vendredi 20 octobre 2017

Maroc-Nouveau Gouvernement : la guerre des partis

Depuis le début des tractations pour la formation du gouvernement, les communiqués et les déclarations se sont multipliés de la part des parties concernées par ce processus de négociation. Seulement, le ton est monté d’un cran, ces derniers jours, entre le PJD et ses principaux interlocuteurs politiques.

Le communiqué qui brouille les pistes

Mardi 3 janvier 2017. Les dirigeants du PJD examinent les dernières évolutions de la situation politique, en rapport avec les consultations pour la formation du gouvernement. Ils ont hautement apprécié la position du Parti de l’Istiqlal (PI) qui s’est dit disposé à soutenir la majorité, quelle que soit sa place à l’intérieur ou à l’extérieur de la coalition gouvernementale.

Demande d’un délai de réflexion

Aziz Akhannouch, Président du Rassemblement National des Indépendants (RNI), a été le premier à avoir sorti un communiqué à l’issue des négociations qu’il avait eues avec le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, mercredi 4 janvier 2017. C’est ainsi qu’il a annoncé, le 6 janvier 2017, via ce communiqué: «Les développements récents des négociations pour la formation du gouvernement, suivis par les prises de position de différents partis politiques, nécessitent de rencontrer ces formations politiques pour se concerter». Il faisait allusion à l’Union Constitutionnelle (UC), au Mouvement Populaire (MP) et à l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP).

Le communiqué de l’étonnement

Dans un communiqué, l’UC a estimé que la formation du nouveau gouvernement sur la base de l’ancienne majorité est «une approche dénuée d’éléments de bon sens». Et d’ajouter: «Toute approche de ce type, quels qu’en soient les causes et les raisonnements, est dénuée d’éléments de bon sens, car elle fait fi de l’actualité partisane et de la dimension réelle des chiffres sur lesquels une telle approche est fondée». La réaction de l’UC a fait suite à la proposition du chef de gouvernement désigné pour former le nouveau gouvernement à partir de la majorité sortante des élections d’octobre 2016.

L’impatience se fait sentir

Interrogé au sujet de l’offre qu’il avait faite au Président du RNI, dans le cadre des négociations pour la formation du gouvernement, le chef de l’Exécutif et SG du PJD a déclaré, samedi 7 janvier, qu’il attendait toujours la réponse de Aziz Akhannouch, affichant un brin d’impatience. «J’attends toujours d’avoir une réponse à la proposition que j’ai faite au Président du RNI», a dit Benkirane, sans parvenir à cacher son exaspération.

L’union fait la force ou la déchirure

Il voulait être fixé, il l’a été cet après-midi du 8 janvier 2017. Quatre partis (RNI, MP, UC et USFP)  ont demandé au chef de gouvernement, par le biais d’un communiqué publié sur le site du MP de Mohand Laenser, d’élargir sa majorité. Axé sur trois points, le communiqué a d’abord appelé à «la formation d’un gouvernement fort, conformément au Discours du Roi prononcé à Dakar». Il y était également question de «la poursuite des pourparlers, afin de former une majorité gouvernementale capable de servir les intérêts suprêmes de la nation». Enfin, le communiqué a sommé Benkirane de «renforcer l’alliance gouvernementale, qui est devenue un préalable à la formation d’un cadre confortable, capable de permettre la bonne conduite des institutions du pays».

Benkirane tape du poing sur la table

Réponse du berger à la bergère, le chef de gouvernement a annoncé, à travers un communiqué rédigé en catastrophe, que les négociations entre lui, le MP et le RNI sont terminées: «Intaha al kalam», a dit Benkirane. «Le Président du RNI, au lieu de répondre à la proposition qui lui a été faite préalablement, dans le cadre des négociations pour la formation de la majorité, s’est érigé en porte-parole d’autres partis à qui on n’avait rien demandé», a rappelé Benkirane dans son communiqué cinglant, contre deux partis importants dans l’équation politique.

Le chef a toujours raison

A l’issue d’une réunion du PJD avec son SG, Abdelilah Benkirane s’est enorgueilli du soutien du Secrétariat général. En effet, les membres de cette instance décisionnelle au sein du parti islamiste au pouvoir a officiellement approuvé le communiqué dans lequel Benkirane s’est désengagé de toute négociation avec le RNI et le MP.

Mohcine Lourhzal

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