jeudi 17 août 2017

Mondialito : Inacceptable !

C’est fini. C’est terminé. La patience des Marocains est épuisée. Il n’en reste plus un gramme ! Ces «responsables» qui ne sont jamais responsables de rien ; leurs ratages qui coûtent si cher au pays –aux sens propre et figuré- et pour lesquels seuls les lampistes paient, a posteriori, sans jamais que soit remis en cause leur propre laxisme, en amont ; ces fautes graves dans la gestion de la chose publique, sur lesquelles personne ne rend jamais de véritables comptes aux citoyens, les préjudices étant traités avec une désinvolture à s’arracher les cheveux… Tout cela ne passe plus aussi facilement que se l’imaginent ces «responsables». Pour les Marocains, si fortement sollicités aux urnes, les redditions de compte ne sont pas à exiger des seuls gestionnaires de banques publiques et autres groupes financiers à participation étatique… Les responsables politiques sont les premiers à devoir s’y soumettre. L’exigence est de plus en plus ferme.
Le ministre de la jeunesse et des sports, Mohamed Ouzzine, est en train d’en faire l’expérience.

L’opinion publique se déchaîne contre lui depuis la profonde humiliation subie par le Maroc, lorsque les médias du monde entier ont passé en boucle, deux jours de suite, les images du stade Moulay Abdallah de Rabat, où se déroulaient les premiers matchs du Mondialito (coupe du monde des clubs 2014). Un stade, littéralement transformé en piscine dans laquelle pataugeaient, glissaient et se percutaient, les joueurs des équipes de Cruz Azul et de Western Sydney Wanderes, opposées en quarts de finale, samedi 13 décembre dernier, en fin de journée.
L’opinion publique se déchaîne et elle a bien raison. Ce qu’il s’est passé -et qui nous a tous couverts de honte- est inacceptable !
Inacceptable qu’il arrive une telle chose à un complexe sportif qui vient d’être rénové, engloutissant quelque 220 milliards de Dirhams (22 millions de dollars).
Inacceptable que cela arrive dans une compétition internationale –hélas, mille fois hélas, le Mondialito- alors qu’à ce genre d’occasions, la vigilance est décuplée, car il y va d’une appréciation que le pays traînera comme un boulet et qu’il verra resurgir à chacune de ses velléités de candidature pour l’organisation d’autres événements sportifs (la coupe du monde 2026, par exemple…).
Inacceptable, aussi et tout autant, la gestion de la «catastrophe», le plus humiliant étant de voir ce match se dérouler coûte que coûte, alors que se précipitait sur les lieux un personnel hagard, armé de vieux sceaux de peinture, de ridicules éponges et de «kerrata» (raclettes) de femmes de ménages, espérant, avec ces moyens dérisoires, venir à bout des trombes d’eau tombées du ciel et que les travaux ratés de canalisation faisaient impitoyablement remonter à la surface… Tout ceci, bien sûr, fidèlement retransmis par les médias nationaux et internationaux.
Inacceptable, enfin, la réaction du ministre de la jeunesse et des sports, Mohamed Ouzzine, dont le département est le premier responsable du déroulement du Mondialito au Maroc (puisque c’est lui qui coiffe le secteur), que l’on a vu moins prompt à tirer les conséquences du ratage notoire qu’à s’en prendre à tout le monde et à n’importe qui… A la société chargée de la pelouse ; à celle chargée du drainage ; à la malchance qui l’a contrarié, lui qui voulait que le stade de Rabat aussi accueille le Mondialito ; aux médias qui en ont parlé (comme s’ils pouvaient ignorer un tel fiasco) et aux citoyens qui demandent des comptes…
Le fait est que le ministre peut bien dire ce qu’il veut. Ce qu’il apparaît de plus clair aux yeux des Marocains, c’est que la responsabilité, pour tout ce qui concerne le sport, incombe à son département et donc à lui-même qui aurait dû prendre toutes les précautions nécessaires ; et que la honte finale, l’humiliation, le coup terrible –résultant de sa négligence- ont été pour le pays.
Et c’est cela qui est, par-dessus tout, impardonnable !

Bahia Amrani

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