lundi 18 décembre 2017

Maroc/Gouvernement : De quoi a accouché la montagne ?

Après six mois de gestation, le gouvernement de Saâd-Eddine El Othmani a vu le jour le 5 avril 2017. Nommé par le Souverain au palais royal de Rabat, le nouvel Exécutif a apporté son lot de surprises.

Le gouvernement El Othmani a contraint certains partis politiques à échanger leurs maroquins. D’autres sont parvenus à garder jalousement leurs portefeuilles ministériels. Le PJD, malgré sa supériorité numérique en termes de postes ministériels au gouvernement d’El Othmani, y a laissé quelques plumes.

Le PJD sauve l’honneur

Le parti islamiste, auquel appartient le nouveau chef de gouvernement, a ainsi perdu des ministères clés. Il s’agit par ordre d’importance du département de la Justice, de celui du budget et du ministère de la Communication.  Malgré cela, il est parvenu, à sauver l’honneur. Ainsi, le PJD s’est vu confier le ministère des Affaires générales et de la Gouvernance et celui de l’Emploi. Et ce n’est pas tout. Le parti du chef de l’Exécutif a pris les commandes d’autres ministères importants. Il s’agit du ministère de  l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, du département de l’Energie, des Mines et du Développement durable et du ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du Développement social,

Le RNI sort vainqueur des négociations

Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a, quant à lui, tiré son épingle du jeu. Le parti de la colombe, de son président Aziz Akhannouch, a ainsi gardé la main sur le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, avec aussi le Développement rural et les Eaux et Forêts. Le RNI est également parvenu à se maintenir à la tête du ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique et de celui de l’Economie et des Finances. Le Rassemblement (traité de tous les noms par l’ancien chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane) a en outre réalisé une percée considérable et inattendue. Il a réussi à obtenir le ministère de la Justice et des Libertés, détrônant ainsi le PJD (Mustapha Ramid) de ce département sensible et d’extrême importance. Dans le cadre de la concurrence politique légitime, l’appétit du RNI ne s’est pas arrêté là, puisque le parti de la colombe aspirait à occuper le maximum de portefeuilles ministériels clés, souhait qui a lui a été exhaussé par cette nouvelle coalition gouvernementale. Ainsi, le parti d’Akhannouch a obtenu le ministère de la Jeunesse et des Sports. Les analystes politiques sont unanimes pour dire que le RNI est sorti gagnant du processus des négociations concernant la formation de la majorité. Ils estiment qu’Akhannouch a, en quelque sorte, eu sa revanche contre l’ancien chef de l’Exécutif, Abdelilah Benkirane qui, à un certain moment, faisait des critiques acerbes visant le parti de la colombe.

Le MP et le PPS jouent le maintien

En ce qui concerne le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), de son SG Mohamed Nabil Benabdallah, il a tiré profit du processus des négociations avec Saâd-Eddine El Othmani, au sujet des ministrables. En effet, le nouvel Exécutif a permis au PPS de marquer sa présence au gouvernement en étant à la tête du ministère de la Santé et de celui de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Ce dernier ministère est confié au SG du parti du livre, Nabil Benabdallah.

Quant au Mouvement Populaire (MP), malgré l’absence inhabituelle de son SG Mohand Laenser au gouvernement, il est parvenu à prendre les commandes du ministère de la Communication et de la Culture, après la fusion de ces deux départements. Dans le précèdent gouvernement, la Culture était détachée de la Communication avec, à la tête de chaque secteur, un ministre issu d’un parti différent.

L’UC enfin au gouvernement

Pour sa part, l’Union Constitutionnelle (UC) est arrivée quand-même à faire partie du gouvernement, en partie grâce à son alliance stratégique avec le Rassemblement National des Indépendants (RNI). Cette alliance a été couronnée par l’obtention par l’UC d’un ministère important, sur lequel le Royaume mise énormément et dont les performances se répercutent de manière directement sur l’économie et l’emploi dans le Royaume. Il s’agit du ministère du Tourisme, fusionné avec celui du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Economie sociale. La Personne chargée de ce département n’est autre que le SG de l’UC, Mohammed Sajid.

L’USFP y est, mais pas en force

Le parti qui a obtenu bien moins que ce qu’il attendait, dans le cadre de la nouvelle majorité, est l’Union Socialiste des Forces Populaires. L’USFP –dont les Pjdistes contestent l’entrée-même au gouvernement- n’a pu décrocher que deux ministères délégués. Il est vrai que Lahbib El Malki occupe, depuis quelques semaines, le poste de président de la Chambre des représentants. Mais cela ne suffit pas pour dire que le parti de la rose a remporté une grande victoire, concernant ce nouveau gouvernement.

L’équipe de Saâd-Eddine El Othmani comprend aussi plusieurs secrétaires d’Etats et des ministres délégués issus des six partis formant la majorité (voir suite). 

Mohcine Lourhzal

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