jeudi 19 octobre 2017

Droits de l’Homme: beaucoup reste à faire

Forum droits de l homme marrakech novembre 2014

La 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme a traité des problématiques non résolues depuis la conférence de Vienne (1993) sur les droits de l’Homme.

Soutenu par l’Argentine (qui devrait initialement accueillir la deuxième édition) et le Brésil, le Forum mondial des droits de l’Homme (27-30 novembre 2014) a tenu ses assises dans la ville de Marrakech, terre de dialogue, de diversité et d’interaction féconde des cultures et des civilisations. SM le Roi Mohammed VI y voit un hommage à notre pays et au continent africain.

Bilan honorable

Le Forum de Marrakech, un événement d’envergure internationale, s’est tenu pour la première fois en terre africaine. Plus de sept mille participants venus d’une centaine pays se sont ainsi réunis dans la ville ocre. A l’ordre du jour, figuraient la problématique des droits de l’homme, de la femme et de l’enfant, la lutte contre la violence, l’abolition de la peine de mort, la préservation des droits des journalistes et les personnes en situation de handicap.
Le Forum de Marrakech, qui s’est voulu une plate-forme de réflexion, a ouvert ses travaux par un message royal adressé aux participants nationaux et internationaux et lu par le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid.
Ce message interpelle un Maroc qui avance sûrement et sereinement sur la voie sans fin des droits de l’Homme et qui peut se prévaloir, après 15 ans d’efforts collectifs, d’un bilan honorable couvrant des domaines aussi vitaux que la justice transitionnelle, les droits des femmes, le développement humain, la réhabilitation de la culture amazighe en tant que composante essentielle de l’identité marocaine, le renforcement des institutions nationales des droits de l’Homme et la gestion du champ religieux sur la base des principes, préceptes et desseins tolérants de l’islam.

S’agissant de la situation internationale des droits de l’Homme, le message royal a rappelé qu’elle connaît des changements profonds et que le Forum de Marrakech constitue un moment privilégié d’échange et de débat sur les enjeux émergents de ces droits. Cette manifestation se voulait aussi, nous a confié un participant, une plate-forme de partage et de réflexion et une occasion de faire parvenir un message qui stipule sans détour que l’Afrique aspire à jouer un rôle sur l’échiquier international.
Le message royal n’y est d’ailleurs pas allé par quatre chemins et il l’a dit clairement: «L’Afrique ne peut plus rester simple consommatrice de normes internationales conçues en son absence». Et d’ajouter de manière encore plus explicite: «A défaut d’avoir contribué à son élaboration, l’Afrique doit pouvoir enrichir le Droit international des droits de l’Homme avec sa culture propre, son histoire et son génie afin de mieux se l’approprier». «L’Afrique, a aussi souligné le message royal, est suffisamment mûre pour tenir toute la place qu’elle mérite dans l’architecture mondiale des droits de l’Homme et y assumer pleinement son rôle. L’universel est commun, le cheminement est spécifique, tel est le leitmotiv d’une Afrique responsable, imprégnée et engagée pour les droits de l’Homme; une Afrique qui ne peut rester l’objet sempiternel des débats sur les droits de l’Homme; une Afrique qui souhaite également être écoutée pour dire sa contribution à la conception des normes et valeurs réellement universelles».

Une Autorité pour la parité

L’un des moments forts de la séance inaugurale du Forum de Marrakech a été celui de la lecture des passages du message royal annonçant spécifiquement qu’une loi sur le travail domestique, qui concerne principalement les jeunes filles, est actuellement en discussion au Parlement et que le gouvernement travaille à l’élaboration d’une loi sur la lutte contre la violence. Des passages qui annonçaient aussi, en faisant vibrer la salle des conférences, l’installation prochaine d’une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. «Nous savons cependant qu’il nous reste beaucoup à faire», a fait remarquer le message royal.
Trois jours durant, les participants au Forum de Marrakech ont dû remarquer la tenue de cette rencontre dans les meilleures conditions possibles, même si certaines lacunes s’y sont involontairement invitées. «L’organisation est parfaite», a reconnu Ndong Ella Baudelaire, président du Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU, pour décortiquer toutes les thématiques des droits de l’Homme.

Refus de cautionner

Pour le Maroc, l’organisation et la tenue de cette manifestation haut de gamme est une reconnaissance à l’international des acquis et des réalisations accomplies par le Royaume, volet droits de l’Homme. Mais ne l’entendent pas de cette oreille ceux qui essaient de justifier le boycott du Forum.
Khadija Riadi, ex-présidente de l’Association Marocaine des droits humains, nous a déclaré lors d’une manifestation observée par l’AMDH devant le village du Forum à Bab Ighli: «Nous refusons de participer à cette 2ème édition du Forum Mondial des droits de l’Homme». Et d’expliquer la raison de ce refus: «Nous refusons de cautionner cette politique. Les responsables, tout comme l’Etat marocain, essaient de faire véhiculer le message selon lequel le Forum qui s’invite au Maroc est la preuve que le pays est un Etat de droit où fleurissent les droits de l’Homme». La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. Le président du Conseil national des Droits de l’Homme, Driss El Yazami, a tenu à préciser lors d’un point de presse que toutes les associations concernées ont été invitées et que «la meilleure réponse au boycott est la participation massive des associations à ce Forum».
L’association de l’Amazighité n’a pas suivi le mouvement de boycott, refusant la politique de la chaise vide. Elle a donc participé aux assises du Forum de Marrakech tout en organisant un sit-in de protestation (samedi 29 novembre 2014) devant le Palais des congrès à Marrakech. Un membre de l’association nous a confié: «Nous revendiquons toujours la mise en œuvre de la Constitution 2011 concernant l’amazigh, bien que trois années se soient écoulées depuis. Si nous ne boudons pas cette manifestation internationale, c’est parce que cette tribune nous offre l’opportunité de faire passer et de parvenir notre message au national comme à l’international. On ne crache pas dans sa soupe».
Réagissant à son tour au boycott, Mohamed Sebbar, SG du CNDH, nous a confié: «Les associations sont libres de prendre les décisions qu’elles jugent appropriées. La nature refuse l’unanimité. Je dis bien que le boycott ne constitue nullement l’événement». En effet, les organisateurs ne manquent pas d’arguments. Des responsables de tous bords, de plus de 94 pays, ont fait le voyage à Marrakech et ont assisté en force (7.430 participants) au débat fructueux et responsable. Si aujourd’hui 7 ou 8 associations ont boudé la majorité, le Forum a bien eu lieu et dans de bonnes conditions.

Un défi pour le Maroc

La problématique des droits de l’homme a été décortiquée dans les forums thématiques réunis sous des chapiteaux qui portaient les noms de personnalités ayant marqué les avancées des droits de l’Homme au Maroc. Les travaux se sont déroulés dans quatre espaces. Les intervenants se sont accordés à reconnaître que c’était un réel défi pour le Maroc d’organiser cette 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme à Marrakech, en terre d’Afrique.
Bien qu’il persiste partout dans le monde des défaillances en matière de droits de l’Homme, il n’en demeure pas moins que nombre de pays ne ménagent pas leurs efforts pour renforcer la mise en œuvre et la protection des droits de l’Homme. Certes, les abus sont là, la responsabilité n’est pas l’apanage du seul système étatique; elle est partagée. Il serait anormal que les grandes puissances persistent à vouloir confectionner pour les autres, en matière des droits de l’homme, des accoutrements à leur mesure.
Le Maroc, en ce qui le concerne, peut se vanter sans fausse modestie d’avoir réalisé des avancées notoires dans ce domaine. Il existe cependant des lacunes et des défaillances -la perfection n’est pas de ce monde- et les défis sont grands et ô combien contraignants! Le message royal a souligné l’engagement du Maroc pour la promotion de la culture des droits de l’Homme et sa mise en œuvre sur le terrain pour que ces droits ne restent pas de simples slogans, afin de redorer le blason du pays et son look à l’international. Notre pays, a précisé le message royal, «a souverainement choisi d’engager des réformes profondes et volontaristes qui répondent aux aspirations et aux attentes de nos citoyens… Ce processus innovant et inclusif, couronné par l’adoption en 2011 d’une nouvelle Constitution, a permis de consolider l’Etat de droit démocratique en tant que choix irréversible».
Le bilan du Maroc est honorable. La suite est à espérer même si le monde ne s’est pas fait en une journée. Driss El Yazami a dit aux médias: «On ne fait pas un Forum mondial des droits de l’Homme pour dire que le monde se porte bien. Nul ne se porte bien dans le monde, volet droits de l’Homme. Nous sommes conscients qu’il reste beaucoup à faire».
Un participant étranger nous a confié: «Les droits de l’Homme restent encore aujourd’hui malmenés même par des Etats où le concept est né et a évolué depuis des décennies, sous d’autres formes. Mais il est là. Ces Etats se doivent donc de remettre de l’ordre d’abord chez eux pour que leurs conseils soient pris au sérieux.

DNES à Marrakech: Mohammed Nafaa
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Ce qu’ils en ont dit…

Déclarations recueillies par Mohammed Nafaa

Biadillah Mohammed Cheikh, président de la Chambre des conseillers

Le Maroc dans le club des grands

Biadillah

Que vous inspire la tenue au Maroc de la 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme?

C’est une manifestation extraordinaire. Recevoir les représentants du monde entier dans son universalité au sud de la Méditerranée pour débattre de la situation des droits de l’Homme, c’est déjà un événement haut de gamme en soi.

Quel gain pour le Maroc?

C’est une occasion pour nous de montrer au monde entier les efforts fournis et les acquis et avancées réalisés par le Maroc sous la conduite éclairée de SM Mohammed VI en matière des droits de l’Homme et en matière de constitutionnalisation des trois générations des droits de l’homme. L’INDH nous a permis de lutter contre l’exclusion et la pauvreté, pour le code de la famille, la bonne gouvernance inscrite dans la Constitution de 2011, la lutte contre la corruption, la garantie de la concurrence, le rôle des ONG, le rôle de la femme, la parité… C’est donc une occasion extraordinaire qui met en évidence que le Royaume est le seul phare au-dessus de la Méditerranée, aux niveaux du monde arabe et de l’Afrique, qui s’installe dans le club des grandes nations démocratiques.

Que faire alors après ce sacre?

C’est à nous maintenant qu’il revient de ramer. Le cap est fixé pour nous, tous autant que nous sommes: les outils d’intermédiation, les partis politiques, la presse, la jeunesse, les élites et la société civile pour pouvoir pérenniser tous ces acquis précités et les développer.

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Abdelwahed Radi, président de l’Union parlementaire arabe

radi

Quelle appréciation faites-vous de ce Forum?

C’est réellement une grande manifestation, une grande fête aussi des droits de l’Homme au Maroc, avec une participation internationale de très haut niveau. Nous sommes fiers que ce Forum se tienne aujourd’hui au Maroc, le 2ème après celui du Brésil et le premier en terre arabo-africaine.

Que signifie ce choix du Maroc pour organiser et abriter ce Forum mondial?

Nous sommes très fiers que ce Forum ait été organisé au Maroc, parce que cela veut dire que notre pays est engagé d’une manière irréversible dans la défense des droits de l’Homme et que l’image qu’il donne à l’extérieur est positive concernant les droits de l’Homme.

Que reste-t-il à faire dans ce domaine?

Bien sûr, il reste beaucoup à faire un peu partout. Nul pays n’est parfait. Je considère que nous sommes sur la bonne voie et j’estime que la tenue de ce Forum mondial des droits de l’Homme n’est pas une fin en soi, mais la continuation et la consécration de grands efforts que le Maroc déploie. Il va servir non seulement au pays, mais aussi à la région tout entière.

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Khadija Riadi, ex-présidente de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme

Khadija riadi

«Notre lutte continue»

Comment justifiez-vous votre refus de participer au Sommet mondial des droits de l’Homme?

Nous refusons de participer à cette 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme. Nous refusons de cautionner cette politique. Les responsables du Forum tout comme l’Etat marocain essayent de véhiculer le message selon lequel le Forum qui s’invite au Maroc est la preuve que le pays est un Etat de droit et où fleurissent les droits de l’Homme. C’est pour cela que nous avons choisi de rester en dehors du Forum pour dire que nous sommes un pays de torture, d’inégalité, de pauvreté, de favoritisme et donc loin d’être un pays démocratique et des droits humains.

Quel autre message?

Dire que le Forum est là, il vivra trois jours et c’est nous qui allons continuer notre lutte pour la vraie démocratie, pour que l’Etat soit en mesure d’exécuter et de mettre en œuvre ses propres engagements aussi bien nationaux, dans le cadre de l’Instance Equité et Réconciliation, concernant les recommandations qui ne sont pas toujours mises en œuvre, qu’internationaux dans le cadre des conventions internationales qu’il ratifie mais applique rarement. D’ailleurs, les indicateurs internationaux le montrent bien.

Des exemples concrets?

L’enseignement au Maroc est classé parmi les vingt pires systèmes d’enseignement dans le monde. Pour ce qui est de l’égalité et de la parité femmes et hommes, là aussi, le Maroc est classé parmi les derniers pays. En ce qui concerne la violence à l’égard des enfants, l’impunité sévit encore. Donc, notre lutte continue et on refuse de dire que notre Maroc va bien. La preuve, c’est qu’il organise un Forum mondial des droits de l’Homme.

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Driss El Yazami, président du CNDH

Elyazami

Droits de l’homme: un processus infini

Harcelé par des journalistes qui récidivaient pour avoir de plus amples précisions sur le boycott du Forum par certaines associations des droits de l’Homme, Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme, visiblement fatigué et les traits tirés, a répondu: «S’il fallait attendre que tout aille bien dans le meilleur des mondes pour faire des réunions régionales ou internationales, il n’y aurait jamais de réunions». Et de poursuivre: «Il n’y a pas un seul pays sur la Terre où tout va bien en matière des droits de l’Homme. Il s’agit d’un processus infini».

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Ndong Ella Baudelaire, président du Conseil des droits de l’homme (ONU)

Ndong ella baudelaire

Le message royal trace la voie

«Ce Forum est un espace de dialogue et de débat sur des thématiques d’actualité qui suscitent l’intérêt du Conseil des droits de l’Homme (CDH). Le message royal est venu à point nommé pour tracer la voie à suivre pour promouvoir la protection des droits de l’homme».

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Ibrahim Salama, représentant du Haut-commissaire aux Droits de l’Homme

Ibrahim salama

Les participants représentent toutes les parties concernées

«Le programme de cette importante manifestation mondiale couvre, comme il m’a été permis de le constater, l’ensemble des problématiques qui se posent à la mise en œuvre des droits de l’Homme et reflète l’importance des défis qui se posent. Les participants représentent toutes les parties concernées par cette problématique. Mon message est qu’une cause n’est pas perdue tant qu’elle est revendiquée».

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Fatou Bensouda, procureur près la Cour pénale internationale (CPI)

Fatou bensouda

Un message positif

«Le message royal adressé au Forum mondial des droits de l’Homme est très positif. Sur ce plan, le Maroc est sur la bonne voie».

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D’Errachidia au Forum de Marrakech


Nama ammar


Naïma Ammar milite pour une loi protégeant les droits de la femme.

Une femme, Naïma Ammar, de l’Association des femmes soulalyates, n’est pas passée inaperçue. Au contraire, son intervention a constitué un moment fort de la cérémonie d’ouverture à Marrakech (jeudi 27 novembre 2014) de la 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme. Venue de la province d’Errachidia, elle a étonné l’assistance par son franc-parler. «Permettez-moi de m’adresser à vous en arabe dialectal. Ainsi, je serai certaine que mon message est passé et bien reçu», a-t-elle lancé à un parterre comptant nombre de ministres, présidents de parlement, universitaires, journalistes, militants associatifs et hauts responsables.
Nul besoin d’être lauréat d’une grande université pour décoder le message de cette femme qui vient de loin et parle le langage du quotidien. Elle a été directe: «Nous avons besoin d’une loi claire qui protège nos droits et qui stipule que nous sommes les égales des hommes».
En soulevant un sujet des plus épineux, en l’occurrence «Aradi Al joumoue» que les responsables qui se sont succédé ne sont pas arrivés à dénouer, Naïma Ammar a eu le mérite d’être franche. Elle a clamé du haut de la tribune: «Nous revendiquons vivement nos droits aux terres ”joumoue” dans l’égalité la plus totale avec les hommes». La salle, en délire et émerveillée, a approuvé le don oratoire de cette dame et l’a montré par de longs applaudissements. Preuve à l’appui, Naïma a donné l’exemple de MI-Meryem qui, a-t-elle dit la gorge serrée, possédait des hectares de terres ”joumoue”, mais est décédée pauvre, sans la moindre parcelle de terrain. Et Naïma, devenue la star du moment, de conclure avec cette boutade qui a fait vibrer la salle par des applaudissements nourris lors de cette cérémonie de clôture tant convoitée par les médias: «Notre réalité est une chose et ce qui s’écrit sur papier en est une autre. Nous ambitionnons de mettre fin à la pauvreté et à la misère, mettre fin à la femme ”bonne” dans les foyers et à la migration des femmes. Nous revendiquons enfin une loi qui jette la lumière sur l’état et la situation de la femme marocaine. SM le Roi a revendiqué dans son message à ce Forum l’égalité et la parité». Et comme pour lui signifier qu’elle adoptait ces revendications jugées légitimes, l’assistance l’a encore chaudement applaudie.

Mohammed Nafaa

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