mercredi 24 avril 2019

Mohamed Horani, Président-Directeur général de HPS

«Le m-wallet est un système parfaitement conforme aux normes et exigences de sécurité»

Les Marocains qui ont un téléphone mobile, pourront aujourd’hui, à partir de leur GSM, effectuer des transferts d’argent, payer leurs factures, leurs courses… Le paiement mobile fait bel et bien son entrée au Maroc, mais il reste à savoir si ce nouveau procédé s’adresse à tous et s’il est suffisamment sécurisé pour gagner la confiance du plus grand nombre possible d’usagers. Sur ces questions précises, Mohamed Horani, PDG de HPS, partie prenante dans l’élaboration de ce procédé au Maroc, donne son avis et relate les perspectives de développement de ce nouveau mode de paiement.

Tout d’abord à qui profitera ce nouveau mode de paiement et quel en est l’intérêt?

Le nouveau système de paiement mobile s’adresse à tous. Il est établi, aujourd’hui, que le citoyen a besoin de ces moyens de paiement électronique, compte tenu de la numérisation grandissante  de la société. Il est ainsi hors de question d’ignorer cet outil qu’il faut nécessairement intégrer dans notre vie quotidienne. D’autant plus que le citoyen a besoin, aujourd’hui, de ce nouveau moyen de paiement qui lui facilite la vie, notamment pour ce qui est des transferts d’argent. Cela va de soi pour le commerçant qui se fera désormais payer à travers un moyen électronique sécurisé et qui pourra même, par la suite, offrir d’autres services. L’on parie aujourd’hui sur quelque 51.000 commerçants au bout de cinq ans et ceux-là vont devenir de vraies agences des nouveaux établissements de paiement.

En somme, il s’agit là d’un moyen moderne qui offre une multitude de facilités quant au paiement, notamment des factures, des redevances et de courses, voire même de crédit auprès de l’épicier…

Comment envisagez-vous l’avenir de ce nouveau mode de paiement?

Bien sûr, je ne peux qu’espérer la réussite de ce nouveau procédé. Laquelle réussite sera une bonne récompense aux efforts qui ont été déployés par les intervenants, afin de faciliter, le plus possible, la compréhension et l’usage de ce nouveau moyen de paiement. Il suffit, là encore, de donner comme exemple tout le travail effectué pour que le numéro de compte soit juste le numéro de téléphone et en finir avec un RIB à 24 chiffres qu’on a beaucoup de mal à retenir, alors que son propre numéro de téléphone, on ne l’oublie jamais. En plus, les opérations peuvent se faire à partir du répertoire téléphonique et là, je ne manquerai pas de souligner toutes les difficultés qu’il a fallu surmonter pour réussir cette seule opération de contact via le répertoire, entre autres opérations techniquement aussi difficiles et délicates qui ont été réalisées, pour mettre ce projet sur pied.

Pour être performant et crédible, tout système doit être sécurisé. Qu’est-ce qui a été fait au Maroc quant à la sécurité du m-wallet interopérable?

Il faut savoir que le paiement mobile, comme n’importe quel autre moyen de paiement, doit obligatoirement être sécurisé. Sinon, il ne sera pas crédible et, donc, ne marchera pas, puisque personne n’aura confiance en un tel système. Donc, forcément, ce moyen est sécurisé. Et la sécurité est gérée conformément à des normes internationales connues qui, parfois même, sont des exigences. Un système comme le nôtre, par exemple, a été certifié par un certain nombre d’organismes internationaux qui sont venus l’auditer, pour ensuite attester de sa conformité aux normes et exigences internationales en matière de sécurité, mais également en matière de protection des données personnelles. Ainsi, je peux dire que le système de paiement mobile au Maroc est parfaitement conforme à toutes ces normes.

Y aura-t-il un quelconque impact sur la bancarisation qu’on tente aussi de booster?

Pas du tout. Aujourd’hui, la nouvelle loi bancaire a introduit un nouveau genre d’établissements de paiement, à savoir «les établissements de paiement» qui ne sont pas des banques. D’une part, ceci écarte la question de la bancarisation. D’autre part, ces établissements doivent contribuer à faciliter l’accès à un certain nombre de citoyens et à une grande frange de la société, aux services financiers, sans qu’ils soient, bancarisés. C’est, en quelque sorte, une pré-bancarisation. Ce système est ainsi fait de manière à répondre à deux choses aujourd’hui. D’abord, favoriser l’inclusion financière, en offrant à tout le monde la possibilité de bénéficier d’un bon nombre de services financiers. Puis, la réduction du cash. Laquelle réduction devient une tendance mondiale. Le cash finira forcément par disparaitre complètement de la circulation et notre pays est donc appelé à se préparer à une société sans cash.  

Propos recueillis par Hamid Dades

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