
De même, le wali  a fait état d’un assouplissement des conditions monétaires au 2ème trimestre, avec la diminution des taux assortissant le crédit de 22 points au 2ème  trimestre, à 5,26%, qui a profité notamment aux entreprises, alors que, pour les différents marchés, les taux sont restés globalement stables.
Le crédit au secteur non financier a,  quant à lui, poursuivi son amélioration avec une croissance de 4,3% à fin juillet, après 3,6% au 2ème trimestre. Sa progression devrait avoisiner 4,5% au terme de 2017 et 5% en 2018. Le déficit budgétaire devrait, pour sa part, s’atténuer de 4,1% du PIB en 2016 à 3,5% en 2017 et à 3,2% en 2018. A fin août, il s’est allégé de 4,7 MMDH. En 2018, la dette du Trésor devrait légèrement baisser à 64,1% du PIB, recouvrant une baisse de sa composante intérieure à 49,7% du PIB et une hausse de celle extérieure à 14,3%, a fait savoir le wali, ajoutant que le ratio au PIB de la dette publique devrait revenir de 81,4% en 2016, à 80,9% en 2017 et à 80,7% en 2018.

H. Dades

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