mardi 25 juin 2019

INDH : Non à la mentalité d’assisté !

L’INDH est une réponse pour lutter contre la pauvreté. Une réponse qui fait la différence en ne cultivant pas la mentalité d’assisté… Malgré quelques couacs.

Entre les riches et les pauvres, le fossé reste flagrant. Oxfam tire d’ailleurs la sonnette d’alarme sur les conséquences des inégalités de plus en plus criantes entre les plus riches et les plus pauvres.

L’ONG  internationale souligne des écarts accentués entre les revenus, mais également des inégalités, notamment en matière d’accès aux services. Et elle interpelle les dirigeants politiques et économiques sur ces inégalités qui tendent à se creuser entre les riches et les pauvres. Le Maroc n’est pas en reste, puisque, en dépit des avancées accomplies sur le plan social et économique, un creusement  prononcé est constaté aussi bien en milieu urbain que dans le monde rural. En effet, certaines régions rurales plongent encore dans la pauvreté, malgré les programmes qui y ont été mis en œuvre. C’est d’ailleurs, partant de ce constat, que l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), lancée par le Souverain le 18 mai 2005, a dressé un état des lieux de la problématique au Maroc.

L’Initiative s’est surtout fixé comme objectif de déployer les efforts et les moyens pour lutter contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, notamment à travers des projets générateurs de revenus en faveurs des couches sociales les plus défavorisées. Il faut dire que ce qui caractérise cette action sociale, c’est qu’elle ne consiste pas uniquement à apporter une aide financière aux gens démunis pour réaliser des projets, mais elle implique également les bénéficiaires en les associant à toutes les étapes de la réalisation de leurs projets.

Ainsi, des dizaines de projets INDH ont été réalisés dans le cadre de la première et de la deuxième phase de l’INDH. Mais la lutte contre la pauvreté et les inégalités s’est avérée compliquée. Au mois de septembre, une troisième phase de l’Initiative Nationale de Développement Humain (2019-2023) a été lancée officiellement, lors d’une cérémonie présidée par le Roi Mohammed VI à Rabat.

La matérialisation de cette 3ème phase de l’INDH a d’ailleurs été récemment au centre de plusieurs réunions tenues par les comités techniques, au niveau de plusieurs provinces. Objectif: présenter et discuter les objectifs programmés dans le cadre de la troisième tranche de cette action sociale, laquelle doit se poursuivre, pour remédier à une partie du déficit relevé par la carte de pauvreté multidimensionnelle, notamment en ce qui concerne l’accès aux infrastructures et aux services de base. Lors de ces réunions, des projets inscrits dans le cadre de l’INDH ont été examinés et approuvés.

Ceci dit, il est à souligner que certains projets de développement ne voient pas le jour. Des commissions d’enquête dirigées par l’Inspection générale de l’administration territoriale (l’IGAT) et l’Inspection générale des finances (IGF) se sont intéressés aux irrégularités ayant entaché plusieurs dizaines de projets financés par l’INDH. Leurs enquêtes ont  révélé l’implication de hauts responsables administratifs locaux, accusés de «détourner» les fonds de l’Initiative. Selon des sources bien informées, les walis et les gouverneurs enquêtent depuis un certain temps sur des dizaines projets financés dans le cadre de l’INDH. L’administration centrale du département de l’Intérieur insiste auprès des walis pour examiner et étudier la régularité des procédures suivies lors de la sélection des projets financés par l’INDH, précise les mêmes sources.

Si le programme INDH semble apporter des solutions à la précarité, sur le terrain, il rencontre de nombreuses difficultés. Certaines associations à but lucratif -qui ont leurs propres recettes- auraient même profité -à tort- d’une partie de l’argent octroyé par l’INDH, alors que cet argent devait aller aux pauvres, nous a confié un élu à Casablanca.

Naîma Cherii

3,9 millions de Marocains dans la précarité

Le Maroc compte 3,9 millions de pauvres, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). C’est ce que dévoile la cartographie de la pauvreté multidimensionnelle qui fait savoir que, sur ce total, quelque 2,3 millions de personnes subissent la pauvreté multidimensionnelle et 1,2 million d’individus sont touchés par la pauvreté monétaire. Ils sont 463.000 personnes qui souffrent des pauvretés multidimensionnelle et monétaire, soit 1,4% de la population. Le noyau dur de la pauvreté est plus accentué en milieu rural qu’urbain. Il s’élève à 3,2% dans les campagnes, contre 0,2% dans les villes. Cette situation frappe particulièrement des zones comme Draâ-Tafilalet (3,7%) et Béni Mellal-Khénifra (3,5%). Au niveau des provinces, cette double pauvreté est plus importante à Azilal (10,4%), suivie de Figuig (8,6%), Midelt (6,2%) et Tinghir (5,7%). L’étude confirme que la pauvreté au Maroc reste un phénomène rural. L’étude du HCP souligne que l’effectif global de la population en situation de pauvreté multidimensionnelle est passé de 7,5 millions personnes en 2004 à 2,8 millions en 2014, soit un passage de 25% à 8,2% entre les deux périodes à l’échelle nationale. Au niveau territorial, la cartographie précise: «La moitié des régions enregistrent un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale, fixée à 8,2%». Béni Mellal-Khénifra est la collectivité la plus pauvre, avec un taux de 13,4%, suivie de Marrakech-Safi, avec 11,3%. Cette dernière abrite le plus grand nombre de pauvres au Maroc.

Pour la Banque mondiale

il y a progrès, mais…

Selon le rapport 2018 de la Banque mondiale, la pauvreté aurait fortement diminué au Maroc, entre 2007 et 2014. Dans ce document, l’institution souligne la pertinence des efforts du Maroc dans la lutte contre la pauvreté. Cependant, les prévisions fondées sur le PIB par habitant indiquent que la réduction de la pauvreté se poursuivra, mais à un rythme beaucoup plus lent. En utilisant les seuils de pauvreté internationaux de 1,9 dollars (seuil d’extrême pauvreté) et de 3,2 dollars (seuil de pauvreté des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure), le rapport indique que la pauvreté a baissé de plus de moitié, passant respectivement de 3,2% à 1% et de 17% à 7,5%. De plus, l’extrême pauvreté a presque disparu du Maroc en 2014, précise la Banque mondiale.

L’écart entre le rural et l’urbain, toujours là !

La moitié des Marocains se considèrent pauvres. C’est ce que révèle le nouveau rapport de l’Observatoire national du développement humain qui indique, toutefois, que le niveau de vie de la population s’est amélioré de 2,2% annuellement, entre 2012 et 2017. Le rapport souligne que le monde rural a connu une amélioration de l’ordre de 3,5% par an, alors que le monde urbain n’a pas dépassé 1,2%. Néanmoins, la même source estime que le déficit social reste important entre le rural et l’urbain où le niveau de vie est deux fois élevé à celui du premier, selon le rapport. Lequel souligne que, malgré l’amélioration de ces indicateurs, 50,1% des ménages se considèrent toujours pauvres, alors qu’en 2012, le chiffre avoisinait les 46,6%.

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