mercredi 21 novembre 2018

Reportage : Quand les «Domaines Zniber» ouvrent leurs portes…

Qui, à Meknès et plus généralement au Maroc, ne connaît pas les «Domaines Zniber» ? Des domaines qui s’étendent à perte de vue et font partie de l’Histoire de la ville. «Le Reporter» s’est rendu au cœur de ces domaines, là où la Saga est née. Ce qu’il y a découvert est étonnant… Reportage.

Mercredi 25 avril: 15H45. Domaine privé d’Aït Harzallah, route d’El Hajeb, à 30 km de la ville impériale de Meknès. Ce jour-là, une forte pluie s’abattait sur la commune rurale d’Aït Harzallah et un léger froid emplissait l’atmosphère, quand la navette nous y a déposés.

L’arboriculture fruitière occupant une place importante dans cette commune rurale est la première bénéficiaire de l’impact positif de ces dernières précipitations, explique Samir Lahrache, responsable technique du Groupe Diana Holding. Nous l’avons rencontré, ce même mercredi, sur les champs du Groupe Zniber, lors d’une visite-découverte, en marge du Salon international de l’Agriculture (SIAM 2018). C’est dans cette commune, en 1956, qu’a démarré la Saga de feu Brahim Zniber, avec la réalisation du premier verger arboricole. Production de fruits rouges, domaines arboricoles, domaines agrumicoles, unité de conditionnement… Le Groupe exploite, aujourd’hui, environ 8.400 hectares de surfaces agricoles utiles.

Au fil des ans, l’entreprise va s’agrandir, pour regrouper toutes ses activités, notamment avec Diana holding, fondé en 2001.

Quand les femmes deviennent des «Caporales»…

Des nectarines aux prunes et abricots, en passant par les pêches et les grenades, la ferme arboricole, qui s’étale sur 750 ha, recèle bien des richesses. Plus de 35.000 familles de la région vivent aujourd’hui de cette filière arboricole à dominance fruitière.

Les ouvriers entament, depuis cinq semaines, les travaux de l’éclaircissage, période déterminante pour ajuster la charge de production des fruits. Ce mercredi 26 avril, un groupe d’ouvrières s’activait d’ailleurs autour des arbres fruitiers, pour effectuer ce travail d’éclaircissage.

Un dur travail qui nécessite de la force. Mais pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, ces femmes, dont la majorité venait de la commune d’Aït Harzallah, ont pourtant choisi de faire de cette activité agricole leur gagne-pain.

Zhor, une jeune femme de la région, a décidé de sortir de la précarité et de lutter avec énergie et persévérance pour l’amélioration de ses conditions de vie. Elle devait enchaîner avec les vergers, le détassage, puis la cueillette.

A 31 ans, cette femme dynamique a dû mener un combat pour prouver sa compétence dans ce travail destiné en fait aux hommes. Le pari était difficile à relever. D’autant que les femmes agricultrices demeurent peu visibles dans le monde agricole. Mais Zhor gardait espoir, parce qu’elle aimait son métier. Elle est aujourd’hui tout aussi passionnée et n’entend pas abandonner cette activité. «J’aime ce travail. D’accord, c’est très physique, reconnaît-elle, mais cela me plaît et je me sens épanouie».

En quelques années, Zhor a vu sa vie se transformer. Le résultat est même très satisfaisant. Aujourd’hui, la jeune femme devient «Caporale» dans les champs du Groupe Zniber. Elle est chargée de 25 ouvriers et ouvrières qui travaillent dans cette activité, laquelle a longtemps été marquée par une dominance de la main-d’œuvre masculine.

Depuis l’arrivée de Maria Zniber, veuve du fondateur, les choses ont bien avancé. La présidente a commencé à apporter sa touche personnelle. «C’est une impulsion de Madame la présidente, Rita Zniber, d’avoir autant de caporales femmes que de caporaux. L’engagement de garantir la parité homme-femme dans les domaines agricoles du groupe a été atteint», explique Smahane Zerrouki, Directrice Développement et Communication du Groupe Diana Holding. Et d’ajouter: «Le travail de l’éclaircissage, nécessitant de la force, est réservé uniquement aux hommes et pas forcément aux femmes. Mais à Diana Holding, on s’est rendu compte que les femmes arrivent finalement à avoir les mêmes résultats que les hommes et, parfois, réalisent des résultats meilleurs».

2 MMDH à investir d’ici 2020

L’oléiculture est aussi dans la palette de Diana Holding. Parmi les spécialités du groupe, les huiles d’olives extra vierges sont élaborées à partir de la production de la ferme du Groupe.

C’est dans son unité de trituration baptisée la Maassira, située sur le domaine d’Aït Harzallah, sur la route d’El Hajeb, que l’entreprise réalise la totalité de sa production.

L’usine d’extraction d’huile d’olive emploie les dernières technologies, pour produire une huile d’olives reconnue mondialement. Cette unité, mise en place en 2007, est dotée d’une chaîne de broyage de 200 t d’olives par jour, d’un laboratoire d’analyse, d’une ligne d’embouteillage et d’une unité de stockage.

La matière première, constituée de quatre variétés, est traitée deux heures après sa récolte par les trois enjambeurs dont dispose l’entreprise.

«L’année dernière, nous avons préféré limiter notre production pour rester dans ce maximum de 2 heures, entre la récolte et la trituration, pour nous permettre, ensuite, de faire un nouvel investissement», précise Smahane Zerrouki. Cette année, le Groupe Diana Holding a installé une deuxième ligne de trituration. Un investissement qui lui a permis d’augmenter sa production d’huile extra vierge, essentiellement destinée à l’exportation, de 80 tonnes par jour à 200 tonnes par jour.

A Diana Holding, on souligne que cet investissement permettra d’atteindre une production annuelle de 2.000 tonnes d’huile d’olives, production totalement dédiée au marché étranger. Mais, on précise que le marché local n’a pas été ignoré. «La machine que nous avions, ne nous permettait pas d’aller aussi sur le marché local. Mais cette année, avec la nouvelle ligne, nous allons mettre sur le marché national une nouvelle huile qui sera bientôt disponible dans le commerce», fait savoir la directrice Développement et Communication du Groupe, Smahane Zerrouki. Il s’agit d’une nouvelle marque «Maassira» qui devrait être, très prochainement, sur les rayons des supermarchés, confie la responsable.

Pour sa part, Younes Bellahcen, directeur de l’unité de trituration, Lamaassira n’a pas omis de mettre en avant la qualité des produits du Groupe. «Le meilleur moyen de réussir est d’avoir un produit de meilleure qualité. L’huile d’olive produite ici est une huile de qualité. Entre le moment où l’olive est cueillie sur nos champs et le moment où elle arrive dans l’unité de trituration, la main humaine ne la touche plus, jusqu’au consommateur final. C’est pour garantir la qualité de notre produit», précise Bellahcen. Et ce n’est pas tout. Le responsable poursuit, non sans fierté: «Notre huile d’olive extra vierge a le taux d’acidité le plus bas des produits nationaux, avec seulement 0,20 d’acidité. «Ce n’est pas étonnant, dit-il, que notre huile soit positionnée premium dans l’un des marchés extrêmement exigeants quant aux normes de qualité et d’hygiène, les USA, où nos marques Jad, Caractères et Olisens sont très prisées».

Cette année, pour la première fois, une huile bio a été créée pour répondre à une demande étrangère de plus en plus croissante, annonce le directeur de Lamaassira, lors de la visite-découverte dans les domaines du Groupe Zniber, qui nous a permis de découvrir le pôle agricole, ainsi que la chaîne de logistique mise en place.

Avec 8.400 hectares de plantations, 6.500 salariés directs, 1,2  million de journées de travail/an et plus de 2,5 milliards de chiffre d’affaires, le groupe mettra la barre encore plus haut. En effet, Diana Holding, qui opère dans cinq pôles, prévoit de réaliser, d’ici 2020, un investissement de 2 milliards de dirhams.

Naîma Cherii

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