vendredi 20 octobre 2017

«Riaya», un plan national PPP !

Lahoussine louardi ministre sante maroc 2014

Le ministère de la Santé lance une opération d’envergure, «Riaya», pour le renforcement de la couverture sanitaire des zones enclavées. Les secteurs public et privé ont répondu présents.

Suite aux intempéries qui ont frappé certaines provinces du Royaume, les professionnels de la santé, les secteurs public et privé, les médecins, les pharmaciens, les dentistes et les professionnels de l’industrie pharmaceutique ont répondu à l’appel royal pour fédérer les moyens et les efforts afin d’apporter l’assistance nécessaire aux populations sinistrées. Tout ce monde donc s’est réuni et mobilisé dans le cadre d’une opération (partenariat public-privé, PPP) d’envergure intitulée «Riaya» lancée par le ministère de la Santé. Une réponse aux besoins urgents des populations sinistrées et aussi pour renforcer la couverture sanitaire au niveau des quatre régions affectées, à savoir Souss-Massa-Draâ, Goulimine-Es-Smara, Marrakech Tensift-Al Haouz et Meknès-Tafilalet.

Equité et solidarité

C’est lors d’un point de presse tenu au siège du département de la Santé à Rabat que le ministre de la santé, Lahoussine Louardi, a donné le coup d’envoi de cette opération qui trouve sa justification et ses fondements dans les principes de l’équité et de la solidarité et vise en premier lieu l’offre d’une réponse adéquate aux besoins urgents des populations sinistrées, mais aussi le renforcement de la couverture sanitaire des régions touchées.

Réunis autour du ministre dans une noble et parfaite symbiose, les professionnels de la santé ont été unanimes à reconnaître que l’opération «Riaya» est un «wajib», un devoir qui appelle à soutenir les populations des régions sinistrées par les récentes inondations. Expliquant cet élan de solidarité à cette opération d’envergure, Louardi a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’une «action de charité» envers les populations sinistrées, mais plutôt d’un devoir.

Fin de la gestion classique

L’opération «Riaya» cible les zones desservies par les établissements de soins de santé primaires sérieusement endommagés par les récentes intempéries, ainsi que les zones inaccessibles ou enclavées et celles à risque d’enclavement durant la saison hivernale. Le ministre de la Santé a dénigré ce qu’il a qualifié de gestion classique, à savoir l’édification de centres de santé qui ne connaissent pas un afflux de la population du fait que ces centres sont enclavés, leur préférant plutôt la construction d’unités mobiles de santé qui, elles, ciblent les régions dans le besoin sanitaire. Autre argument de taille du ministère de la Santé, en plus des équipements et du matériel habituellement utilisés: les unités sanitaires mobiles seront renforcées par un total de 30 échographes et 30 mini-analyseurs mobiles pour assurer la disponibilité d’un package d’examens complémentaires au profit des femmes enceintes et des malades chroniques. Un budget exceptionnel de 250.000 DH sera réservé à la mise en fonction des moyens de mobilité (carburant, lubrifiants et entretien des véhicules).

Deux phases

L’opération «Riaya» se déroulera en deux phases. La première, du 15 décembre 2014 au 15 janvier 2015, vise le renforcement accéléré de la couverture médicale des zones sinistrées et le recrutement des malades nécessitant une prise en charge spécialisée. La deuxième phase se déroulera du 16 janvier au 30 mars 2015. Elle visera la consolidation de la couverture médicale par les unités médicales mobiles, ainsi que la programmation et la mise en œuvre des caravanes médicales spécialisées selon le besoin.

Un plan d’intervention

Au niveau central, cette opération sera gérée par un comité central qui se chargera de l’élaboration du plan opérationnel d’intervention concernant les quatre régions, de la coordination des interventions verticale et horizontale, de l’appui logistique, du suivi régulier et de l’évaluation.

Santé de proximité

La réussite de cette opération d’envergure réside dans la mobilisation et la mutualisation des actions et des moyens à même de mettre en œuvre les objectifs assignés à cette opération, en plus d’assurer des services de santé de proximité de façon continue aux populations sinistrées et de rattraper les prestations et les services manqués durant la période d’enclavement. L’opération «Riaya» fera appel à des ressources qui seront mobilisées aussi bien par les régions concernées que par les régions voisines et le secteur privé. Ces services seront déployés selon des plans opérationnels préalablement établis par les régions et les provinces concernées. Il s’agit exclusivement des ressources humaines, matérielles, techniques et financières. Les moyens de mobilité sont estimés à 70 unités sanitaires mobiles, 10 camions et cliniques mobiles et 45 ambulances, outre le transport héliporté.

Interventions héliportées

Répondant à ceux qui reprochent au ministère de la Santé d’être intervenu un peu tard dans les régions sinistrées, le ministre Louardi a précisé que son département a répondu présent dans les régions sinistrées et a enregistré plusieurs interventions héliportées de l’armée et de la gendarmerie royale… «Si ces moyens héliportés n’avaient réussi à sauver qu’une seule vie (et c’était réellement davantage), j’aurais été le plus heureux», a dit le ministre de la Santé, promettant d’annoncer prochainement des mesures audacieuses concernant les problèmes que vivent certaines régions du Royaume et qui, a-t-il précisé, datent de l’époque de l’indépendance. «Nous disposons, a conclu le ministre, de nombre d’hôpitaux qui ne reçoivent malheureusement pas plus de 2,5% de la population du fait qu’ils se trouvent dans les montagnes et les régions enclavées par l’effondrement du pont qui dessert la région».

2015, année de la santé dans le rural

Pour conclure, Lahoussine Louardi a annoncé: «2015 sera l’année de la santé en milieu rural». Son département lui a réservé 70% des nouveaux postes budgétaires, comme il sera remédié au déficit actuel des médicaments concernant certaines maladies chroniques telles le diabète et la tension artérielle, notamment ceux d’usage fréquent durant la saison hivernale et ceux en usage lors des interventions chirurgicales et anesthésiques.

Mohammed Nafaa

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