samedi 16 décembre 2017

Où en est le secteur des assurances au Maroc ?

Secteur assurances Maroc

Le secteur de l’assurance a connu un succès spectaculaire au cours des dernières décennies, mais les réformes sont toujours en cours…

Le développement du secteur de l’assurance a été exceptionnel durant les dernières années. «La position qu’on a aujourd’hui n’est pas due au hasard. C’est vraiment le résultat de l’engagement du secteur public, ainsi que des opérateurs du marché de l’assurance», explique Hassan Boubrik, Directeur des Assurances et de la Prévoyance Sociale. Il faut dire que le développement du secteur de l’assurance s’est déroulé de manière isolée par rapport aux autres composantes du secteur financier. Toutefois, les réformes importantes qui ont touché ce secteur se sont répercutées positivement sur le marché des assurances.

Des chantiers en cours

Aujourd’hui, le secteur des assurances au Maroc se positionne à la deuxième place dans le continent africain et à la troisième dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en termes de chiffre d’affaires. Mais il reste encore du chemin à faire. Il faut dire que les professionnels du secteur s’accordent sur le fait que le potentiel de développement est important. Preuve en est que sur les marchés matures, le taux de pénétration est en moyenne de 7%, tandis qu’au royaume, il est de 3% environ.

Actuellement, il y a des chantiers qui sont en cours d’exécution, notamment la transformation de la Direction en Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, laquelle vise à accompagner et faciliter le développement du secteur. «Cette Autorité va permettre au secteur de l’assurance de se conformer aux normes de l’association internationale des superviseurs d’assurance (IAIS), un normalisateur à l’échelle internationale», selon Hassan Boubrik. Le texte sur l’Autorité entrera en vigueur les mois prochains, toujours selon la même source.

Problématique de l’aspect quantitatif

Un autre chantier important est celui de l’adoption de la solvabilité basée sur les risques. «Quand on regarde le cadre prudentiel au Maroc, notamment l’aspect de l’exigence qualitative dans la gouvernance des entreprises, le rôle des administrations et du management, on se rend compte qu’il reste un petit chemin à faire. Par contre, l’aspect quantitatif pose un vrai problème», s’alarme Hassan Boubrik. En effet, la marge de solvabilité au Maroc ne fait face qu’aux risques de souscriptions assurantielles. Les autres types de risques que l’entreprise peut encourir, notamment les risques du marché, de liquidité et de crédit, ne sont pas pris en compte. «On se retrouve dans des situations où l’entreprise prend des risques énormes qui peuvent nuire à sa solvabilité, alors que sur le papier, l’entreprise satisfait tous les seuils réglementaires en termes de marge de solvabilité», précise la même source. De ce fait, les fonds propres de l’entreprise doivent faire face à l’ensemble des risques encourus. La Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) compte tracer rapidement le cadre afin de mettre en place ce principe au Maroc qui vient d’être acté dans un consensus avec le marché.

Anas Hassy

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DAPS : Essor de la bancassurance au Maroc


La bancassurance a connu un succès spectaculaire au cours de la dernière décennie. Les assurances adossées aux groupes bancaires accaparent de plus en plus de parts de marché sur les réseaux classiques. Dans le paysage assurantiel d’aujourd’hui, les banques se sont arrogé presque 20% du montant global des primes émises par le marché, mais beaucoup plus en assurance vie en occupant plus de 60% des parts de marché, selon la Direction des assurances et de la prévoyance sociale du ministère de l’Economie et des Finances. Le succès de la bancassurance pourrait être imputable à une logique financière et de proximité plus qu’à une logique technique ou commerciale. La force de frappe des banques réside donc dans l’étendue du réseau d’agences qui ne cesse de croître d’année en année. En effet, en 2013, leur nombre est passé de 5.213 à 5.467, alors que le réseau des agents et courtiers ne compte respectivement que 1.214 et 375. Résultat, le réseau bancaire monopolise plus de 77% de l’ensemble des points de ventes au Maroc.
Il faut également savoir que le marché de la bancassurance connaît une forte concentration, puisque trois groupes bancaires, Attijariwafa bank, BMCE Bank et la Banque Populaire monopolisent, à elles seules, 80% du total des primes collectées et 70% des commissions reçues. Cette concentration trouve son explication dans le phénomène de filialisation qui existe entre ces banques et leurs compagnies d’assurances de rattachement, RMA Watanya, WAFA Assurances et la MCMA qui, à leur tour, accaparent respectivement 36%, 33% et 11,6% des primes encaissées par les banques.

AH

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AMO : Pour tous les Marocains en 2018


Tous les salariés marocains du privé bénéficieront d’une couverture par l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) en 2018! C’est la date limite qui sera fixée aux entreprises sous le coup de l’article 114 du Code de la couverture médicale pour basculer à l’AMO gérée par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Un délai de trois ans leur sera accordé. «Nous préparons un amendement de la loi pour lever l’équivoque sur le déclenchement du délai à partir duquel la population concernée par l’article 114 du Code de la couverture médicale devra basculer dans le régime AMO. Nous accorderons un délai de 3 ans», selon Hazim Jilal, directeur général de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM). Ce projet devra être par la suite validé par le gouvernement. Il faut dire que depuis la mise en place de l’AMO, l’article 114 a suscité les débats. D’abord parce qu’il excluait une clientèle solvable, celle des PME et des grandes structures qui concentrent 60% des cotisations sociales. Ensuite, le texte n’est pas clair. Il parle d’une période transitoire renouvelable sans préciser ni pour combien de temps, ni combien de fois.

AH

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Primes : 26 MMDH !


Le marché de l’assurance a réalisé un montant de primes émises en 2013, au titre des opérations directes, de 26,60 milliards de dirhams (MMDH), soit une progression de 2,95% par rapport à l’exercice 2012. C’est ce qu’a relevé la DAPS relevant du ministère de l’Economie et des Finances. Plus en détails, les opérations Vie et Capitalisation réalisent 32,29% du total des primes émises, suivies de la catégorie automobile (+31,94%). Le capital social consolidé des entreprises d’assurances en activité a dépassé la barre des 5 milliards, alors que les fonds propres se sont élevés à plus de 30 MMDH, soit une croissance de 3,37% par rapport à l’exercice précédent. Les opérations d’assurance non Vie, quant-à-elles, ont enregistré une marge d’exploitation positive d’environ 2 MMDH. Avec un solde de réassurance en faveur des réassureurs de 1,26 MMDH, le résultat est ramené à 3,7 MMDH. Le résultat technique net de l’ensemble du secteur des assurances s’est soldé par un excédent de 4,5 MMDH à fin 2013, contre 3,4 MMDH en 2012.

AH

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