vendredi 16 novembre 2018

SM le Roi ouvre la nouvelle année législative : Appel au sursaut politique

Le Discours royal consacré à l’ouverture de la nouvelle année législative est allé au-delà du diagnostic. Il a comporté plusieurs orientations, notamment en matière d’amélioration du rendement des partis politiques.

Les formations politiques n’ont pas été créées pour amuser la galerie. Que ceux qui y croient se détrompent. De par le monde, les partis ont un rôle décisif et bien précis à jouer. Au Maroc, les organisations politiques marocaines ne dérogent pas à la règle. Encore faut-il qu’ils accomplissent dûment leur mission. Voilà pourquoi, dans ses deux Discours, à l’occasion de la fête du Trône et de la Révolution du Roi et du peuple, SM le Roi Mohammed VI a critiqué ces partis pour leur rendement en deçà de ce qui leur est demandé et des attentes des citoyens.

A la reconquête des citoyens 

A l’ouverture de la session d’automne du parlement, le 12 octobre 2018, le Souverain est revenu sur cette question de complémentarité qui doit, normalement, exister entre les formations politiques et la population. Ainsi, SM le Roi, dans son Discours devant les membres des deux Chambres du parlement,  a appelé  tous les partis, de la majorité et l’opposition, à conjuguer leurs efforts, loin des querelles politiciennes et partisanes qui ne mènent à rien. «Que vous releviez de la majorité ou de l’opposition parlementaire, vous avez, plus spécifiquement, la noble et lourde charge de prendre part activement à la dynamique de réforme que connaît notre pays», a dit le Souverain. Il a également rappelé aux parlementaires leur mission première et la raison d’être à l’Hémicycle.

Comme souligné par SM le Roi Mohammed VI, un parlementaire doit représenter la population et être son porte-voix auprès du gouvernement et des faiseurs des politiques publiques. «Au sein de cette honorable institution, vous formez une seule et même famille, soudée et cohérente (…). Car, en définitive, pour tous, il y a un seul intérêt national et les mêmes défis. Pour tous, ce qui importe par-dessus tout, c’est le produit de votre effort collégial», a précisé le Souverain dans son Discours du vendredi 12 octobre 2018.

Pour un renouvellement des pratiques partisanes

Le renouvellement des structures et de la méthodologie de travail, auquel sont appelés aujourd’hui les partis politiques, est tributaire d’une meilleure organisation en interne et d’une gestion optimale de leurs ressources humaines, en faveur de l’émergence de nouvelles compétences jeunes et en parfaite osmose avec les nouveautés de leur époque.

Les Marocains d’aujourd’hui, communément appelés «génération Z», laquelle représente ceux qui sont nés autour des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui,  ont besoin d’un point commun qui les rassemble. C’est justement ce que les hommes politiques marocains n’arrivent pas à produire, ni à incarner. Sans parler des partis politiques qui continuent d’étouffer nombre de voix, les poussant à recourir aux réseaux sociaux pour s’exprimer, sans l’aval de la hiérarchie partisane, très souvent déconnectée de la réalité.

Vu cette nécessité pour les partis politiques de jouer pleinement leur rôle et pour plus d’adhésion au projet sociétal auquel aspire aujourd’hui le pays, le Souverain a veillé à doter les organisations politiques des  moyens de leurs ambitions, en appelant à l’augmentation de la subvention publique qui leur est accordée, chaque année, par l’Etat. Néanmoins, cette mesure est tributaire d’un certain nombre de conditions à remplir, à savoir, notamment, la mobilisation de nouvelles compétences, dans le cadre de missions de réflexion, d’analyse et d’innovation.

Pour bénéficier de la subvention

La rallonge budgétaire prévue au profit des partis politiques vient s’ajouter à la subvention publique qui leur est déjà accordée en vertu de la loi organique 29.11, promulguée le 22 octobre 2011. Cette loi fixe les critères à remplir par les formations politiques, pour bénéficier de la subvention publique accordée aux partis.

Ainsi, en vertu de la loi précitée, tout parti légalement constitué a le droit de bénéficier d’un soutien financier public annuel, pour la contribution à la couverture de ses frais de gestion, conformément à des règles objectives et précises. Dans ce cadre, les formations politiques ont le droit de bénéficier d’une dotation annuelle forfaitaire, à condition qu’elles participent aux élections législatives avec la couverture d’au moins 10% des circonscriptions électorales relatives à l’élection des membres de la Chambre des représentants. Ladite loi prévoit également que les organisations politiques ayant obtenu au moins 3%, sans atteindre les 5% du nombre des suffrages exprimés lors des élections générales législatives, peuvent bénéficier d’un montant supplémentaire égal à la dotation forfaitaire précitée. Pour les partis ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés, un soutien annuel leur est accordé. Ce dernier est réparti sur la base des sièges parlementaires et des voix obtenues. Par ailleurs, l’ensemble des partis politiques, ayant participé aux élections générales législatives et couvert au moins 10% des circonscriptions électorales locales relatives à l’élection des membres de la Chambre des représentants, bénéficient une fois tous les quatre ans d’une subvention publique pour la  couverture des frais d’organisation de leurs congrès nationaux ordinaires.

Avec l’augmentation du montant de la subvention accordée aux partis politiques, ces derniers doivent s’ouvrir sur de nouvelles potentialités, pour assurer leur fonction de représentation des citoyens et d’agrégation de leurs intérêts et de leurs besoins, ce qui n’est pas le cas actuellement. Qu’un parti politique aspire à faire partie de la majorité ou même la diriger est somme toute légitime. Mais, cette ambition ne doit pas empiéter sur le rôle principal d’un parti, celui d’être au plus près de la population. 

Rôle des partis selon la Constitution

Le rôle des partis politiques est clairement énoncé dans l’article 7 de la Constitution qui souligne: «Les partis politiques œuvrent à l’encadrement et à la formation politique des citoyennes et citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques. Ils concourent à l’expression de la volonté des électeurs et participent à l’exercice du pouvoir, sur la base du pluralisme et de l’alternance par les moyens démocratiques, dans le cadre des institutions constitutionnelles».

Mohcine Lourhzal

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