lundi 23 octobre 2017

Deux mariages, ça suffit!

Malika, 42 ans, gérante de société, est divorcée et mère de 3 enfants. Les hommes avec qui cette femme a été unie, qu’ils aient été au départ riches ou pauvres, l’ont déçue. Un autre mariage pour elle, il en est hors de question. Voici son récit.

«Les mariages foireux, ‘‘Basta!’’,  j’ai déjà donné!  Mon premier époux m’avait été imposé, parce qu’il était mon cousin. Nos parents avaient décidé de nous lier et ce, depuis fort longtemps. A force d’éloges intarissables sur son compte de la part de toutes les femmes de la famille, j’avais fini par être convaincue  que j’étais vernie. Assurément, un mari riche, prévenant et sérieux, il n’y en avait pas «treize à la douzaine». Je fus moi-même tellement impressionnée par le déroulement de ma cérémonie nuptiale qu’il m’était impossible d’imaginer qu’il pouvait en être autrement. Ce n’est que quelques mois plus tard que je regrettais amèrement de m’être jetée dans la gueule de ce loup précisément.

Mon cousin avait un énorme complexe qui s’était décuplé par ma seule présence à ses côtés. J’étais bachelière, alors que lui n’avait pratiquement pas d’instruction. Il avait quitté l’école dès son plus jeune âge pour intégrer l’équipe familiale qui œuvrait dans le commerce. Il lui fallait donc impérieusement combler cette tare, mais de façon dévoyée. C’est sans aucun doute pour cela que ses idées, son goût m’étaient imposés. Je n’étais jamais consultée, pas même pour le moindre choix de menu de repas ou la moindre serviette de table. Il n’hésitait pas non plus à vicieusement me rabaisser. Par exemple, quand mon arriviste de mari se vantait auprès de la famille, parce qu’il m’avait offert des parures en or. Ce qu’il évitait de révéler, c’est que les factures et reçus étaient en ses nom et prénom et pas aux miens. De même que, pour les porter, me fallait-il d’abord les lui réclamer pour qu’il les sorte de ses coffres forts.  En fin de soirée, je devais lui restituer le tout. En d’autres termes, il me les prêtait. Je m’ennuyais à mourir dans sa maison où je tuais le temps. Ce qui m’incommodait au plus haut degré, c’est cette sommation quotidienne à me faire belle et désirable pour un homme que j’avais fini par haïr. Cette mascarade, je ne l’avais pas supportée longtemps d’ailleurs. Je m’étais enfuie de cette prison dorée avec pour unique bagage ma personne. Evidemment, mon mufle de cousin n’avait pas supporté l’humiliation d’avoir été abandonné de la sorte. Après moult compromis, mon pauvre père, son oncle, avait dû rembourser l’intégralité des dépenses de nos noces contre un divorce.

De retour dans notre quiet cocon familial, je repris le sentier des études en m’inscrivant à la Faculté. Dès lors, je n’avais plus qu’un seul et unique objectif dans la vie : celui de réussir mon cursus. Je passais donc mes deux premières années avec succès et là, l’improbable arriva. Je rencontrai mon deuxième mari qui préparait son doctorat. Pour être honnête, la différence entre lui et le premier était de taille. Il n’avait rien à m’offrir, mis à part un amour que je croyais solide et sincère. Une fois admis à un concours de la Fonction publique, nous avions décidé d’officialiser notre liaison. Mais, pour la famille de mon mari, il en était hors de question. Il était trop tôt pour qu’une femme lui mette le grappin dessus et sûrement pas une divorcée. Pour me prouver qu’il tenait à moi, mon mari n’avait pas eu d’autre choix, en demandant ma main, que de se présenter seul chez nous. Il fut chassé par les miens quasiment à coups de balai. Notre situation était sans issue. Nous avions dû patienter deux années pour qu’enfin ses parents se ravisent, mais pas sans un deal: l’achat à crédit d’une petite maison dans la périphérie. Du côté des miens, c’est à contre cœur qu’ils ne firent pas d’histoires. Ils n’avaient pas tort du reste, parce que des humiliations en tous genres de la part de ma belle-famille, j’en bavais. Mais la dernière a été la pire de toutes et elle n’émanait pas d’eux.

Durant des années, je supportais des attaques verbales perfides. Mais mon époux avait assez de cran pour remettre en place ceux qui les avaient formulées. Et puis, je laissais passer, parce qu’il était sans cesse affectueux et très reconnaissant de mon soutien financier. Il est vrai que sans mon salaire et ma façon de gérer notre revenu, notre couple aurait pu sombrer. Etant très ambitieuse, je m’étais investie, en plus de mon boulot, dans le commerce de mon père.  Ensuite, mon mari s’est joint à nous en prenant sa retraite anticipée. Notre situation sociale s’est améliorée de façon spectaculaire. Tout allait si bien pour nous, jusqu’à ce que je découvre accidentellement que mon mari entretenait depuis peu une liaison extra-conjugale. Cela m’a complètement anéantie. Lorsque j’en ai su tous les détails, ce fut épouvantable, inacceptable. Je demandais donc le divorce. Malgré les partages et les arrangements, il ne me fut pas vraiment profitable.

A mes yeux, cela n’avait aucune importance. L’essentiel est que j’avais pu taper du pied pour remonter à la surface. Je préférais perdre quelques plumes, plutôt que de vivre aux côtés d’un traître. Aujourd’hui, au centre de ma vie affective, il y a mes enfants, ils sont mon bonheur. ‘‘Jamais deux sans trois’’ ? Quelle bonne une blague! En ce qui me concerne, je suis bien armée contre!».

Mariem Bennani

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