vendredi 22 mars 2019

Paiement mobile : Des comptes ouverts par qui et pour qui ?

Les comptes de paiement vont sûrement constituer un relais de croissance pour les opérateurs qui comptent les proposer. Il reste à préciser les règles économiques du système, notamment, les règles de partage des commissions.

Dans ce cadre, il appartient à chaque établissement d’agir selon son propre business model, qui ciblera une catégorie précise de clientèle. Ainsi, le recrutement des clients se fera à travers des agences propres, ainsi que des agents, dont des agents détaillants comme les épiciers, chez qui l’on pourra ouvrir des comptes de paiement de type 1.

Il est à noter que les circulaires de BAM énumèrent les types de comptes de paiement qui pourront être ouverts chez les nouveaux «établissements de paiement», nouveaux opérateurs non bancaires qui seront habilités, en complément des établissements de crédit, à ouvrir des comptes et à offrir des services de paiement pour leur clientèle. Ces comptes sont au nombre de trois.

Il s’agit des comptes de paiement «niveau 1», dont le plafond maximum ne doit pas dépasser un montant de 200 DH. L’ouverture de ces comptes nécessite que le client ait un numéro national de téléphonie mobile. Ensuite, les comptes de paiement de «niveau 2», dont le plafond ne doit pas être supérieur à 5.000 DH. L’ouverture du compte donne lieu au renseignement d’une fiche d’ouverture de compte au nom du titulaire, sur présentation d’un document d’identité officiel (en cours de validité, délivré par une autorité marocaine habilitée ou une autorité étrangère reconnue), portant la photographie du client et dont une copie est annexée à cette fiche. Enfin, les comptes de paiement de «niveau 3», dont le plafond maximum ne doit pas dépasser 20.000 DH. L’ouverture du compte se fait suite à un entretien avec le titulaire du compte, en vue de recueillir tous les renseignements nécessaires pour vérifier son identité, notamment le document d’identité officiel fourni pour l’identification, ainsi qu’un justificatif de domicile.

Contrairement aux comptes de dépôts ouverts sur les livrets des banques, ces comptes sont plafonnés et ne donnent pas droit à la délivrance d’un chéquier, ni la possibilité d’avoir un crédit (y compris le découvert).

Pour BAM, la finalité est qu’un compte de paiement constitue une première étape d’inclusion financière et un outil de familiarisation des personnes, pour la plupart non bancarisées, aux services de paiement.

Ainsi, la mise en place des établissements de paiement a principalement pour but de permettre l’instauration d’un environnement favorisant l’innovation, la création d’un marché concurrentiel des services de paiement et la démocratisation des opérations de paiement, notamment à travers les services financiers mobiles; de sorte à capter une population peu desservie aujourd’hui. De leur côté, les banques ont également la possibilité d’offrir le même type de service.

Afin de garantir la réussite de l’adoption de cette solution, BAM est en train d’affiner, avec les différentes parties prenantes, un ensemble d’incitations, notamment d’ordre fiscal. Incitations qu’impose la difficulté de recrutement des clients. L’opération est menée en rude concurrence avec le cash qui, dans l’esprit de la plupart des utilisateurs, est sans coût, alors qu’en réalité et en chiffres, sa gestion coûte globalement pour l’ensemble de l’écosystème près de 1% du PIB chaque année. Lors du recrutement des clients et des commerçants, il faudra donc leur montrer les avantages qu’ils auront en utilisant les comptes de paiement et le paiement mobile.

Par ailleurs, les fonds collectés par les établissements de paiement seront déposés auprès des banques et rémunérés selon les conditions convenues entre la banque et l’établissement de paiement. Dans ce sens, «ces comptes ont été protégés par le législateur qui a prévu un mécanisme fort pour leur protection. Ils n’appartiennent pas aux banques et ne rentrent pas dans les actifs de liquidation en cas de défaillance, les fonds inscrits étant affectés au remboursement des titulaires des comptes de paiement», assure-t-on du côté de BAM

HD

Voir aussi

Forum des femmes journalistes d’Afrique : «Les Panafricaines» discutent des migrations africaines

Salim Cheikh, DG de 2M, à l’ouverture du Forum «Les Panafricaines» Après une première édition …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.