vendredi 24 novembre 2017

L’Académie du Royaume du Maroc rend hommage à Senghor

L’Académie du Royaume du Maroc a organisé, en collaboration avec le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), une Journée en hommage à un de ses illustres membres, feu Léopold Sédar Senghor (1906-2001). Tout au long d’une journée mémorable, d’éminents chercheurs nationaux étrangers (dont certains venus de très loin) ont exposé les multiples facettes de l’œuvre multidimensionnelle d’un grand homme, humble jusqu’à révéler: «Je suis tombé en politique par effraction, j’ai toujours voulu n’être qu’un professeur et poète». Et pourtant, il a trôné sur la scène politique sénégalaise près de trente-cinq ans.

Senghor, un homme exceptionnel

L’Académie du Royaume du Maroc qui, a-t-on remarqué, s’est ouverte ces derniers temps sur de nouvelles pistes, dans le cadre du dialogue des cultures, a choisi cette fois de mettre à l’affiche l’un de ses illustres membres, Léopold Sédar Senghor; un homme tout à fait exceptionnel qui a contribué au rayonnement de l’Académie et ce, depuis son lancement en 1980, période riche en enseignements, durant laquelle le défunt s’est distingué par des conférences traitant des questions toujours d’actualité, telles les crises spirituelles et le dialogue Nord-Sud.

Un moment flamboyant

Inaugurant cette Journée d’hommage à Senghor, organisée sous le thème «Sur les traces de Léopold Sédar Senghor», Abdeljalil Lahjomri, Secrétaire perpétuel de l’Académie, a d’emblée situé le combat du regretté poète, penseur, artiste et chef d’Etat. «C’est à ce dernier, a-précisé l’orateur, que nous devons ce moment flamboyant de l’histoire africaine, cette étape décisive qui a vu naître la promesse de penser par nous-mêmes, riche de tant d’autres promesses fondatrices d’étapes nouvelles, dans l’affirmation de la différence culturelle de l’Afrique, dans ce monde perturbé, dérangé et calciné».

Sortie admirable

Avec son style innovant et novateur de tirer sa révérence de la politique, Senghor a cédé la responsabilité à Abdou Diouf qui lui succéda admirablement à la Présidence de la République du Sénégal. Abdeljalil Lahjomri a eu ce beau témoignage à l’adresse de Senghor, cet homme qui lui-même a avoué avoir eu la chance d’être à la limite de deux mondes africain et européen: «Personne ne contesterait que son geste d’adieu à la politique politicienne fut le geste d’un grand démocrate».

Acte courageux

En effet, il est rare, a poursuivi Lahjomri, de rencontrer dans l’histoire passée de l’Afrique un acte aussi courageux, l’acte d’abandonner sereinement le pouvoir, quand le pouvoir ne peut plus s’exercer sereinement. Senghor, a conclu Lahjomri, fut surtout un francophone, mais sa francophonie était si peu comprise et si peu appréciée par les francophones.

Hommage à un aîné

En prenant la parole devant un parterre d’éminents chercheurs et de penseurs, le Prince Kum’a Ndumbé III, Professeur Emérite des Universités de Yaoundé, Berlin et Lyon, a tenu à rendre hommage à un aîné, à celui qui mérite hommage. Senghor, a dit le Prince, était un grand créateur intellectuel. Son génie exceptionnel de penseur, de poète et d’écrivain l’ont conduit inéluctablement comme premier Africain à l’Académie française. Il devient alors immortel pour la France.

Senghor, fils de l’Afrique

Driss El Yazami, Président du CNDH, a de son côté expliqué les raisons de l’implication de cette institution dans cette Journée d’hommage à Senghor. C’est parce qu’il s’agit, a-t-il affirmé, d’un hommage à la mémoire d’un fils de l’Afrique et aussi d’un homme d’Etat et poète qui a su concilier le politique et le culturel.

Rappelant la célébration à Rabat de «l’Afrique en capitale», Mehdi Kotbi, président de la Fondation nationale des musées, s’est interrogé: «Y a-t-il encore une place pour la poésie, la pensée de Senghor, cet inlassable sculpteur du mot? Nous fêtons, aujourd’hui, notre appartenance à l’Afrique». Et de conclure: «L’Afrique en capitale est une réappropriation de notre patrimoine et la poésie de Senghor ne doit pas périr».

Artisan de la renaissance africaine

En rendant hommage à Léopold Sédar Senghor et à son œuvre multidimensionnelle où confluent la poésie, la philosophie et l’esthétique s’articulant autour des notions qui prônent la paix et l’entente entre les hommes, l’Académie du Royaume du Maroc a ainsi célébré un des plus éminents artisans de la renaissance africaine.

Mohammed Nafaa

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