mercredi 23 août 2017

CAN-2017 : Nos Lions «nous ont tuer» !!

Mardi 24 janvier au soir, alors qu’ont ruminait encore la victoire du Onze national face au Togo (3-1), victoire qui faisait suite à maintes déceptions lors des éditions précédentes de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), les Lions ont à nouveau «rugi», hissant haut les espoirs de millions de Marocains assoiffés de victoire… Et ce fut fait: le Maroc est en quart de final! Un 2ème  tour qu’il n’a plus atteint depuis sa finale en 2004 en Tunisie.

Cela faisait déjà treize longues années que notre équipe nationale faisait grise mine ou n’en faisait pas du tout, lors de cette prestigieuse compétition continentale. Personne n’y croyait plus et cette équipe, censée être celle de vrais gladiateurs et de précieux guerriers, est devenue un groupement de bourreaux qui torturaient atrocement et à chaque occasion des millions de Marocains.

Cette année encore, personne ne s’attendait vraiment à ce que les poulains de Renard sortent le meilleur d’eux-mêmes, pour revenir sur la scène footballistique continentale et aspirer à jouer les grands rôles. Ces mêmes joueurs ont eu raison des sentiments et des nerfs des Marocains, surtout après une défaite lors du premier match face au Congo, tuant ainsi tout espoir.

Face au Togo, 99% des supporters les donnaient vaincus en début de match. On guettait le moindre geste, la feinte, le tir et on redoutait encore un contre «traitre» qui allait signer amèrement le retour au bercail de joueurs bredouilles. Chose confirmée dès l’entame du match, puisque l’équipe togolaise avait ouvert le score! 90 minutes d’un match vécu à bout de nerfs. Une rencontre déconseillée aux hypertendus et aux cardiaques! Mais ils se sont déchaînés, renouant avec la victoire. Pourtant, les pronostiqueurs  et les analystes sportifs, tout comme le public, restaient sceptiques. Cette équipe aurait-elle la même chance face à la Côte d’Ivoire? Les Eléphants, malgré leur piètre performance lors des deux premiers matches, partaient favoris face au Lions, surtout qu’ils sont les tenants du Titre.

Le désespoir revenait et la peur d’une nouvelle déception montait de plus en plus. Beaucoup de calculs et de pronostics rendaient la tâche difficile et penchaient vers une défaite, alors que les Marocains n’avaient besoin que d’un match nul!

Renversement de situation, mais…

Les Lions de l’Atlas ont tenu leur promesse en se qualifiant haut la main, à Oyem (nord), pour ces quarts de finale de la CAN-2017 de football.
Alors qu’un point suffisait à leur bonheur face aux Eléphants, les hommes d’Hervé Renard ont pris leur destin en main et refusé de faire les choses à moitié, se payant le luxe d’envoyer à domicile les champions d’Afrique en titre, les Eléphants de  la Côte d’Ivoire.
C’est la 3ème fois que le Maroc élimine un tenant du titre africain dès le premier tour: la côte d’Ivoire,  après le Zaïre en 1976 et le Ghana en 2000. Pour la petite histoire, le Onze national a infligé à la Côte d’Ivoire une 6ème défaite de leurs duels, contre 7 victoires pour les Eléphants et 7 matches nuls.
C’est aussi la première fois dans les annales de la CAN, depuis les années 70, que le pays hôte et le champion en titre (respectivement l’Ethiopie et le Zaïre en 1976) quittent ensemble la compétition dès le premier tour.
Forts de l’avantage de leur point d’avance au classement, les Lions de l’Atlas, plus confiants, ont entamé la partie en douceur, laissant venir leurs adversaires qui, sous une énorme pression, devaient se dépenser pour espérer entrevoir le bout du tunnel.
En effet, les champions d’Afrique en titre, non seulement voyaient se profiler à l’horizon une élimination précoce, mais étaient aussi sous la menace de devoir brader leur trophée dès le premier tour. Pourtant, à la 10ème minute de jeu, le capitaine Mehdi Benatia a failli commettre l’irréparable quand il a tardé à dégager la balle devant les filets gardés par Mounir Lamhamdi. Heureusement que la défense marocaine a ratissé large pour éloigner le danger.
Le sélectionneur national, Hervé Renard, artisan de la victoire finale des Ivoiriens en 2015 en Guinée équatoriale, poussait les siens à se montrer conquérants en assauts, tout en restant vigilants pour contrecarrer les contre-attaques de leurs adversaires légèrement supérieurs sur le plan technique.
A la 25ème minute, sur une balle arrêtée à l’entrée de la surface de réparation adverse, l’attaquant du Deportivo (Espagne), Fayçal Fajr, trouve la transversale d’un tir qui a semé le doute dans le camp des Eléphants.
Avant la pause, Wilfried Armel Zaha et Wilfried Bony se sont tour à tour présentés en embuscade, sans véritablement inquiéter le portier Lamhamdi, intraitable sur sa ligne.
En ce temps, la RD Congo, leader du groupe avec quatre points, menait déjà 1-0 face au Togo, dans l’autre match qui se disputait en même temps à Port-Gentil (sud).
De retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas sont restés sereins, plus solidaires en défense où Karim Ahmadi et Ghanem Saiss se chargeaient de la sale besogne et étaient omniprésents en milieu de terrain orchestré avec brio par l’inoxydable Mbarek Boussoufa, au grand jour.
Les minutes s’égrenaient et les Ivoiriens voyaient leurs chances de qualification s’amenuiser, privés de solutions dans la zone de vérité de leurs vis-à-vis.
Sentant l’incapacité des hommes de Michel Dussyer, le Onze national prit courageusement l’initiative pour aller retenter sa chance devant la cage de Sylvain Gbohouo, l’unique joueur ivoirien évoluant en Afrique (TP Mazembé).

A la 64ème minute du match, alors que le public commençait à douter d’une qualification, voyant les Lions battre en retraite et les Eléphants remonter en puissance, la délivrance est venue du pied du remplaçant Rachid Allioui qui est entré à la place de Aziz Bouhaddouz. Sur une action menée du milieu de terrain, le joueur de Nimes (France) a fait montre de tout son talent pour tromper la vigilance du keeper ivoirien d’un tir-lob décoché de loin, envoyé en toute beauté dans la lucarne. Cette fois, c’était sûr, on est en quart de finale, disaient déjà les plus optimistes. Mais la peur allait quand même continuer de planer sur les esprits! Il restait encore plus de 25 minutes à jouer et les Eléphants étaient capable de renverser la situation. 25 lourdes et combien pénibles minutes qui coupaient le souffle aux Marocains qui n’espéraient plus que ces joueurs aient assez de courage et de punch pour garder ce score jusqu’au coup de sifflet final. Un coup sifflet salvateur qui n’allait pourtant retentir qu’à la 94ème minute, mettant fin à ce match «historique» pour la sélection de Renard, mais annonçant le début de la fête. Car aussitôt ce coup de sifflet décisive donné, des foules de supporters marocains, tous âges et sexes confondus, qui retrouvaient «la vie» et le goût de la victoire, ont déferlé dans les rues de plusieurs villes du Royaume pour savourer et célébrer une qualification tant attendue et faire montre de patriotisme, d’esprit d’amour et de solidarité qui animent un public épris de football.
Pour la suite, les Lions de l’Atlas devront disputer leur quart de finale à Port-Gentil face aux Pharaons d’Egypte qui ont opté pour ce stade bien qu’on parlait de la possibilité de l’écarter de la compétition à cause de son mauvais état. La CAF n’a pas trop attendu et a déjà avisé la sélection marocaine de se rendre à Libreville jeudi 26 janvier. Le match prévu dimanche 29 janvier est plein de sens compte tenu de l’histoire et des histoires souvent inhérentes aux rencontres entre le Maroc et l’Egypte. Cependant, après s’être libérés du complexe «foot africain», lors de ce premier tour, nos Lions semblent bien décidés à aller le plus loin possible. Et Renard qui aurait, lui aussi, enfin trouvé la formule magique pour sa formation et dont l’objectif ultime était juste de passer ce premier tour, serait en train de viser plus haut. C’est-à-dire s’assurer, au moins, une place au carré final, sinon -pourquoi pas ?- une place de finaliste, dira-t-on avec beaucoup d’optimisme et de confiance en cette jeune sélection nationale qui pourrait réaliser ce «rêve» qui hante les esprits de millions de Marocains depuis 2004.

Hamid Dades

Voir aussi

Football : Adieu Maestro !

Portant tout au long de sa carrière le numéro 6 avec l’équipe nationale et le …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.