vendredi 24 novembre 2017

Décharge de Médiouna : La guerre des ordures se corse !

La Commune de Mejjetiya refuse d’autoriser la société Ecomed à entamer les travaux de réhabilitation de l’ancienne décharge de Médiouna. Du moins jusqu’à ce qu’il y ait accord avec le Conseil de la ville de Casablanca sur bon nombre de questions en suspens, concernant ce dossier qui remonte à 2002.

La Commune de Mejjetiya, zone des déchets dans la région de Casablanca-Settat! Des élus de la région en ont assez de voir traîner le problème de l’ancienne décharge de Médiouna, qui continue d’accueillir les ordures des communes avoisinantes. Notamment celle de Médiouna, même si le contrat de gestion déléguée a envisagé l’arrêt de son exploitation et sa réhabilitation après un délai de deux ans, à compter de la date d’entrée en vigueur de la convention signée avec la société Ecomed (18 novembre 2008). «Nous en avons ras-le-bol de voir notre commune qui se meurt. La situation est très grave sur le plan environnemental», lance Mohamed Boukhouima, ancien vice- président de la Commune de Mejjetiya. Et ce dernier, actuellement Conseiller dans cette même Commune, d’ajouter: «La situation demeure très inquiétante. Des centaines de tonnes de déchets sont générées quotidiennement à Casablanca et sa région. Des montagnes de déchets s’accumulent dans la décharge de Médiouna, située dans la Commune de Mejjetiya. C’est un problème récurrent et connu du maire de Casablanca. La décharge émet régulièrement des gaz toxiques et malodorants que les habitants de la Commune continuent d’inhaler depuis très longtemps. Ces gaz émis sont d’une telle ampleur qu’ils rendent très douloureuse et difficile la vie des habitants qui en deviennent d’ailleurs malades (allergies, problèmes respiratoires, etc.). Les lixiviats, à l’origine des odeurs nauséabondes, sont connus comme porteurs de composés cancérigènes». Et, poursuit-il, comme si cela ne semble pas suffire! «Le Conseil de la ville de Casablanca prévoit la création d’une décharge contrôlée sur le même site», relève-t-il. Un projet dont la concrétisation semble toujours connaître plusieurs obstacles. Alors qu’il y a deux ans, on pensait que la nouvelle équipe du Conseil de la ville de Casablanca voulait accélérer le dossier de la réhabilitation de la décharge de Médiouna et de la mise à niveau d’une nouvelle décharge contrôlée, le projet est aujourd’hui en stand-by. En novembre 2015, rappelons-le, le site devait déjà être fermé. Mais le Conseil a décidé l’amendement de l’avenant 7 de la convention, ce qui a permis la prolongation de la période d’exploitation de la société délégataire de l’ancienne décharge. Deux ans après cette décision, rien n’est encore fait sur le terrain.

Au Conseil de la ville de Casablanca, aucune information officielle n’est encore diffusée sur ce dossier. Joints au téléphone par Le Reporter, plusieurs membres du Conseil de la ville de Casablanca (opposition et majorité) reconnaissent la situation inquiétante sur la décharge de Médiouna, mais disent, eux-aussi, ignorer tout sur ce dossier! « La situation sur l’ancienne décharge demeure très inquiétante. C’est un dossier qui nécessite, aujourd’hui, des mesures concrètes et urgentes», souligne Ahmed Benboujida, président de la Commission d’infrastructures publiques et du patrimoine. Non sans colère, cet élu du RNI confie qu’entre le Bureau et la Commission, l’«information ne passe plus sur les dossiers chauds de la ville, notamment sur celui de l’ancien dépotoir et de la mise à niveau de la décharge contrôlée».

Ceci dit, il y a deux mois, selon nos sources au Conseil préfectoral, le sujet a été au centre d’une réunion tenue au niveau dudit Conseil, en présence de responsables du ministère de l’Intérieur. Suite à cette réunion, l’entreprise en charge du projet a été chargée d’entamer les travaux de réhabilitation de l’ancienne décharge, comme le stipulent les dispositions du contrat signé avec le Conseil de la ville. Mais la société a refusé sous prétexte que le Conseil de la ville de Casablanca n’aurait pas honoré ses engagements financiers, selon des élus de la ville. Et ce n’est pas le seul problème. La Commune de Mejjetiya s’oppose au projet de création d’un nouveau dépotoir contrôlé sur le site. «Nous nous y opposons toujours. Nous avons déjà fait savoir au Conseil de la ville que la Commune de Mejjetiya n’a pas besoin d’une autre décharge sur son territoire, mais plutôt d’un projet industriel qui créera des postes d’emploi pour les jeunes de la Commune», affirme le Conseiller, Mohamed Boukhouima. Selon ce dernier, «le fait que les négociations entre la Commune de Mejjetiya et le Conseil de la ville soient en arrêt, n’arrange pas les choses». Plusieurs points sont restés en suspens et doivent être réglés avant d’autoriser les travaux de réhabilitation de l’ancienne décharge, explique notre interlocuteur. «Tant qu’il n’y a pas encore un accord sur certaines questions, la commune de Mejjetiya refusera d’accorder, à l’entreprise chargée de la réhabilitation de l’ancienne décharge et de la mise à niveau d’un nouveau dépotoir sur un terrain mitoyen au site de l’ancienne décharge, l’autorisation pour entamer les travaux, tient à souligner Boukhouima. Et de conclure: «En dehors des négociations qui sont aujourd’hui en arrêt avec le Conseil, ce qui montre en fait à quel point le Bureau dirigeant du Conseil n’est pas conscient de la gravité de la situation, il y a lieu de citer un autre problème. Le projet, tel qu’on l’explique, sera très difficile à mettre à exécution. Sa mise en œuvre est très onéreuse et nous doutons fort que la société soit capable de le concrétiser selon les normes requises sur le plan international».

En 2008, rappelons-le, la société Ecomed avait décroché l’appel d’offres pour lancer les travaux de réhabilitation de l’ancienne décharge de Médiouna; réhabilitation que cette entreprise devait boucler en 2009. Mais cela n’a pas été possible, faute de terrain pouvant abriter le projet de la nouvelle décharge contrôlée aux normes internationales, notamment en matière de traitement, de tri et de recyclage des déchets. Les choses allaient encore traîner. Puisque ce n’est qu’en 2015 qu’un accord d’entente a été signé pour l’acquisition d’un terrain de 35 ha, afin d’en faire un centre de tri des déchets aux normes internationales. Toutefois, rien n’est encore sûr. Alors que des sources au Bureau dirigeant du Conseil soutiennent que la question de l’acquisition du terrain a été réglée, des élus de l’opposition affirment, quant à eux, que la vente finale par la famille Atlas -propriétaire du terrain- n’a pas encore eu lieu.

Naîma Cherii

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