jeudi 17 août 2017

C’est moi qui porte la culotte…

Hind, 40 ans, cadre dans un organisme bancaire, mariée et mère d’un enfant, a fait un mariage original. Elle a les rênes du foyer et son avis sur la question n’est pas celui de sa famille…

«Il y a deux ans, j’ai courageusement abandonné mon statut de célibataire endurcie pour me marier avec Soufiane, mon meilleur ami et confident, un jeune homme plus jeune que moi de 12 ans. Nous faisions partie d’une bande d’amis dont la plupart étaient mariés. Nous étions les seuls à ne jamais pouvoir nous engager durablement dans une aventure sentimentale. Les autres se moquaient toujours de nous. C’est cette raison qui nous avait poussés à ne plus les mêler à nos histoires de cœur.

Les confidences mutuelles de nos échecs successifs nous avaient rendus très complices. Même si nos personnalités n’avaient vraiment rien de commun. Soufiane était un jeune homme oisif qui avait arrêté ses études en vivant continuellement sur le dos de ses parents. Moi, j’avais été une élève studieuse dotée d’un esprit compétitif. Ma grande ambition m’a toujours servie. C’est grâce à elle que j’ai pu aller de l’avant pour réussir tous mes examens et aussi pour parvenir à me trouver un bon job. Parfois, nous nous chamaillions, surtout lorsque je me permettais de lui faire comprendre qu’aucune jeune femme ne pouvait s’engager sérieusement avec lui à cause de son manque de moyens et de sa trop grande fainéantise. Il me rétorquait alors qu’aucun homme ne pouvait jamais me convenir, parce que mes idées sur l’amour étaient démodées et assez matérialistes. On abandonnait ce genre de discussions qui ne nous plaisait pas et qui faisait qu’en plus, nous nous étalions sur nos différences, allant de contestation en contestation. On préférait rabâcher nos coups de blues en inventant les profils d’hypothétiques «perles rares».
Pour oublier nos déboires, nous sortions beaucoup dans l’espoir de faire «la» rencontre. Hélas, les mêmes scénarios se répétaient, nous étions tout le temps abonnés aux histoires d’une semaine tout au plus.
Nous nous sommes beaucoup rapprochés après la dernière de nos aventures amoureuses qui avait fini, comme d’habitude, en queue de poisson. Nous tentions de trouver les raisons de ces nouveaux échecs et souhaitions réparer ce qui avait été brisé. Mais au lieu de ça, notre idylle est née.
Une invraisemblable passion s’est emparée de nous. Les choses ne furent pas faciles pour officialiser légalement notre union. D’une part, j’étais plus âgée que lui et, d’autre part, il n’avait pas les moyens, ni un travail pour se marier et m’entretenir. Nos deux familles nous opposèrent un refus tenace. Heureusement que notre décision était ferme. Nous voulions nous marier et fonder une famille et il nous importait peu que notre relation sorte de l’ordinaire.
Avec détermination, contre la volonté de nos parents, nous nous sommes mariés et leur avons imposé notre couple. Je me suis engagée à m’occuper financièrement de notre fête et de notre installation. Seuls nos amis avaient approuvé notre décision et partagé notre joie.
Aujourd’hui, la famille de mon mari continue toujours de ne pas m’accepter en tant que belle fille et souhaite ne jamais me rencontrer. Pour eux, je suis une vieille qui leur a volé leur beau et jeune garçon. Quant à mes parents, ils n’apprécient toujours pas le fait que j’assume le statut de chef de famille. Ils disent que je me suis «payé» un mari et que c’est une honte. Soufiane, à leurs yeux, n’est qu’un minable opportuniste. C’est regrettable qu’ils ne croient pas en la sincérité de notre amour.
Nous, nous vivons notre vie et nous avons eu une petite fille. Il est vrai que ce n’est pas la vie de château, mais nous nous arrangeons pour être heureux. Mon mari s’occupe de notre fille pendant que moi, je suis au boulot. C’est lui qui s’occupe aussi des courses et m’aide dans tous les travaux ménagers. Je ne regrette pas du tout de l’avoir épousé, bien au contraire. Parce qu’entre nous, tout va bien, nous avons trouvé notre équilibre.
Nous sommes un couple d’amoureux qui vit bien. Je n’ai jamais demandé à mon mari d’aller chercher un travail et lui ne m’a jamais traitée de vieille. Notre couple continue de faire jaser pas mal de personnes, mais nous sommes imperméables à leurs critiques. Nous leur souhaitons seulement d’être aussi heureux que nous le sommes».

Mariem Bennani

Voir aussi

Mon fils n’aime pas mon travail

Rajaa, 42 ans, femme de ménage dans un bar, divorcée, a 3 enfants. Son fils …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.