mardi 11 décembre 2018

INDH : Un troisième essai pour une réelle relance

En 2005, afin d’entamer la lutte contre la pauvreté et la précarité, Sa Majesté le Roi a lancé une initiative qui fait date: un chantier de règne venu couronner les efforts du Maroc quant à la marche du développement lancée peu d’années auparavant; et le courage du pays qui fut alors l’un des rares au monde à réaliser, non sans complexe, sa carte de la pauvreté. L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) était alors lancée. Un premier bilan d’étape a été dressé en 2010, soit cinq ans après le lancement de cette Initiative de génie. Un bilan satisfaisant, mais qui a quand même levé le voile sur un ensemble de manquements et de lacunes qu’il fallait encore combler. Une deuxième phase a été ensuite lancée sur de nouvelles bases et de nouvelles orientations, puisque la première avait permis de cibler et de définir les sources du mal et de s’y attaquer. En dépit encore de quelques dysfonctionnements et de dérapages, la deuxième phase a connu la mise en place d’une stratégie bien définie du développement humain, de ses dimensions et de ses perspectives. Les résultats probants n’ont pas toujours suivi et l’initiative demeurait en deçà des attentes et des acquis escomptés, malgré de grandes réalisations. Le point en a d’ailleurs été fait et Sa Majesté Mohammed VI vient de lancer la 3ème phase de l’INDH. Outre le fait que cette nouvelle phase va consolider les acquis et les réalisations des deux premières phases, dans le domaine social notamment, elle s’inscrit en droite ligne dans la vision royale de placer la période à venir sous le signe du social.

En effet, comme tout autre pays, le Maroc connaît des inégalités et des disparités sociales. Mais il a consacré ses dernières années à l’introduction de plusieurs réformes et à la mise en œuvre de moult projets, pour lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités. A la tête de ces actions se trouve, depuis 2005 déjà, l’INDH. Puis en 2012, le Compte spécial du Trésor, communément appelé «Fonds d’appui à la cohésion sociale», a été créé. S’ajoutent à cela, la mise en place de l’initiative du «Registre Social Unique», le redressement des anomalies qui ont entaché l’exécution du RAMED et l’élargissement de la couverture médicale de base pour englober tous les travailleurs indépendants, les étudiants, les personnes non-salariées exerçant une activité libérale et les parents des assurés de l’Assurance maladie obligatoire du secteur public géré par la CNOPS. Et dans la continuité, le lancement de la 3ème phase de l’INDH.

Les nouveautés de la 3ème phase

Depuis son lancement et jusqu’à aujourd’hui, l’INDH a bien marqué la marche du développement. Cependant, les deux premières phases ont été entachées d’anomalies, quant à la conformité de certains projets avec la vision royale du chantier dans sa globalité et sa durée dans le temps. Certes, d’’importants et positifs résultats ont été obtenus lors des précédentes phases de l’Initiative, notamment au profit des jeunes, des catégories défavorisées et des femmes, à travers des projets et des initiatives lancés depuis 2005.Mais cela n’a pas empêché de relever des dysfonctionnements et anomalies ici et là et beaucoup de reproches observés quant à l’efficacité de certaines actions inscrites dans le cadre de l’Initiative.

D’où le fait que cette 3ème phase, au-delà du fait qu’elle viendra corriger les erreurs, s’inscrira dans une nouvelle dimension. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de pragmatisme et de réalisme qu’il faudra faire face aux problèmes de la jeunesse que le Souverain a qualifiée de «vraie richesse du pays», ainsi qu’aux questions de l’emploi, de la formation et des conditions sociales et économiques des citoyens.

Ainsi, élaborée conformément aux Hautes instructions royales, la 3ème phase de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH 2019-2023) vise essentiellement à consacrer les valeurs de justice sociale et de dignité, tout en se projetant dans l’avenir à travers l’adoption d’une approche globale basée sur quatre programmes cohérents et complémentaires garantissant la participation de tous les acteurs sociaux.
Il s’agit du programme de résorption du déficit enregistré en matière d’infrastructures et de services de base dans les zones les moins équipées, du programme d’accompagnement des personnes en situation de précarité et du programme d’amélioration des revenus et d’intégration économique des jeunes, ainsi que du programme d’appui pour le développement humain des générations montantes.

La nouvelle phase de l’INDH vise essentiellement à réaliser un développement humain et social durable garantissant les valeurs de la dignité, d’équité et de solidarité et porteur d’espoir, notamment auprès des générations montantes grâce à des programmes ambitieux. Cette phase ambitionne, prioritairement, de  préserver et consolider les acquis, avec une réorientation des programmes de manière à promouvoir le capital humain et les conditions des générations montantes et à soutenir les catégories précaires, outre l’adoption d’une nouvelle génération d’initiatives génératrices de revenu et créatrices d’emplois.
Il est à rappeler que l’INDH, lancée par SM le Roi Mohammed VI le 18 mai 2005, jouit de la confiance des citoyens et de l’admiration de la communauté internationale, en tant que fruit d’une innovation marocaine au service du développement humain, dont l’objectif ultime est de réaliser la justice sociale et territoriale et de préserver la dignité du citoyen.

En effet, les deux premières phases de l’INDH ont accordé un intérêt particulier à la lutte contre la pauvreté dans le milieu rural, la lutte contre l’exclusion sociale dans le milieu urbain, la lutte contre la précarité, la réhabilitation territoriale et le renforcement des infrastructures et des services de base.
Ce chantier royal, dont le coût global des projets réalisés est estimé à 43 MMDH, dont une contribution de l’INDH de l’ordre de 28 MMDH, a été mis en œuvre entre 2005 et 2018 en deux phases, à travers l’adoption de 4 principaux programmes, ainsi qu’un programme supplémentaire entré en vigueur en 2011. Dans le cadre de l’INDH, il y a lieu de noter aussi qu’un total de 43.000 projets et activités ont été réalisés au cours de la période 2005-2017.

Hamid Dades

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