mardi 25 juillet 2017

Mes enfants, mariés trop tôt, m’ont anéantie…

Halima, 56 ans, salariée, mariée, a 3 enfants. Cette mère dénonce le manque de maturité de ces jeunes qui se marient et se retrouvent quelques mois après à s’étriper, au mépris des règles élémentaires du mariage. Voici son récit.

«Ce n’est que lorsque tout s’est mis en ordre dans notre vie que de graves chamboulements se sont déclarés. Ils ont balayé notre sérénité acquise par de longues années de labeur et de sacrifices. Celles qui nous avaient permis de sortir du tunnel et de souffler un peu. Et ce n’était pas peu que d’avoir vécu chichement, des années durant, dans un minuscule petit appartement de location à cinq. Nous avions pu accéder à la propriété et ce n’était pas tout. Mon mari et moi avions également été soulagés du pesant fardeau de la scolarité de nos enfants. Parce que nos trois garçons, l’un après l’autre, avaient eu l’immense chance de ne pas sombrer dans le chômage après l’obtention de leurs diplômes. On peut dire que les nombreux tracas qui minaient notre existence s’étaient dissipés. A tel point d’ailleurs que même nos rêves de voyages, nous avions pu les concrétiser. Nous vieillissions tranquillement, satisfaits de nous occuper de nous, même s’il nous restait encore quelques années à travailler avant la retraite. Notre vie était paisible en somme et nous souhaitions qu’elle le reste. Prédire que cette trêve n’était que temporaire était impossible. Les séismes dans notre petite famille allaient s’enchaîner sans que nous puissions les dévier.

Nous la couler douce, il n’en était plus question, quand mes garçons avaient voulu fonder une famille avec des jeunes filles qu’ils fréquentaient. Nous pensions bien faire de ne pas nous y opposer. Et puis, il ne faut pas se mentir, ils se seraient passés de notre consentement, de toute façon. Ils semblaient absolument attachés à leurs compagnes et réciproquement. Nous les avons donc mariés les uns après les autres, tout en étant fiers de leur nouveau statut de futurs parents. Nous ne méritions pas en guise de gratifications ce qui allait suivre.  Dieu seul sait ce qu’il avait fallu engager comme dépenses en monnaie et en énergie. Un an plus tard, nous fûmes sous le coup d’aversions en série. Des histoires complètement insupportables pour nous, parents équilibrés et sereins dans notre vie de couple, se décuplaient. Des disputes dont la cause étant l’adultère déclaré ou présumé éclataient. Nous constations avec effroi le manque total de notion des règles les plus élémentaires de la vie à deux et de ce qu’engage une alliance consacrée. L’obscénité et la brutalité de part et d’autre, qui étaient du lot, nous portèrent un coup fatal. Mon mari avait eu beaucoup de mal à supporter ces étalages de dépravation. Il fut victime d’une attaque cérébrale, un soir où tout allait crescendo entre mon fils et son épouse.

Depuis ce drame, je fus seule à subir le pire. Mon mari était dans le coma et mes enfants s’étripaient avec leurs conjointes. Ces accusations des uns et des autres, quelle horrible épreuve que d’avoir été obligée de les entendre! Il s’agissait d’injures crues et de vils propos sur l’existence dans leur vie d’ex-petits amis ou amies devenus amants ou maîtresses et aussi d’autres nouveaux contacts virtuels. Ils m’étalaient, l’écume rageuse en coin de bouche, leurs problèmes avec les verrouillages de téléphones et ordinateurs ou tablettes personnels. Franchement, pourquoi des codes d’accès secrets dans un couple? Les téléphones avaient été apparemment empoignés à la volée, mais repris par cruauté pour en supprimer des vidéos, photos, discussions ou contacts compromettants. Il était question d’échanges de certaines parties intimes nues via les cameras de messagerie de réseaux sociaux, ou des problèmes d’avoir été vue en ligne à des heures où le conjoint ronflait. Tout cela avait été hameçonné par des contacts espions des uns et des autres. Et ce sont ces derniers qui ont remis les preuves aux solliciteurs. Je comprenais enfin le danger et qu’il fallait agir expressément pour délivrer mes enfants de ces cauchemars. Ils étaient à deux doigts d’être victime d’un crime ou d’en être eux-mêmes auteurs. Je dus les forcer donc à divorcer, il m’importait peu qu’ils y laissent des plumes. A ce stade, quelle importance? J’étais prête à les reprendre chez nous, pourvu que ce typhon destructeur se fige. Si mes garçons ont échappé au pire, mon pauvre mari, non. Il a payé de sa vie toute cette débauche».

Mariem Bennani

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