lundi 23 octobre 2017

Maroc : Nos élus jugent…

Parlement Maroc Elus 2014

Encore un effort

Au bout de quinze ans, le Maroc aura réussi un grand pari, celui de la stabilité politique et sociale. Les événements qui ont marqué la dernière décennie ont eu bien des effets sur différents pays, tant sur le plan politique que sur le plan économique. Crise économique, printemps arabe et menaces et actes terroristes ont tous marqué une étape de l’Histoire de certains pays. L’intelligence collective a cependant marqué l’action marocaine, d’où une stabilité institutionnelle qui a remarquablement renforcé le partenariat du Royaume avec un certain nombre de pays arabes, africains et européens.
Sur le plan économique, bien que le choix paraissant difficile, le Maroc a opté pour la réforme. Tout y est passé, de la justice à l’économie et au monde des affaires, en passant par le volet social. Des mesures, parfois draconiennes mais nécessaires, ont été prises. Sur le plan économique surtout, ceci a valu au Maroc une grande confiance des partenaires étrangers, notamment les institutions internationales spécialisées qui prennent en considération la réalisation d’équilibres économiques à travers ces réformes structurelles.
Cependant, les Marocains ont encore besoin de plus et leurs aspirations vont au-delà de ce qui a été fait… Un plus qu’expliquent ici des parlementaires marocains, toutes tendances confondues, qui dressent un bilan des quinze ans de réalisations et des attentes…

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L’avis des députés

Avis recueillis par Mohammed Nafaa

Abdelaziz El Omari, député du PJD : Les Marocains aspirent à plus de réformes

Abdelaziz el omari pjd 2014

«Au Maroc, la situation politique est stable institutionnellement, ce qui fait du Royaume un partenaire de valeur des pays arabes, africains et européens. S’agissant de la situation économique, les mesures prises lors de cette étape ont fait que notre pays jouit de la confiance des partenaires à l’international, plus particulièrement auprès des institutions internationales spécialisées qui prennent en considération la réalisation d’équilibres économiques à travers les réformes structurelles. En effet, ces réforme sont concerné en priorité la Caisse de compensation tout en veillant à soutenir le pouvoir d’achat des couches sociales les plus défavorisées et en adoptant des mesures à portée sociale au niveau du monde rural. C’est ce qui nous faire dire qu’il y a actuellement un essor économique et une paix sociale.
Cependant, les Marocains aspirent à plus de réformes et à des élections entourées de plus de garanties de transparence, tout en rompant avec la mentalité de domination d’avant 2009. Tout le monde sait que, pour la première fois au Maroc, la date d’organisation des opérations électorales est connue presque une année avant leur déroulement et que celles-ci seront supervisées directement par le chef de gouvernement, en consultation avec les partis politiques, dans le cadre d’une réelle approche participative.
Pour l’heure, les textes législatifs, les lois organiques et autres régissant les prochaines élections n’ont pas encore été soumis à l’appréciation du Parlement. Elles le seront de toute évidence lors de la prochaine session d’automne qui commencera en octobre 2014, c’est-à-dire au terme des consultations avec les partis politiques.
S’agissant du débat sur les chiffres, si nous assistons à des taux de croissance diversifiés, c’est parce que chaque institution a son propre référentiel et ses méthodes. Nous respectons cependant ces institutions, qu’il s’agisse du ministère de l’Economie, du HCP ou de la Banque Mondiale».
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Ali Kabiri, député du MP, ancien président de la Commission des AE de la Chambre des représentants : Il faut revoir les programmes chaque fois

Ali kabiri mouvement populaire 2014

«La situation politique au Maroc évolue le plus normalement du monde. Je pense que de la présentation du bilan par le chef de gouvernement a été une occasion pour démontrer que notre évolution se passe dans de bonnes conditions. Il y a une majorité qui s’affirme et une opposition qui se confirme.
Nous avons vécu, lors du débat sur le bilan du gouvernement, un moment historique. L’opposition n’a pas manqué de critiquer l’action du gouvernement dans le cadre d’un discours responsable et le gouvernement a de son côté essayé de défendre son bilan.
Sur le plan économique, le Royaume évolue malgré une conjoncture économique internationale difficile. Nous arrivons à maintenir les grands équilibres et à ouvrir de grands chantiers. J’estime que, bien que nous n’ayons pas réussi à avoir un taux de croissance rassurant de 4 ou 5%, c’est déjà positif par rapport aux pays du voisinage et aussi à l’Europe qui vit actuellement une crise aiguë. Quant au taux de croissance qui varie d’une institution à l’autre, c’est à mon avis un problème chronique. Il faut donc déterminer les paramètres de calcul de la croissance qui diffèrent d’une institution à l’autre. Je pense qu’il est grand temps de s’entendre sur ces paramètres qui doivent être pris en considération pour éviter des écarts parfois de 2 points du PIB. Quand ça dépasse 1 point, ça devient déjà inquiétant et il faudrait donc chercher la vérité quelque part. Je pense que le ministère des Finances, le HCP et Bank Al-Maghrib doivent accorder leurs violons pour donner la situation exacte de l’évolution économique du pays.
S’agissant des perspectives d’avenir, nous devons continuer de mettre l’accent sur les secteurs de développement: l’agriculture avec le Plan Maroc Vert, le tourisme avec la Vision 2020 et l’industrie avec le Plan Emergence. Ce sont des programmes qu’il faut revoir chaque fois et faire évoluer dans l’intérêt de l’économie nationale.
Concernant le dossier de notre cause nationale première, c’est le statu quo. C’est que, malheureusement, l’obstination de nos voisins algériens n’a pas permis une évolution positive de ce dossier. En atteste la dernière décision grossière et irresponsable de la désignation d’un représentant de l’Union Africaine pour le Sahara marocain».
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Aziz Dermoumi, député du MP : Il y a une lenteur dans la mise en œuvre des grands chantiers

Aziz dermoumi mouvement populaire 2014

«En ce qui concerne la conjoncture économique actuelle du Royaume, les contraintes et les défis que nous essayons de relever sont liés à la crise économique que connaît le monde entier et à ses répercussions sur l’économie marocaine, principalement les PME-PMI que le gouvernement doit soutenir et aider à se remettre sur pied.
En outre, certaines procédures et complications juridiques ont des répercussions négatives sur notre économie.
Il y a aussi, le concept de la justice dans son interprétation économique, principalement les tribunaux de commerce qui souffrent d’une certaine lenteur qui entrave la bonne marche de l’économie nationale et surtout nuit aux relations gouvernement-sociétés et sociétés-sociétés. Il existe également une lenteur dans la mise en œuvre des grands chantiers et projets, comme par exemple dans le secteur du tourisme où nous n’avons pas encore atteint les chiffres que nous escomptions, à savoir 10 millions de touristes et plus à l’horizon 2010. Le gouvernement devrait consentir plus d’efforts pour relever les défis, sachant que le Maroc regorge d’atouts divers: montagnes, mers, Sahara, etc.
S’agissant du secteur de l’agriculture, le paysan marocain continue de pratiquer une agriculture traditionnelle et ce, malgré les points forts du Plan Maroc Vert. Cette agriculture souffre aussi d’une certaine lenteur dans la mise en œuvre des solutions apportées par ce Plan. Nous nous trouvons face à un Maroc à deux facettes, avec une agriculture moderne et modernisée et une autre traditionnelle et encore à la traîne».
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Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur et député du PJD : Nous avons osé !

Lahcen daoudi pjd 2014

«J’estime que les faits sont là et ils sont têtus. Ce que les autres n’ont pas pu ou réussi à faire, nous avons osé le faire et ouvrir les dossiers brûlants: la retraite, la Caisse compensation, la Fonction publique… Ce sont des éléments structurels et tout le reste est secondaire par rapport à cela.
Au niveau de l’Enseignement supérieur, je défie quiconque de pouvoir faire en deux années et demie ce que nous avons réalisé aujourd’hui. Je porte à la connaissance du public que le Maroc est placé second en termes de brevets en 2014 et 5ème au niveau de la recherche scientifique. Dans deux ans, j’espère que nous occuperons la 2ème place. Aussi, faut-il reconnaître à l’actuel gouvernement -pas au PJD, loin de là, à toutes les composantes du gouvernement- le courage et l’audace qui ont manqué aux autres.
Pour ce qui est de la diversité des taux de croissance, je dirais que c’est tout à fait normal, d’abord parce que vous ne pourrez jamais prévoir une bonne récolte et une autre médiocre. La conjoncture internationale aussi. Quant aux estimations et prévisions concernant le prix du pétrole auxquelles on a recours, je défie quiconque de me citer, chiffres à l’appui, un pays européen ayant pu maintenu ses prévisions. Tout le monde est en deçà, parce qu’on croyait que la crise allait vite passer. Mais celle-ci continue».
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Omar Dkhil, président de la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’homme (Chambre des conseillers) : au Sahara, pas encore de changement notoire…

Omar dkhil 2014

«La situation actuelle du Maroc, je dirais qu’elle se caractérise par la stabilité garantie par la sécurité qui a un impact sur l’économie du Royaume. C’est donc un don de Dieu qu’il faudrait amoureusement sauvegarder et pérenniser.
Sur le plan politique, nous sommes face à une nouvelle Constitution (2011). Nous avons besoin de temps pour mieux l’assimiler du fait que, aujourd’hui encore, nous interprétons différemment cette Constitution. S’agissant de la situation économique, il est certain que notre proximité de l’Europe fait que nous subissons les effets négatifs de la crise économique européenne. Mais nous résistons tant bien que mal grâce à nombre d’atouts, une forte communauté en Europe, une agriculture solide en dépit des caprices de la météo…
Quant au dossier de la cause nationale, il ne connaît pas encore de changement notoire. Les causes sont multiples. Il y a des pays qui ont des intérêts communs avec les parties qui n’ont aucun intérêt à voir le conflit solutionné. La solution nécessite encore une vision nouvelle qui implique toutes les parties intéressées».

 

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