samedi 22 juillet 2017

Al Hoceima : Le Roi remet les pendules à l’heure

La situation à Al Hoceima a été au centre des travaux  du Conseil des ministres présidé par SM Mohammed VI, à Casablanca.

Une situation tellement préoccupante  que, pour en discuter, le Souverain a adopté un ton loin d’être tendre, surtout vis-à-vis des ministres concernés par le projet de développement «Al Hoceima Manarat Al Moutawasset».

Faisant part de sa «déception», de son «mécontentement» et de sa «préoccupation» au sujet de la non-exécution des projets inscrits dans ce grand programme de développement dans les délais impartis, Sa Majesté à ordonné l’ouverture d’une enquête par l’Inspection générale de l’administration et l’Inspection générale des finances pour fixer, dans les plus brefs délais, les responsabilités. Les ministres concernés seront même privés de leur congé annuel pour assurer le suivi des projets.

Dans ce cadre, le communiqué de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie, dont lecture a été donnée par Abdelhak Lamrini, porte-parole du Palais royal, souligne: «Sa Majesté le Roi a donné Ses Hautes instructions aux ministres de l’Intérieur et des Finances, afin que l’Inspection générale de l’administration territoriale au ministère de l’Intérieur et l’Inspection générale des Finances mènent les enquêtes et les investigations nécessaires sur la non-réalisation des projets programmés, déterminer les responsabilités et soumettre un rapport en la matière dans les plus brefs délais… Le Souverain a également rappelé, une nouvelle fois, les Hautes instructions qu’Il avait données aux responsables et aux gouvernements précédents de ne présenter devant Sa Majesté que les projets et les conventions qui répondent à tous les critères de réalisation, que ce soit pour ce qui est du règlement de l’assiette foncière, du financement ou de la réalisation des études, afin que le lancement effectif des travaux se fasse dans un délai raisonnable».

Blâme ou sévère recadrage, la mise au point royale a sommé les ministres d’assumer leurs responsabilités. Bien avant les manifestations d’Al Hoceima, tout un programme de développement de la ville avait été signé en 2015 devant le Roi. Ce programme n’a cependant jamais abouti. Vraisemblablement, certains ministres aiment présenter des projets au Souverain, lors de cérémonies organisées en grande pompe mais, passée la phase inaugurale, ils n’assurent pas le suivi des projets et font visiblement preuve d’un manque de rigueur. En témoigne d’ailleurs le criant ordre du Roi de  «ne présenter devant Sa Majesté que les projets et les conventions qui répondent à tous les critères de réalisation, que ce soit pour le règlement de l’assiette foncière, le financement ou la réalisation des études, afin que le lancement effectif des travaux se fasse dans un délai raisonnable».
Comment ne pas comprendre le mécontentement du Roi devant des ministres qui annoncent des projets qu’ils ne réalisent pas? Des ministres qui font plus dans le verbe que dans l’acte. Des ministres qui invoquent mille et un expédients pour justifier les retards et les freins qui entravent l’achèvement des projets dans les délais qui leurs sont impartis. D’où un Exécutif loin d’être digne du nom qui fait plutôt dans la propagande et les effets d’annonce.

Une semaine avant ce Conseil des ministres, Mustapha El Khalfi, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, soulignait, à l’issue de la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement, qu’il y a une grande dynamique au niveau de l’exécution des programmes de développement, lancés dans la province d’Al Hoceïma! Cette action a-t-il fait savoir, concerne aussi bien le volet relatif aux programmes de développement que celui ayant trait à la justice et au respect des conditions du procès équitable. Il a dans ce sens fait état d’un processus de développement ayant trait à la satisfaction des revendications socio-économiques et de développement, à travers un programme d’une valeur de 9,9 MMDH, dont 6,5 MMDH, dans le cadre du programme «Al Hoceïma, Manarat Al Moutawassit»!
Il s’agit également d’un programme d’une valeur de 1,7 MMDH pour la lutte contre les disparités spatiales, d’un programme complémentaire relatif aux routes d’une valeur de 400 MDH, d’un autre relatif à la construction d’un barrage sur Oued Ghiss et d’un centre de désalinisation de l’eau de mer avec un montant de 1,3 MMDH.
Le gouvernement a travaillé dans ce cadre sur deux volets. Le premier concerne la signature de 9 conventions avec l’Agence de promotion et de développement des préfectures et provinces du nord, avec une enveloppe budgétaire de plus de 3 MMDH. Le taux de réalisation des projets en cours devrait atteindre 57% à la fin du mois de juin 2017! Le second volet concerne le réseau routier et la voie expresse Taza-Al Hoceïma. Ce projet emblématique traduit les effets d’annonce et des retards dans la réalisation des programmes à Al Hoceima. Projet censé désenclaver la région et accélérer le développement de la ville rifaine! La convention de ce projet a été signée en 2010 et l’achèvement des travaux a été annoncé pour octobre 2017… Du moins, c’est ce qui a été prévu. Mais en réalité, il y en a encore pour deux années d’attente avant d’espérer voir cet axe vital achevé…

Dorénavant, ce genre de déclarations toutes faites ne sera plus toléré. Ce sera aussi le cas pour les projets non finalisés, comme en témoigne ce passage du communiqué: «Sa Majesté le Roi a donné Ses Hautes instructions aux ministres de l’Intérieur et des Finances, afin que l’Inspection générale de l’administration territoriale au ministère de l’Intérieur et l’Inspection générale des Finances mènent les enquêtes et les investigations nécessaires sur la non-réalisation des projets programmés, déterminer les responsabilités et soumettre un rapport en la matière dans les plus brefs délais».
Il y aura donc une suite et peut-être des sanctions à l’égard des porteurs de projets non réalisés. De toute façon, le Roi a signifié clairement aux membres de l’Exécutif qu’ils ont raté leur examen d’entrée. Il leur reste une session de rattrapage pour assumer leur responsabilité et appliquer les programmes annoncés par leurs départements respectifs. A l’exception des départements qui se sont impliqués dans la gestion de la crise à Al Hoceima (en particulier les sécuritaires, l’Intérieur et les Affaires étrangères). Tous les ministères en charge du développement humain et social ont été absents à Al Hoceima et sont concernés par la réprimande royale.

Hamid Dades

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