Afrique-Asie : «L’investissement et le tourisme peuvent équilibrer les échanges»

Sun Shuzhong Ambassadeur de chine au maroc novembre 2013

Entretien avec Sun Shuzhong, ambassadeur de Chine au Maroc

Quel rôle pour ce 2ème Forum Maroc-Asie des affaires?

Ce Forum est, à mon sens, une plate-forme de travail. Donc, pendant deux jours, les différents opérateurs chinois, marocains, asiatiques et africains ont débattu de questions d’intérêt commun concernant les volets commercial et économique.

Les relations Chine-Maroc se développent vite. Où en sont-elles?

La Chine se présente bien au Maroc dans les domaines politique, économique, commercial et culturel. Il y a déjà une trentaine de sociétés chinoises implantées au Maroc. Il n’y a pas seulement les volets commerce et économie qui avancent, mais aussi l’investissement. La Chine a déjà mis en œuvre une nouvelle stratégie de développement économique. Les investisseurs chinois s’activent dans le continent africain et dans des pays amis, comme au Maroc. Les sociétés chinoises font des voyages d’étude au Maroc pour trouver des opportunités de coopération.

Quel rôle joue l’ambassade de Chine à Rabat dans ce sens?

Notre représentation diplomatique au Maroc joue un rôle intermédiaire pour mieux présenter la situation de coopération et encourager les investisseurs chinois à investir.

Où en est le volume des échanges maroco-chinois?

En vérité, la balance n’enregistre pas un équilibre. Nous essayons néanmoins de prendre quelques mesures pour qu’elle profite aux deux partenaires.

Quelles mesures?

On peut mettre en place une stratégie de tourisme. Le Maroc peut accueillir nombre de touristes chinois.

Les touristes chinois visitent plus facilement l’Europe.

Oui, mais nous pouvons profiter de leurs voyages en Europe pour grignoter un peu et en ramener au Maroc. Pourquoi pas?

Comment faire?

Je crois qu’il faut trouver les formules adéquates et prendre les mesures nécessaires.

Pensez-vous que le volume des échanges commerciaux est au niveau des relations ancestrales entre le Maroc et la Chine?

Il y a encore beaucoup à faire, c’est sûr. Mais dans les domaines culturel et éducatif, il y a beaucoup de coopération entre les deux pays. Il faut aussi travailler dans le domaine de l’investissement et créer quelques sociétés à capitaux mixtes pour mettre en place des techniques de pointe.

Le Maroc peut-il être un pont entre l’Asie et l’Afrique?

On a toujours dit que la position stratégique du Maroc fait qu’il peut devenir un pont de l’Afrique vers les pays asiatiques.

Et pour la Chine aussi?

Et pour la Chine aussi. Le Maroc a déjà signé nombre d’accords de libre-échange avec l’Europe, l’Afrique et même les Etats-Unis d’Amérique. On peut donc travailler ensemble à cette échelle.

Comment voyez-vous le rôle du Maroc dans cette région perturbée?

J’estime que le Maroc est un pays très important, un ami et un excellent partenaire. Il joue un rôle très important en Afrique, non seulement sur le plan politique, mais également sur le plan commercial et économique.

Peut-être une concurrence entre les deux pays, plus particulièrement en Afrique?

Je crois que les deux pays peuvent travailler la main dans la main.

Comment peut-on arriver à concrétiser une coopération win-win entre l’Asie et l’Afrique, tout comme entre la Chine et le Maroc?

Notre philosophie de toujours, c’est de travailler dans le commerce gagnant-gagnant: être partenaires, bien traiter et prendre en considération les intérêts des autres. C’est là notre philosophie.

Et comment?

On se doit de bien étudier quelques projets de coopération et de créer des plates-formes de travail, de coopération concrète.

Il faut noter cependant que les produits chinois inondent le marché marocain…

Je crois que c’est une demande des Marocains, vu la qualité et le prix des produits chinois. Nous réfléchissons aussi à la fabrication des produits chinois sur place, au Maroc.

Avez-vous rencontré des problèmes?

La Chine a déjà rencontré quelques problèmes de développement industriel, c’est-à-dire que nous avons assez de capacité de production de certains produits, par exemple le ciment. Notre gouvernement encourage le déplacement d’industries chinoises dans les autres pays, surtout en Afrique.

Les frontières sont fermées entre les pays du Maghreb, plus précisément entre le Maroc et l’Algérie. Cette dernière favorise le statu quo, ce qui est une grande perte pour le marché asiatique et chinois.

Nous avons toujours des relations bilatérales avec les pays du Maghreb, c’est très important. La Chine ambitionne cependant de travailler avec les pays africains. Il y a un bel avenir qui attend la coopération Maghreb-Asie et Maghreb-Chine.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

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