mardi 24 octobre 2017

Parlement : Fin de la course au perchoir

Karim ghellab rachid talbi alami parlement maroc avril 2014

Au terme d’une course effrénée à la présidence de la Chambre des représentants, la majorité gouvernementale a réussi à faire passer le candidat (RNI), Rachid Talbi Alami qui s’est installé au perchoir. Karim Ghellab a été le premier à l’en féliciter. «Une victoire de la démocratie», a commenté Abdelwahed Radi (USFP).
C’était sans surprise que le candidat de la majorité, le RNIste et ex-ministre, Talbi Alami, l’a emporté haut la main, par 225 voix et sans recourir à un second tour, sur le jeune président sortant, l’Istiqlalien Karim Ghellab. Celui-ci a obtenu 147 voix, soit une différence de 78 voix (et 20 bulletins nuls). Talbi Alami devient ainsi président de la Chambre des représentants pour la seconde moitié de la 9ème législature 2011-2016.

Le retour de Radi

C’est à l’USFPéiste, le doyen et le plus âgé des députés, Abdelwahed Radi, qu’incombait la mission de présider cette élection. Les consignes des patrons des partis de la majorité ont porté leurs fruits: l’Hémicycle a affiché complet. Les députés ont donc répondu présents avec, comme mot d’ordre, la nécessité de voter pour garantir la victoire du candidat de la majorité. Au total, ce sont 372 voix (majorité et opposition) qui se sont exprimées ce jour-là et 20 bulletins nuls.
Dans un climat fair-play (accolade entre Talbi Alami et Ghellab et entrée de l’ex-président de la Chambre des représentants et RNIste, Mustapha Mansouri, salué chaleureusement par l’ensemble des députés), l’élection s’annonçait plutôt sereine et sans ombrage, même si Radi peinait au début à amener les députés à regagner leur place, afin de lancer l’élection. Il usa donc d’une ruse -il n’est pas doyen pour rien!- dont seuls les vétérans ont le secret: il demanda d’entamer la lecture du Coran, ce qui a eu pour résultat immédiat de faire revenir le calme.

La touche personnelle du doyen

Durant le vote, il s’est avéré que les membres de la commission chargée de veiller au grain sur le déroulement de cette opération n’étaient pas tout à fait expérimentés, ce qui amena Abdelwahed Radi à intervenir pour corriger la trajectoire. Il est même allé jusqu’à réprimander un membre de la commission, l’Istiqlalien Mansour M’Barki, le sommant d’un «dir choughlak wa skout» (fais ton travail et tais-toi) ou encore «Si j’avais voulu dire quoique ce soit aux votants, je n’aurais pas attendu que tu le fasses à ma place. Qui t’a permis de parler?». Déconcerté, Radi est même descendu du haut de son perchoir pour mettre sa touche personnelle. Le vote s’est donc déroulé sans problèmes, sauf peut-être la tentative de l’Istiqlal d’essayer d’épingler un député de la majorité qui a montré à un de ses collègues la couleur de son vote. Les Istiqlaliens ont vite fait de photographier le geste (jugé immoral), mais ils n’en ont rien tiré…

Triomphe de la démocratie

Sûre de la victoire de son candidat Rachid Talbi Alami, la majorité n’a pas attendu la fin du tri des bulletins par la commission. Ce sont des députés PJD qui ont annoncé la victoire de Talbi, ce qui n’a pas été du goût de leurs pairs de l’opposition.
Du haut du perchoir et s’adressant à l’assistance, Radi a précisé: «Aujourd’hui, c’est la démocratie qui a triomphé. Nous en avons pour preuve que le premier à avoir félicité Talbi Alami, qui est l’heureux vainqueur de cette élection, est bel et bien Karim Ghellab». Il demanda alors au nouveau président de la Chambre des représentants de rejoindre sa place sur le perchoir. Dans une courte allocution pour la circonstance, Talbi, en orateur accompli, a lancé: «Nous avons tous réussi en mettant au point un moment démocratique qui a enrichi la démocratie marocaine». L’orateur n’a pas omis de féliciter tout le monde: Radi qui a honoré cette élection de sa présidence, Karim Ghellab pour le mandat honorable qu’il a rempli lors de sa présidence de la Chambre des représentants et tous les présidents qui se sont succédé, y compris le RNIste Mustapha Mansouri, aujourd’hui dans la majorité.

Guerre des clans

Majorité et opposition se sont déclaré la guerre par Karim Ghellab (PI) et Rachid Talbi Alami (RNI) interposés. Ils ont mené une campagne électorale musclée qui n’a pas dit son nom. Le premier a bénéficié du soutien explicite des partis de l’opposition dans la bataille qu’il a menée contre son adversaire du RNI, Talbi Alami, seul candidat de la majorité. Le deuxième s’est vu conforté par l’appui de la majorité. Les quatre chefs de file de la coalition gouvernementale ont tenu une réunion élargie avec tous leurs députés, histoire de ne rien laisser au hasard et de réunir le maximum de conditions possibles pour hisser leur candidat au perchoir. Le patron du PJD et chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a même menacé de démissionner en cas de victoire du candidat de l’opposition, Karim Ghellab, sachant quand même que la majorité bénéficiait d’une force arithmétique à même de favoriser son candidat Talbi Alami. Ce qui montre que la majorité craignait la force tranquille du candidat de l’opposition.
Cette dernière compte 175 députés, face à une majorité de 220 députés, ce qui fait une différence de 45 parlementaires. Optimiste et combatif, Karim Ghellab a mené sa bataille en réunissant autour de lui l’ensemble des partis de l’opposition. Tambour battant, il a consulté ses pairs et constitué une réelle menace pour le candidat Talbi Alami. Il était normal, nous a confié un député istiqlalien, que Ghellab entre en lice. Et d’ajouter: «Laisser le terrain au seul candidat de la majorité n’aurait pas été démocratique». Même son de cloche chez Ghellab qui a déclaré lors d’un point de presse: «Il ne faut pas que la question de la présidence soit décidée avant même le vote». Il répondait ainsi à la majorité qui avait dit qu’elle avait promis au RNI de soutenir son candidat.
L’actuelle session parlementaire sera consacrée au renouvellement des structures de la Chambre des représentants, thématique dont l’ex-président Karim Ghellab avait fait son cheval de bataille.

Mohammed Nafaa
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L’opposition aurait voté pour le candidat de la majorité


Tout de suite après l’annonce du haut du perchoir, par Abdelouahad Radi, doyen des parlementaires, des résultats du vote pour l’élection du nouveau président de la Chambre des représentants donnant pour gagnant Rachid Talbi Alami, le bouche à oreille est allé bon train au sein de l’Hémicycle. On a appris alors que nombre de députés de l’opposition auraient voté pour le candidat RNI à la présidence de la première Chambre. Par ailleurs, on a enregistré l’absence de plusieurs députés USFP et PAM.
Il s’avère ainsi que les députés de plusieurs formations politiques n’auraient pas respecté à la lettre les consignes données par les secrétaires généraux de leurs formations politiques respectives.

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