mercredi 16 août 2017

Maghrebo-sceptiques…

Quand on voit l’état actuel du Maghreb, l’affligeant tableau nous assène une seule certitude, c’est qu’on n’est pas près d’en fêter l’union.
Sentiments d’amertume et de rage… Mais, nous sommes nombreux à l’affirmer: le Maghreb n’est pas pour demain. Rien ne nous y prépare aujourd’hui. Bien au contraire, tout nous en éloigne.
Et ce n’est pas le nombre de conventions que les Etats-membres ont -ou n’ont pas- signées qui pose problème. C’est bien plus profond que cela, bien plus grave…

Le Maghreb n’est pas pour demain, parce que les mentalités n’ont pas encore évolué, dans cette région du monde.
On en est encore à nous livrer des guerres d’un autre temps, d’une autre époque.
Que ce soit à l’intérieur d’un même Etat, comme on le voit avec les jihadistes de différentes obédiences qui rêvent de nous ramener à l’ère d’avant la civilisation.
Ou entre Etats voisins, comme l’illustre le cas de l’Algérie et du Maroc.
Des guerres d’un autre temps qui engloutissent des moyens colossaux et une énergie de toutes les secondes, alors que les peuples maghrébins attendent tant de leurs Etats !
Des guerres d’une autre époque où l’on s’ingénie à saper les fondations sur lesquelles reposent de fragiles équilibres, au moment où il est demandé de les raffermir, de les consolider…
Un Maghreb, pourquoi faire ?
On nous dit qu’il aura l’avantage de nous permettre de constituer un seul front face à nos puissants partenaires mondiaux. Mais de quelle union peut-on parler quand nous n’avons même pas réglé nos problèmes internes ? Ceux que nous avons, chacun chez soi et ceux des uns avec les autres…
En Tunisie, cette semaine, le Roi du Maroc qui s’exprimait devant l’Assemblée constituante tunisienne a plaidé pour une union des pays du Maghreb, avec toute la foi qui est la sienne en cet idéal. La Tunisie, elle, rêve de réunir sur son sol un Sommet des chefs d’Etat de la fantomatique UMA (Union du Maghreb arabe). A l’issue du volet officiel de la visite royale, un communiqué commun a annoncé la réunion de ce Sommet avant la fin de l’année (2014) et appelé à bien la préparer…
Cette ténacité ne peut être que saluée, mais cela fait bien longtemps que le scepticisme l’a emporté sur l’espoir… Au Maghreb, les Etats peuvent se porter garants de leurs engagements bilatéraux. Par contre, il leur est quasi impossible de répondre de l’engagement de tous.
Un Sommet des Etats du Maghreb, cela fait renaître l’espoir d’une Union maghrébine… Mais, pour se réunir, il faut être prêt à construire quelque chose ensemble. Les pays du Maghreb ne sont pas prêts à construire leur Union. Ils ont essayé d’avancer plus d’une fois et ont échoué. Depuis, chacun campe sur ses positions.
Le fait est que les «comas» récurrents de l’UMA ont grossi les rangs des Maghrebo-sceptiques. L’UMA est née en février 1989 ; aucun Sommet des chefs d’Etats du Maghreb ne s’est tenu depuis 20 ans (depuis 1994) ; et en un quart de siècle, rien de transcendant n’a été fait pour l’union des peuples du Maghreb ! Les Maghrebo-sceptiques restent donc… Maghrebo-sceptiques… Avec le risque de devenir même «Maghrebophobes».

Bahia Amrani

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Un commentaire

  1. Faut être sérieux! Comment faire une union avec une monarchie trafiquante de drogue, pourrie et corrompue ? Si votre voisin est un criminel, trafiquant de drogue, dealer vous le fréquenteriez ? Non bien sûr!

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