mercredi 23 août 2017

Académie du Maroc : De la Modernité aux Modernités

L’avènement de la Modernité a historiquement marqué une rupture dans l’histoire des sociétés humaines. Pour sa 44ème session, l’Académie du Royaume soumet le thème à la réflexion.

Académiciens, penseurs et chercheurs, venus de plusieurs coins de la planète, se sont donné rendez-vous à Rabat, pour participer à la 44ème session de l’Académie du Royaume du Maroc sur une thématique d’actualité, porteuse à la fois d’espoirs, de paradoxes et de questionnements, à savoir: «De la Modernité aux Modernités».

Trois jours durant, du 24 au 26 janvier 2017, d’éminents penseurs se sont attelés à décortiquer le concept de Modernité, interrogeant pour se faire le présent à la lumière du passé.

Bien sûr, les nombreux intervenants participant à cette manifestation culturelle de haute qualité n’ont pas manqué de poser la question qui divise, dans un contexte mondialiste qui crée la confusion dans les esprits, à savoir: y a-t-il une seule modernité ou des modernités?

La Modernité inquiète et fascine

Le processus de Modernité, magnifié ou critiqué, icône de nouveauté pour les uns ou cause de décadence pour les autres, «continue de former une part des discours qui expliquent l’actualité dans laquelle nous vivons», précise la chercheuse espagnole, Yolanda Onghena, avant de lancer: «La Modernité inquiète et fascine à la fois. Elle est peu intelligible et la crise qui lui est attribuée est, d’abord, une crise d’interprétation».

La conception européenne du Modernisme

Mohamed Tazy, chercheur et directeur de l’EGE (Ecole de la Gouvernance et de l’Economie), rappelle: «Les critiques récentes du concept de Modernité nous permettent d’interroger l’approche moniste qui ne considère que la conception européenne de la Modernité et ignore les historicités propres à chaque société». Le chercheur y oppose l’approche de certains mouvements sociaux qui proposent, affirme-t-il, «le retour aux origines».

La Modernité a une histoire

Pour Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, «la Modernité a une histoire et un temps, mais ce n’est pas un temps qui est révolu. C’est un temps qui arrive, parce qu’il met la Modernité dans le cœur du progrès, dans l’adhésion positive dans les pensées de l’époque et de ses nobles valeurs». Et Lahjomri de conclure «A chaque époque sa Modernité», mettant l’accent sur le rôle important de l’école, de l’université et des différentes institutions de l’éducation et de la recherche scientifique dans la consécration de la Modernité, plus particulièrement ce qui a trait aux valeurs de liberté, de citoyenneté et de respect de l’autre; valeurs qui constituent un acquis humain commun qui gagnerait à être intégré dans les manuels et programmes de l’enseignement, de la formation et de la recherche, pour un être humain ouvert et adapté à la culture de l’époque et à la capacité de dialogue et de recherche en toute liberté.

Le débat a porté sur plusieurs domaines de réflexion en lien avec la Modernité, comme la religion, la pensée, la création et le patrimoine.

Mohammed Nafaa

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