lundi 23 octobre 2017

Vagues géantes au Maroc : S’agit-il de mini-Tsunamis?

De grosses vagues se sont abattues sur plusieurs côtes marocaines, tout au long de la journée du mardi 28 février 2017. Face à ce phénomène inhabituel, plusieurs Marocains n’ont pas caché leurs craintes quant à l’imminence d’un tsunami qui pourrait frapper le Royaume, comme ce fut le cas en 1755.

De grosses vagues, le 28 février 2017, sur la côte atlantique, notamment dans les villes de Casablanca, Rabat et Salé. L’incident le plus grave, dû au déchaînement de la mer, a eu lieu près de Témara, au niveau de la plage Val d’or, lorsque six personnes ont été prises de court par l’intensité des vagues. L’une d’entre elles, une septuagénaire, a trouvé la mort après avoir été transportée à l’hôpital dans un état grave.

Le décor n’était pas non plus réjouissant à Casablanca. Les  photos et vidéos prises par les internautes ont montré des vagues de plusieurs mètres de hauteur s’abattre sur la corniche de Aïn Diab, notamment au niveau de la mosquée Hassan II. Heureusement aucune victime n’a été dénombrée.

Le Royaume n’en est pas à sa première expérience avec le déchaînement de la mer. Début janvier 2014, les côtes marocaines ont été frappées par de grosses vagues. Là aussi, c’est à Aïn Diab que les dégâts les plus importants ont été enregistrés. Bilan, des pertes financières importantes pour les propriétaires des cafés et petits commerces installés le long de la corniche casablancaise. Aux yeux de la population marocaine, le déchaînement de la mer répété augure d’un tsunami qui menace de frapper le Royaume à tout moment.

Tsunami: le danger guette

Un tsunami est défini comme la conséquence d’un séisme sous-marin ou côtier se produisant à moins de 50 km et possédant une magnitude d’au moins 6,5 degrés sur l’échelle de Richter. Selon les scientifiques qui se sont intéressés à ce phénomène, l’amplitude d’un tsunami augmente généralement avec la magnitude du séisme. A partir d’une magnitude de 8 degrés sur l’échelle de Richter, le séisme peut générer un tsunami  dévastateur, comme ça a été le cas en 2004 en Indonésie et en 2011au Japon.

Les historient ont rapporté un violent tsunami qui, en 1755, a dévasté les côtes marocaines. En effet, il y a plus de deux siècles, un séisme d’une magnitude de 9 degrés sur l’échelle de Richter avait frappé Lisbonne, au Portugal. Les dégâts de ce raz-de-marée, d’une extrême violence, se sont étendus jusqu’au Maroc. Une vague destructrice d’une quinzaine de mètres s’est abattue, à l’époque, sur une grande partie de la côte atlantique marocaine, de Tanger à Agadir, laissant derrière elle des dégâts matériels et humains conséquents. Selon les scientifiques, le risque d’un nouveau tsunami au Maroc n’est pas à exclure, même si la probabilité qu’un tel scénario  reste très faible.

A titre préventif, le Royaume a pris part, les 10 et 11 novembre 2015, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, à un exercice de simulation théorique. Effectué à Madrid, cet exercice englobait, entre autres, la mise en place de mécanismes d’alerte et d’intervention auprès des populations affectées, ainsi que la prise de décision et la collecte d’informations en cas de tsunami.

Les changements climatiques impactent sévèrement l’écosystème de la planète, ce qui se traduit par la recrudescence de phénomènes naturels, rarissimes dans le passé: déchaînement de la mer, réchauffement climatique et menaces de tsunamis. Autant de dangers qui guettent tous les pays du monde, dont le Maroc.

Mohcine Lourhzal

4 Questions à…

Lhoussaine Youabd, chargé de communication à la Météorologie nationale.

«Rien à voir avec le phénomène des tsunamis»

Mardi 28 février 2017, six personnes ont été surprises par une vague géante sur une plage de Harhoura (sud de Rabat). Peut-on parler de mini tsunamis qui menaceraient le Royaume?

Dès l’après-midi du mardi 28 et durant la journée de mercredi 1er mars, des vagues très hautes, ayant atteint 5 mètres, ont intéressé les côtes atlantiques marocaines. Cette situation était due au passage d’une dépression sur le large de l’Atlantique, à l’ouest des îles britanniques, associé à des vents forts, d’une vitesse moyenne de 100 km/h. Ces vents forts ont contribué à une élévation de la hauteur des vagues sur le nord atlantique. Puis, ces vagues ont atteint le Maroc.

Qu’est-ce qui a intensifié ce phénomène?

Ce qui a intensifié le phénomène sur les côtes, c’est que  ces vagues, en arrivant aux côtes marocaines atlantiques, ont coïncidé avec la marée haute, d’une élévation par rapport au niveau de la mer de 3 à 3,5 mètres. Ce qui a augmenté davantage la hauteur des vagues. Cette situation a persisté durant l’après-midi du mardi 28 février et la journée du mercredi 1er mars 2017. A partir de jeudi 2 mars, la hauteur des vagues a diminué progressivement pour revenir à un niveau normal d’environ 3 mètres. Les grosses vagues qui se sont abattues dernièrement sur les côtes marocaines n’avaient rien à voir avec le phénomène des tsunamis.

Comment expliquer donc le fait que les vagues aient atteint des hauteurs impressionnantes?

Les citoyens ont pu observer des vagues très hautes sur les côtes atlantiques du Royaume. Ce phénomène est engendré par des vents forts qui ont soufflé sur le Maroc. La hauteur des vagues résulte également du passage de dépressions intenses et actives sur l’océan Atlantique, surtout en période hivernale. C’est pour cette raison que la Direction de la météorologie nationale publie des bulletins spéciaux pour mettre en garde contre les vents violents qui soufflent de temps à autre sur le Royaume.

Quels conseils donneriez-vous aux citoyens qui se plaisent à se prendre en photo face aux vagues géantes?   

Il est dangereux de se rapprocher de la mer au moment où celle-ci est déchaînée, avec des vagues géantes. Avec la géographie, d’une région à l’autre, le phénomène et la hauteur des vagues peuvent s’intensifier et causer des dégâts humains.   

Propos recueillis par: M.L

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