samedi 16 décembre 2017

Pierre-Emmanuel Quirin, Président du Forum Crans Montana

Quelle comparaison dans le monde avec la plate-forme de Crans Montana?

Une plate-forme comme celle du Forum de Crans Montana est assez unique. C’est une organisation qui existe depuis plus de trente-cinq ans maintenant…

Comment a-t-elle vu le jour?

Elle avait été créée au moment de la chute du mur de Berlin, à l’époque où l’Europe était divisée en deux.

Quelles ambitions pour le Forum?

Dès l’origine, l’une des ambitions du Forum était de pouvoir créer et tisser des liens, voire même de réunir des espaces qui avaient été artificiellement séparés.

«Le rayonnement de l’Afrique au 21ème siècle». Qu’est-ce qui a dicté cette thématique débattue lors du Forum de Crans Montana?

Depuis quinze ans, le Forum de Crans Montana a décidé de placer le continent africain au centre de ses préoccupations.

Vous avez ouvert une place importante, lors de cette troisième édition du Forum et cette importante plate-forme, à des pays souvent laissés en marge des rassemblements internationaux. A qui pensez-vous plus particulièrement?

Je pense aux petits Etats insulaires des Caraïbes, du Pacifique et de l’Océan indien.

Quels liens peut-on déceler entre ces pays et l’Afrique?

Ils ont les mêmes préoccupations et les mêmes défis à relever.

Pensez-vous à des solutions pour accompagner ces challenges? Le Forum de Dakhla offre-t-il l’opportunité d’aider ces pays à relever les défis qu’ils affrontent?

Le Forum de Crans Montana offre justement la plate-forme adéquate pour tirer ces pays vers le haut, en créant des jonctions et des passerelles et faire en sorte que des solutions novatrices puissent être envisagées et mises en œuvre entre les différents décideurs.

Quelle appréciation faites-vous de la COP22?

Elle a incontestablement constitué la COP de l’action.

Et l’Afrique dans cette COP22?

Elle aura été aussi la première COP africaine, du fait qu’elle a placé les pays africains dans le cœur de cette manifestation internationale, tenue d’ailleurs à Marrakech.

Les petits Etats insulaires se sont vu réserver une place de choix lors de cette COP22…

En effet, place de choix et accueil chaleureux ont été réservés à ces Etats qui se trouvent être les plus menacés par le fléau du réchauffement planétaire.

Quel geste du Maroc à l’égard de ces pays?

Le Maroc a décidé de les intégrer dès les premières actions préparatoires aux travaux de cette conférence internationale. Le Maroc, en défendant la réalisation sur le terrain, fait figure de référence tant à l’échelle continentale que mondiale.

Qu’est-ce qui, à votre avis, a dicté le choix de la ville de Dakhla pour abriter le Forum de Crans Montana?

Le Maroc, comme tout le monde le sait, joint les faits aux gestes. Il a donc, en partant d’une ville de taille je dirais moyenne, réalisé une belle success story

Ce ne paraissait pourtant pas chose facile, connaissant la nature de cette région. Qu’est-ce qui, à votre avis, a permis cette réussite?

La vision claire et nette et la volonté de toujours mieux faire. Ce qui s’est passé à Tanger Med, c’est ce qui se passe à Dakhla, aujourd’hui: une vision du temps long.

Qui a engendré cette success story?

Celle-ci a été aussi, faut-il le rappeler, le fruit d’une bonne gouvernance et d’une stabilité qui lui permettent de se projeter dans l’avenir, d’abord au service des populations. D’où la nécessité de reconnaître qu’il se passe au Maroc quelque chose qui est unique au monde.

Et le retour du Royaume à l’Union Africaine (UA)?

Une belle réussite, encore une fois, qui a permis au Maroc de reprendre sa place légitime au sein de la grande famille africaine et de renforcer ses relations et sa coopération, plus particulièrement avec les pays de l’Afrique subsaharienne.

Quelle  est  donc la place de Dakhla dans ce paysage?

Dakhla apparaît comme un réel hub stratégique de coopération entre le Maroc et l’ensemble de cette région et de ses voisins africains. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a parlé dans son message au Forum de Crans Montana d’une «coopération Sud-Sud, axée sur la culture du partage et de la solidarité».

SM le Roi a également remarqué: «L’Afrique, aujourd’hui, est gouvernée par une nouvelle génération de dirigeants pragmatiques et décomplexés par rapport à des idéologies d’un autre âge». C’est un message à l’Afrique, pour accorder un meilleur intérêt à la jeunesse africaine, à l’heure où celle-ci est quelque peu délaissée ou n’est pas considérée à sa juste valeur…

Plusieurs thématiques et non des moindres ont été débattues lors de cet important Forum: la sécurité alimentaire, le développement durable, l’intégration des femmes, l’environnement, le réchauffement planétaire… Mais s’il y a un défi plus important, qui mérite une meilleure attention; c’est assurément celui qui se trouve en tête de l’agenda gouvernemental de tous les pays africains et la ceinture Sud-Sud. Il s’agit, de toute évidence, du volet concernant la jeunesse. En effet, d’ici 2050, un quart de la population mondiale sera africaine et un jeune sur deux de par le monde vivra en Afrique. C’est pour dire l’ampleur de la tâche. Donc, tous les gouvernementaux du monde se doivent, aujourd’hui, de mener une réflexion sur l’intégration de la jeunesse, qui est talentueuse, dans le processus de prise des décisions.

Que fait le Forum de Crans Montana dans ce sens?

Il y a une initiative, annoncée depuis plus de dix ans et qui s’intitule «Les nouveaux leaders du futur», où le Forum a décidé de soutenir de façon très concrète les jeunes talents venus non seulement d’Afrique, mais aussi de toute la ceinture Sud-Sud, que l’on accompagne dans nos projets et que l’on met au cœur de nos actions à travers les Forums qu’on organise de par le monde.

Et la santé qui reste quand même le talon d’Achille du continent africain?

Tout cela va de pair.

Une jeunesse malade, c’est assurément un pays qui peine à se développer…

Bien évidemment. Et pour que cette jeunesse puisse prétendre légitimement à sa place, les préoccupations en matière de santé et d’enseignement sont essentielles. C’est une tendance qui se décline de plus en plus avec la montée, concernant les affaires des Etats, d’équipes dirigeantes jeunes.

Est-ce que c’est porteur d’espoir?

Je vous l’accorde volontiers. Mais après, il ne faudra pas non plus tomber dans le travers du rajeunissement, car ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est plus brillant que la moyenne.

Qu’attendez-vous de cette troisième édition du Forum de Dakhla?

Pour moi, la plus grande satisfaction, c’est de voir que l’enthousiasme ne faiblit pas et que l’on sente une réelle dynamique qui est à l’œuvre depuis quelques années et que le nom de «Dakhla» résume dans les quatre coins du monde. Tous savent aujourd’hui que Dakhla se trouve au Maroc et que c’est une belle ville et une success story marocaine.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

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