lundi 23 octobre 2017

Mes beaux-parents ou mon couple?

Anass est un informaticien trentenaire, marié… Il se demande si sa dernière tentative de dialoguer franchement avec ses beaux-parents sauvera son couple de la rupture. Il explique pourquoi…

«Ces derniers temps, alors que je ne supportais plus l’inquisition de mes beaux-parents dans notre quotidien, j’avais pris mes distances. Ils en furent tellement vexés qu’ils estimèrent mon comportement très suspect, dissimulant forcément quelque mauvaise surprise. A partir de ce moment, j’ai vu mon beau-père s’improviser en détective de pacotille. Mon Dieu, un enfant aurait décelé son déguisement, un pathétique éléphant dans un magasin de porcelaine! De toute façon, cet odieux personnage avait des manières et des paroles qui m’avaient inquiété dès ma toute première rencontre avec lui. Quant à ma belle-mère, du pur poison sur pattes! Ne supportant pas de se trouver éloignée de son poste de surveillance, elle est venue carrément s’y installer.

Donc, du jour au lendemain, ces deux espions ont pris la décision solennelle de squatter notre appartement, pour me surveiller 24h sur 24. L’atmosphère du coup était devenue irrespirable. Et, si auparavant je souffrais de leur ingérence, de leurs décisions pour nous, là carrément, je me retrouvai dans un enfer, dont toute issue était barricadée. Bien évidemment, ce n’est pas à mon épouse que j’allais dire toutes ces vérités. Ni à mes parents, non plus. Ils seraient aussi venus mettre leur grain de sel en se joignant au clan, simplement pour surveiller ceux qui me surveillent. Non, sans blague! Je ne me serais jamais sorti vivant de leurs batailles!

Et dire que, pour préserver un minuscule petit bout de vie privée, à savoir ma paperasse personnelle -genre relevés bancaires et courriers divers- j’ai dû les mettre dans mon coffre arrière de voiture. Il était impensable que je les place chez mes parents. Là aussi, je n’avais pas le moindre doute qu’ils auraient été soigneusement épluchés et d’autres misères m’auraient rattrapé.

Je gardais donc au fond de moi une rancœur peu coutumière à laquelle j’interdisais le moindre débordement. Cette lutte avec moi-même était un pur cauchemar! Je n’en dormais plus, mon stress se répercutait sur mon travail, apparaissait dans mon comportement avec mes collègues, avec mes amis. Avec presque tout le monde, en fait, sauf avec ceux qui en étaient la principale cause. Ces deux-là, je les voulais rassurés sur le fait que je ne complotais rien, mais que je voulais simplement vivre ma vie dans mon couple comme bon me semble, une bonne fois pour toutes. Je me trompais lourdement, parce qu’ils n’envisageaient pas de débarrasser le plancher, ni aujourd’hui, ni jamais.

Ainsi, alors que je rongeais mes freins à faire bonne figure en dînant en leur compagnie, mon épouse se mit à énumérer des destinations pour nos prochaines vacances. Elle fut immédiatement interrompue par mon beau-père qui se mit à vanter une région côtière et parla de nous y rendre tous les quatre. Et comme si ce n’était pas suffisant qu’il décide de la destination pour nous, il m’ordonna de faire le nécessaire pour y louer une maison. Puisque cette expédition était à mes frais, ce fut l’occasion rêvée pour moi de le froisser pour qu’enfin le volcan éclate et que cette comédie cesse.

Je lui expliquais donc très calmement que l’idée était excellente, d’autant plus que ma propre famille me l’avait demandé et que ce serait formidable que nous tous en profitions. Sa réaction, telle que je l’attendais, fut immédiate. Il haussa les épaules et me répondit que sa femme et la mienne ne pouvaient s’occuper de tout un monde d’invités, que ce n’était donc plus des vacances, mais des travaux forcés. Je haussai à mon tour les épaules, puis me levai de table feignant d’avoir été outragé par ses propos.

La semaine qui suivit, les répercussions dues à mon insolence s’abattirent. Mon épouse vint me prévenir que ses parents et elle allaient prendre 15 jours de vacances dans un club dans le Sud du Royaume. Apparemment, cela ne la dérangeait nullement que ma présence ne soit pas souhaitée. Cela signifiait de la part de mes beaux-parents que l’éventualité d’entrer dans une bataille juridique pour défaire définitivement nos liens n’était nullement exclue. Je comprenais un peu tard que, probablement, mes beaux-parents ne m’avaient jamais piffré et que toutes leurs machinations étaient préméditées. Il fallait que j’en aie le cœur net. Il valait mieux mettre un terme à tout ça, pour de bon, en tentant un dialogue plus franc et plus direct.

Je fonçais donc sur eux. Ils étaient assis aux côtés de mon épouse, dans le salon. Je déballais tout ce que j’avais sur le cœur, réclamant la liberté de décider dans mon couple et pour mon couple et que leur contrôle permanent devait cesser désormais. Et que, jusque-là, j’avais été bien poli, patient, mais qu’il n’en sera plus jamais question. Mes beaux-parents échangèrent des regards inquiets et prirent la porte. Mon épouse ne leur emboîta pas le pas, mais s’enferma dans notre chambre; je l’entendis pleurer dicrètement. Honnêtement, je ne sais pas de quoi sera fait demain, ni à quel coup fourré je dois m’attendre. Je reste cependant optimiste, espérant quelques sentiments d’attachement de la part de celle qui a partagé ma vie durant ces deux années et qui changeraient la donne.

Quel grand regret que de n’avoir jamais songé à ce problème, au moment où nous transcrivions notre contrat de mariage. Nous n’en serions pas là, aujourd’hui».

Mariem Bennani

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