mercredi 23 août 2017

ONG nationales : L’Etat veut contrôler les sous !

Commission du dialogue national sur la societe civile

Transparence et bonne gouvernance, c’est ce que l’Etat exige dorénavant des associations de la société civile. Et pour ce faire, il prévoit un meilleur contrôle de leur comptabilité tout en avouant la difficulté à cerner tout l’argent associatif.

L’Etat exige dorénavant sérieux et transparence de la part des associations de la société civile. Il s’engage, en ce qui le concerne, à plus de vigilance et de contrôle de leur action, comme de leur comptabilité et de leurs ressources financières.

C’est ce qu’a conclu la réunion de la Commission du dialogue national sur la société civile qui a mis en exergue, chiffres à l’appui, l’aide reçue par les associations de la société civile: 2,291 milliards de dirhams en 2011 et 1,86 milliard de dirhams en 2014. Des sommes faramineuses qui méritent de s’y pencher pour y voir plus clair, sachant qu’il existe actuellement 60.000 associations en exercice qui perçoivent une subvention totale de 300 millions de dirhams du budget public, c’est-à-dire de l’argent des contribuables; des subsides qui ne sont pas équitablement attribués, puisque 20% seulement de ces associations se partagent 80% des subventions. Cela veut dire, nous a confié le responsable d’une association de la société civile, que quelques centaines seulement d’associations se partagent la grosse part du gâteau et en privent la majorité des associations de manière irrationnelle.

Pour une meilleure gestion

Ismaïl Alaoui, président de la Commission nationale du dialogue national, a sonné l’alarme et appelé à une meilleure gestion de ces associations. Inaugurant un colloque sur le thème «Dialogue National sur la société civile et les nouvelle prérogatives constitutionnelles», il a souligné: «Nous devons nous rapprocher de plus en plus de la réalité de la situation financière des associations pour pouvoir mieux cerner le processus de distribution des subsides et ce qu’elles en font, c’est-à-dire la manière dont les subventions sont gérées».
«La société civile doit, pour profiter des subsides et autres soutiens financiers, mieux se structurer, mieux maîtriser sa gouvernance et veiller à la formation de ses cadres pour une meilleure rationalisation de ses finances», a encore souligné Ismaïl Alaoui.
Même son de cloche chez El Habib Choubani, ministre chargé des Relations avec le Parlement et Idriss Azami Idrissi, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget, qui ont rappelé que la transparence et la bonne gouvernance impliquent un droit de regard et une connaissance des origines et sources de financement des organisations, ainsi que de la gestion qu’elles en font, plus particulièrement quand il s’agit de deniers en provenance de l’étranger. Le représentant du secrétariat général du gouvernement était là pour soutenir les deux ministres. «En 2006, 88 associations ont déclaré avoir bénéficié de 77 millions de dirhams à titre de subsides de l’étranger», a-t-il affirmé, chiffres à l’appui.

Pas de rapport national

Le ministre Choubani a appuyé dans ses propos le représentant du Secrétariat général du gouvernement. Il a fait une déclaration époustouflante bien qu’elle n’ait surpris ni les intervenants, ni le parterre du colloque: «Nous ne disposons malheureusement pas, en tant qu’institutions gouvernementales ou sociétales, d’une idée précise sur les associations de la société civile et encore moins de quelque chose appelée rapport national sur le sujet, bien que le rapport de Driss Jettou insiste sur la nécessité de produire un tel document». Ainsi, a ajouté le ministre Choubani, le monde de l’argent reste obscur, à l’exception de chiffres dérisoires. «Les chiffres officiels dont nous disposons frôlent les 300 millions de dirhams», a dit Choubani avant de conclure sur la grande question de savoir comment est dépensé tout cet argent: «C’est sûr que cette rencontre nous aidera à nous faire une meilleure perception du dossier des associations de la société civile concernant l’argent en circulation».

Mieux contrôler la fortune associative

Les participants à ce colloque ont été unanimes à appeler à une meilleure connaissance de ce grand dossier vu l’importance de l’argent en circulation. Ils ont aussi appelé à une réforme et à une meilleure gouvernance de cette fortune associative, pour que l’Etat puisse en profiter. Il est inconcevable, a lancé un intervenant membre d’un parti de la majorité, «que l’Etat continue de distribuer autant d’argent du contribuable, bien que nous n’ayons de cesse d’exiger l’augmentation du soutien étatique aux associations, mais pas n’importe comment et surtout quand il n’y a ni contrôle, ni critères transparents de financement des programmes et chantiers des associations de la société civil».

Mohammed Nafaa

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