lundi 17 juin 2019

Faire ses courses, payer ses factures, transférer de l’argent…

Désormais, tout ça est possible

Juste avec le téléphone

Bank Al-Maghrib (BAM) et l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) se sont associées pour mettre au point, puis en service un nouveau moyen de paiement par téléphone mobile, appelé «m-wallet». Un moyen de paiement nouvelle génération qui va permettre de réaliser, de manière électronique et dématérialisée, des opérations de paiement de commerçants, de transferts d’argent de personne à personne, ainsi que des opérations de retrait et de dépôt d’espèces…

Qu’est-ce que le m-wallet ou mobile paiement, quel en est l’intérêt, qui en profitera et qui interviendra dans ce domaine? Autant de questions qui se posent, aujourd’hui, après la mise en service de ce nouveau mode de paiement voulu facile, pratique et visant à réduire, autant que faire se peut, la circulation du «cash»…  

A  l’occasion du lancement de ce nouveau moyen de paiement, Abderrahim Bouazza, Directeur général de BAM, a fait savoir: «Le paiement mobile domestique est un nouveau projet qui va être déployé sur le plan national et un instrument qui va faciliter certaines opérations quotidiennes du citoyen marocain». 

Depuis le mois de juin dernier, ce moyen a été testé, de manière individuelle, par des banques de la place, notamment le CIH via «WePay», la BP avec son wallet «B-Pay», le GCAM, avec «Beztam-E», ou encore AWB à travers sa filiale Wafa Cash et son wallet baptisé «Jibi». 

Le lancement officiel par la banque centrale, alliée à l’ANRT, arrive avec une nouveauté  apportée à cet outil qui est, comme indiqué par le DG de BAM, «l’interopérabilité». Celle-ci va permettre, selon Bouazza «l’accès à divers services financiers, indépendamment du choix de l’opérateur ou de la banque». Et d’expliquer: «Le titulaire d’un téléphone mobile, qui a déjà un compte auprès d’une banque ou auprès d’un établissement de paiement, peut transférer de l’argent à un bénéficiaire. Il peut également payer ses achats auprès d’un commerçant en utilisant le m-wallet qui se trouve au préalable dans son téléphone portable», notant qu’«il suffit donc au titulaire du compte d’intégrer dans son téléphone le numéro de téléphone du bénéficiaire, afin que l’opération soit effectuée instantanément, en temps réel et de manière électronique». 

Dans ce sens, BAM a édicté une décision réglementaire qui prescrit des mesures concernant la protection des usagers de cet instrument de paiement, a poursuivi Abderrahim Bouazza, faisant savoir qu’il suffit de compléter la table de correspondance entre les numéros de téléphone et les m-wallet, afin que l’écosystème puisse démarrer avec les établissements qui seraient prêts à déployer ce nouvel instrument dans les jours qui viennent. 

Pour sa part, le Directeur général de l’ANRT, Azelarab Hassibi, a expliqué que cet outil de paiement implique toutes les couches sociales du Maroc. Il a mis l’accent sur l’importance du choix du numéro mobile en tant que vecteur de cette nouvelle solution qui s’inscrit dans la stratégie digitale du Royaume.

Il a également indiqué que les utilisateurs visés par le paiement mobile ont tous été associés, lors de la conception de ce système, notamment les commerçants et ce, à travers une dizaine de focus groupes qui ont adopté une attitude positive face au paiement par téléphone mobile. 

Particularités du m-wallet 

Le m-wallet peut ainsi être émis sur un compte tenu soit par un établissement de paiement, soit par une banque. Il permet de réaliser, de manière électronique et dématérialisée, plusieurs opérations, dont notamment les transferts d’argent de personne à personne (P2P), les opérations de Paiement commerçant, le retrait (Cash out) et le dépôt d’espèces (Cash in).   

Le détenteur d’un «m-wallet» peut réaliser ces opérations en renseignant le numéro de téléphone du bénéficiaire, lui-même devant être détenteur d’un m-wallet et ce, quel que soit l’établissement qui tient le compte de ce bénéficiaire.

Les travaux de mise en place de cette nouvelle solution de paiement, qui ont été menés en concertation avec les acteurs concernés pendant près de deux ans, ont permis d’arrêter un ensemble de règles de place nécessaires à son bon fonctionnement. A cet effet, Bank Al-Maghrib a édicté, une Décision réglementaire qui prescrit également des mesures concernant la protection des usagers de cet instrument de paiement.   

Ce nouveau moyen de paiement par téléphone mobile, lancé en coordination avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les banques, les établissements de paiement, les opérateurs télécoms et HPS Switch, vise à faciliter l’accès aux services financiers, au profit des populations pas ou peu desservies et à réduire le recours au cash et le coût de sa gestion, favorisant ainsi l’inclusion financière et le développement de l’économie numérique. 

Pour un usage simple et intuitif  

Les spécifications techniques prises en compte, afin de rendre l’usage de cet outil simple et intuitif, résident d’abord en un identifiant unique basé sur le numéro de téléphone, utilisé pour toutes les étapes de la transaction. Ceci assure une identification claire, prévient les fraudes et permet l’accès au compte bancaire ou compte de paiement déjà alimenté électroniquement (virements, salaires) ou par dépôts. L’outil donne également accès à des solutions de transferts (de particulier à particulier, virement de salaires, réception de prestations sociales…). Il permet aussi d’effectuer des opérations de paiement (commerce de détail, paiement des factures/impôts, transferts, paiement internet, recharge téléphonique, paiement des fournisseurs…), ainsi que les opérations de cash-in et cash out, à travers le réseau de GAB ou d’«agents» (commerçants). 

L’interopérabilité permettra de s’affranchir des barrières entre les différentes solutions, en ce sens que l’utilisateur sera en mesure d’effectuer un paiement ou un transfert à un particulier ou commerçant, indépendamment de l’établissement de paiement/banque émetteur du wallet.   

Il est à noter, enfin, qu’en dehors des règles de place, chaque acteur gardera la liberté de positionner son offre comme il le souhaite et de l’enrichir des services complémentaires de son choix. 

Toutefois, en plus de sa mission de supervision des banques et des établissements de paiement, Bank Al-Maghrib est l’autorité en charge, de par son statut, de la régulation et de la surveillance des systèmes et moyens de paiement. Elle veille, dans ce cadre, à la sécurité des moyens de paiement et à leur alignement aux normes internationales en la matière, en vue de maintenir leur crédibilité et la confiance du public.  

Hamid Dades

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