vendredi 17 août 2018

Aziz Rebbah : Ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable

«Aller vers de vrais programmes et projets qui permettent à l’Afrique de s’épanouir»

Que représente pour vous le Forum Crans Montana?

Tout d’abord, ce Forum de haut niveau confirme sa place pas seulement à l’échelle africaine, mais également à l’échelle internationale. En atteste la participation de plus de cent pays, dont 49 africains représentés à différents niveaux: des politiques, des économistes, des experts, mais aussi des anciens chefs d’Etat: France et Haïti… Ce qui fait de ce Forum une rencontre devenue depuis quelques temps incontournable. Par ailleurs, ce Forum confirme la place de la ville de Dakhla dans le radar international, en termes d’événement, mais aussi en termes d’attractivité.

Quelle est la place de Dakhla?

Elle est en train de devenir un pôle d’excellence, à l’instar des autres régions du Royaume, sachant que cette belle ville est devenue le point de jonction entre le Maroc et les pays africains subsahariens.

Quels projets à venir?

A travers cet événement, mais aussi à travers nombre d’infrastructures et de projets qui permettent au Maroc d’être connecté avec des pays africains subsahariens; et les projets lancés par SM le Roi Mohammed VI qui sont en cours de mise en œuvre sur le terrain.

Vous avez assisté et animé des panels…

Il y a eu effectivement un débat fructueux sur nombre de thématiques. Nous avons choisi la coopération Sud-Sud. Plus particulièrement, nous avons parlé de la sécurité dans sa globalité, surtout dans les domaines alimentaire et énergétique. Nous avons effectivement appréhendé la qualité des débats. Et nous avons évoqué certains points qui paraissent loin de la sécurité, entre parenthèses: l’urbanisation que connaît l’Afrique.

Quelle motivation?

Elle provient du fait que nous avons besoin d’avoir un développement urbain, pour éviter les erreurs commises par le passé.

Quelles erreurs?

A savoir qu’il ne faut pas créer des villes monstres. Il faut au contraire créer des villes gérables où la mobilité et la sécurité sont possibles, où l’on doit créer de l’emploi, éviter l’écart entre les villes riches et celles pauvres, aller vers la mixité intelligente, mettre en place des équipements qui répondent aux besoins, ceux des jeunes et des femmes plus précisément.

Qu’en est-il du débat sur la sécurité énergétique?

Un des éléments fondamentaux évoqués par les participants a été la sécurité énergétique.

Qu’est-ce qui dicte ce débat?

Le fait que l’Afrique a besoin de sécuriser l’approvisionnement du continent. Donc, d’une part, les différents pays ont besoin de répondre à la demande qui est aujourd’hui croissante et énorme, vu l’urbanisation et le développement économique. D’où la nécessité de sécuriser l’approvisionnement du continent africain. D’autre part, nous avons besoin de maîtriser l’énergie via deux points essentiels: avoir des partenariats pour bien importer, parce que nous importons une grande partie de nos besoins énergétiques; et aller vers la production locale en utilisant les ressources naturelles dont nous disposons: hydrauliques, solaires, éoliennes et autres. Donc, il y a énormément de potentiels en Afrique qui permettent de produire ne serait-ce qu’une partie de nos besoins en Afrique.

Ne faut-il pas appeler à maîtriser la consommation?

C’est nécessaire, du fait que la consommation est croissante. Il importe donc de se diriger vers une consommation verte qui impacte moins l’environnement et les budgets des Etats. Donc, l’Afrique a besoin d’avoir ce libre-échange, en termes d’électricité et même aller plus loin, à l’instar du vaste programme entre le Nigeria et le Maroc, le Gazoduc atlantique. L’Afrique a besoin de ces programmes qui permettent d’avoir une forte maîtrise de l’énergie dans le continent africain.

La valeur ajoutée du Message royal aux participants au Forum Crans Montana…

Il s’agit là d’un Message royal pragmatique qui insiste sur les fondamentaux de la coopération Sud-Sud et, plus particulièrement l’engagement de notre pays et l’appel à aller vers de vrais programmes et projets qui permettent à l’Afrique de s’épanouir.

Interview réalisée à Dakhla par Mohammed Nafaa

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