vendredi 18 août 2017

Daech : Al-Baghdadi, l’homme qui s’était cru calife

Alors que Mossoul est tombé, que Raqqa est en passe d’être libéré, le calife auto-proclamé du prétendu califat de Daech est certainement mort sous les ruines de son mirage sanglant. L’information n’a pas été totalement confirmée, mais….

Certes, la fin annoncée de l’entité territoriale de l’Etat islamique ne marque pas la fin du terrorisme international. Mais, c’est une excellente nouvelle pour les hommes de bonne volonté de toutes les religions et civilisations, en commençant par la musulmane.

L’oasis est asséché. Il attirait les caravanes des  djihadistes de la haine. Son attractivité va s’effondrer.

Il faudra cependant au Levant rétablir des Etats crédibles et multiculturels viables. Il faudra en Europe faire retrouver aux musulmans égarés le chemin de la dignité de leur foi et du respect des cultures qui les reçoivent. Ces dernières devront en finir avec les discriminations xénophobes, pour redevenir à leur tour attractives.

Il faut savoir accueillir dans la limite du possible en restant soi-même. C’est un défi du siècle. Sinon, il y aura un nouveau al-Baghdadi, si son élimination devenait certaine.

Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est un djihadiste et terroriste irakien, né à Falloujah, en Irak, le 28 juillet 1971. Membre d’Al-Qaïda en Irak, il succède en 2010 à Abou Omar al-Baghdadi, à la tête de l’Etat islamique d’Irak, un groupe armé salafiste djihadiste et terroriste. Après avoir rompu avec Al-Qaïda, il est proclamé «calife» par l’Etat islamique, sous le nom d’Ibrahim, le 29 juin 2014, premier jour du mois de ramadan. Il affirme alors, ainsi, devenir le commandeur des croyants, une fiction dénoncée par la plupart des autorités musulmanes reconnues. Le 3 juillet 2014, à Mossoul, dans la grande ville du nord de l’Irak, qui a été reprise il y a quelques jours à l’Etat islamique par l’Armée irakienne, Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé le «Califat islamique» et ordonné aux musulmans de lui «obéir» dans ce qui fut sa seule apparition publique. A partir de 2014, lors de la seconde guerre civile irakienne et de la guerre civile syrienne, il forme un Etat de fait en Irak et en Syrie et reçoit l’allégeance de plusieurs groupes djihadistes à travers le monde. Son organisation se signale alors par ses attaques terroristes dans de nombreux pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord et se rend responsable de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide dans les nombreux conflits armés dans lesquels elle se retrouve impliquée.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une des principales ONG syrienne de défense des droits de l’homme, a affirmé détenir des informations de hauts responsables du groupe djihadiste Etat islamique (EI) confirmant la mort de leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi. Avant la «confirmation» de l’OSDH, l’agence de presse russe Tass avait déjà fait part de cette information, citant la chaîne de télévision Al Sumaria. Selon ce média irakien, des militants de l’Etat islamique auraient annoncé la mort de leur leader, ainsi que le nom de son remplaçant. Le sort de l’«émir» de l’Etat islamique fait l’objet de nombreuses spéculations depuis plusieurs semaines. Le 22 juin, la Russie affirmait avoir tué al-Baghdadi «selon une forte probabilité» lors d’une frappe aérienne menée à la fin du mois de mai autour de Raqqa, la capitale syrienne de l’Etat islamique, depuis encerclée par les Forces démocratiques syriennes. Fin juin, la chaîne de télévision iranienne IRIB avait même publié deux photos représentant supposément le corps sans vie du chef de Daech. Mais, depuis, les Usa doutent et Moscou parle d’infos contradictoires.

Sur le plan militaire, sa mort est de toutes façons sans réelles conséquences, sachant que Daech connaîtra inéluctablement une défaite territoriale. Mais c’est un symbole fort, car c’est lui qui avait structuré Daech tel qu’on le connaît maintenant.

Le calife, de plus, peut disparaître du jour au lendemain. C’est sans importance et il peut déjà être remplacé. Les règles médiévales que suit l’organisation indiquent que le calife suivant doit être nommé par son prédécesseur, par testament ou de son vivant. Celui-ci est déjà trouvé, c’est celui qu’al-Baghdadi avait donné dans son discours du 4 juillet 2014 à Mossoul. Il avait dit ce jour-là qu’il mourrait en martyr au moment du djihad. Dès lors, il avait programmé sa mort.

Abou Alaa Afri a été cité comme successeur d’Abou Bakr al-Baghdadi. C’est un homme charismatique, apprécié de ses hommes, stratège militaire hors-pair. Il a rejoint l’Afghanistan en 1998 pour s’entraîner avec les hommes d’Al-Qaïda. Ancien allié d’Oussama Ben Laden, il serait favorable à un rapprochement entre Daech et le groupe djihadiste historique. Lui qui faisait le lien entre le calife et ses gouverneurs locaux pourrait bien avoir pris les commandes du groupe Etat islamique.

Mais le nouvel homme fort pourrait aussi avoir été tué en mai 2015, selon les dires de l’armée irakienne. 

Daech perd sur tous les terrains, mais rien n’est hélas terminé.

Sur Internet, on sent qu’une grande partie de la «djihadosphère» est en train de passer à autre chose, on lit de plus en plus de critiques contre Daech de la part de leurs anciens soutiens. Ces derniers rebasculent dans un discours anti-démocratique, affirmant que le mode de vie des européens nuit à l’Islam -par exemple- et est incompatible avec ses préceptes saints.

Le mirage du mécréant veut remplacer celui du califat… Mais ce n’est certes pas le même symbole, ni la même force.

Patrice Zehr

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