lundi 23 octobre 2017

«Massar» Belmokhtar persiste et signe

Manifestation contre almassar

L’agitation et la polémique qui ont accompagné le système «Massar» ont obligé le nouveau ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Rachid Belmokhtar, à sortir de ses tranchées pour défendre et légitimer un système informatique dont de nombreux concernés assurent qu’il est difficile d’accès. Le ministre promet et assure d’y remédier.

«Accompagner la vie scolaire des élèves à travers le suivi individuel de leur rendement, renforcer la vigilance éducative, dynamiser le soutien scolaire et améliorer les performances du sport scolaire». Tels sont quelques grands axes du système «Massar». Ce parcours a été conçu du temps de l’ancien ministre de l’Education nationale, Mohamed El Ouafa et est revisité, aujourd’hui, par l’actuel locataire de ce département tant critiqué. Coincé par les journalistes lors d’un point de presse à Rabat, Belmokhtar tente tant bien que mal de légitimer ce produit à la conception duquel il reconnaît ne pas avoir participé. En effet, en réponse à la question de savoir s’il avait apporté «Massar» dans sa poche, il précise: «Je ne suis venu au ministère que le 10 octobre 2013 et il est difficile de mettre au point ce projet en si peu de temps».
Le ministre Rachid Belmokhtar, arborant le sourire d’un homme satisfait de son parcours, atteste: «J’aurais pu vous dire aussi que je ne supervise pas ”Massar”. Mais je vous dirais que si le produit, qui est celui d’un ancien ministre, est bon, nous pouvons le garder pour sa qualité, sachant que tout programme ne peut être bon à 100%».

Effet de bombe

Parce que le système «Massar» a été violemment critiqué et par les élèves et par les enseignants, le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle a tenu à inviter les médias à cette conférence de presse, histoire de désamorcer la bombe provoquée par ce nouveau système de gestion scolaire qui est loin de faire l’unanimité; surtout qu’il est hérité d’un certain El Ouafa dont les réformes et coups de gueule avaient fait grincer les dents et cabrer plus d’un élève et d’un enseignant!

Améliorer la qualité

Rachid Belmokhtar a martelé que l’objectif à réaliser est, à son avis, d’améliorer la qualité de l’enseignement que les rapports des organisations spécialisées montrent du doigt. En atteste le classement publié par l’Unesco. Et le ministre de lancer cette boutade qui n’étonne plus d’ailleurs: «Les diplômes n’ont aucun sens s’ils ne reflètent pas les compétences réelles. Il ne sert donc à rien de gonfler les notes».

Système made in Morroco

Sans vouloir prendre parti, Belmokhtar a vanté les mérites de «Massar», un système made in Morroco, conçu à 100% par les cadres du ministère de l’Education nationale. Il a pour objectif principal de garantir l’égalité des chances. Et le ministre essaie de dissiper les inquiétudes des élèves et des enseignants causées par «Massar». Le système existe dans plusieurs pays du monde. Il a été présenté sans qu’il suscite tapage et polémique, malgré l’existence de difficultés. Ce qui n’a cependant pas empêché le ministre de reconnaître un déficit de communication avec, en tête, l’absence d’une campagne de sensibilisation à même de faire connaître le projet et d’éviter toute cacophonie autour d’un système qui a quand même coûté aux contribuables la bagatelle de 4 millions de dirhams. Parmi les reproches faits à «Massar», il y a le difficile accès au serveur. Le ministre a tenu à apaiser les esprits en annonçant que les spécialistes au sein de son ministère s’attellent à apporter les modifications et à prendre les mesures qui s’imposent pour en renforcer le débit.

Suivi individuel du rendement

Le système «Massar» concerne 11.000 établissements, 6,5 millions d’élèves et 300.000 cadres administratifs et éducatifs. Il met à leur disposition des données sur la situation des élèves, les absences et retards et vise à accompagner la vie scolaire à travers un suivi individuel du rendement des élèves.

Mohammed Nafaa
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Les aveux de Rachid Belmokhtar


Le slogan «Irhal» (Dégage) n’a semble-t-il pas intimidé outre mesure le nouveau locataire du ministère de l’Education nationale qui a quand même renvoyé l’ascenseur, lors de sa sortie médiatique tant attendue, pour expliquer le système «Massar».
«Je suis en fin de parcours. Je n’ai pas d’ambitions politiques pour rester ministre. Mon passé peut seul me juger», a dit d’un ton serein Rachid Belmokhtar (sans appartenance politique). «Le problème n’est pas que je parte (arhalou). Mais ce qui me fait vraiment mal, c’est le niveau réel des élèves et le parcours de notre enseignement», a-t-il conclu.

 

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