samedi 16 décembre 2017

Maroc-Diplomatie : La nouvelle approche

Ministre mezouar parlement maroc fevrier 2015

Modération, souplesse et dialogue, assaisonnés d’une certaine sévérité et d’audace, caractérisent la nouvelle approche diplomatique du Maroc.

La relance des relations bilatérales entre le Maroc et la France, les rapports du Maroc avec l’Egypte et le dossier de l’intégrité territoriale du Royaume ont été débattus et décortiqués lors d’une réunion du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, avec la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des MRE à la Chambre des représentants et la Commission des affaires étrangères, des frontières, des zones occupées et de la défense nationale à la Chambre des conseillers.

Rétablir le courant

Il a fallu près d’une année de tractations et de négociations ardues (9 mois précisément et 7 rounds) pour venir à bout du dossier épineux des relations Rabat-Paris et rétablir le courant de la coopération juridique entre les deux pays sur des bases saines et claires, a d’emblée expliqué le chef de la diplomatie marocaine à des parlementaires attentifs.

Se voulant convaincante et ferme, la diplomatie marocaine a adopté une attitude pragmatique. Mezouar en a donné un avant-goût dans son exposé attentivement suivi et écouté. «Il ne suffit pas de présenter des excuses, l’important, c’est de parvenir à de nouveaux modes de coopération qui garantissent au Maroc ses droits», a-t-il souligné. Et d’ajouter que Marocains et Français ont toujours eu en tête, lors de leurs longues et difficiles négociations, de préserver en priorité les relations stratégiques entre les deux pays. C’est cette préoccupation majeure qui a prévalu et abouti à l’amendement de la convention de coopération judiciaire, pierre d’achoppement du différend franco-marocain, au grand dam de ceux -personnes ou pays- mal intentionnés qui cherchent par tous les moyens à torpiller une amitié et une coopération à toute épreuve. Et soucieux de lever toute équivoque et de clarifier les choses, le chef de la diplomatie a tenu à préciser: «Le rétablissement de la coopération judiciaire entre Rabat et Paris n’est pas du tout en relation avec les événements tragiques qu’a vécus l’Hexagone. Il est plutôt la résultante de longues et âpres négociations entre les deux pays, lesquelles ont permis de préserver des relations saines et exemplaires et torpiller les manœuvres des fauteurs de troubles qui ont essuyé un échec cuisant au vu des résultats probants des négociations franco-marocaines qui, par leur sérieux, ont acculé les “instrumentalisateurs” de la justice française à un constat d’échec au vu du rétablissement de la coopération juridique».
Pour clôturer ce chapitre, le ministre Mezouar a annoncé aux parlementaires une prochaine rencontre avec son homologue français, Laurent Fabius. Et de saluer à l’occasion «les responsables français qui ont dépassé, a-t-il dit, la crise de manière à préserver les intérêts des deux pays».
Le dossier de la cause nationale était attendu depuis longtemps et les parlementaires l’ont suivi avec attention, ainsi que les manœuvres des adversaires, l’Algérie en tête, laquelle n’a eu de cesse de tout mettre en œuvre pour porter atteinte à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud.

Fermeté sur l’intégrité territoriale

Là aussi, Salaheddine Mezouar a mis en exergue la nouvelle approche de la diplomatie marocaine qui a réussi à faire valoir moult garanties relatives à l’objectivité et à la neutralité des fonctionnaires de l’ONU. Le ministre a évoqué la conversation téléphonique de SM le Roi Mohammed VI avec Ban Ki-moon, durant laquelle ce dernier a réitéré la neutralité et l’objectivité de l’ONU dans ce dossier. La mission de la Minurso restera ainsi inchangée.
Le chef de la diplomatie est revenu sur le rapport du Conseil de sécurité (avril 2014) contenant les données erronées et dangereuses qui faisaient état, pour la première fois, de la question des ressources naturelles et d’une mise en œuvre d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme dont la Minurso pourrait avoir la charge. Dans ce sens, le ministre des Affaires étrangères a précisé: «Le Maroc a réagi au contenu du rapport de l’ONU avec sévérité et détermination. Les dérives auraient pu être dangereuses». On s’en souvient, SM le Roi avait souligné avec force et sévérité, dans son discours à l’occasion de la célébration de la Marche Verte, le refus du Royaume de toute tentative de révision des paramètres de négociation et de toute égalité avec un mouvement séparatiste. Le Souverain a également défini l’Algérie en tant que partie essentielle qui doit assumer pleinement ses responsabilités dans ce conflit factice.
Salaheddine Mezouar a révélé: «Durant neuf mois, nous avons subi diverses pressions pour nous amener à reprendre les négociations. Mais nous ne nous sommes pas départis de notre position ferme jusqu’à ce que nous ayons reçu de sérieuses garanties à travers l’entretien téléphonique de SM le Roi avec le secrétaire général de l’ONU». Le rapport de l’ONU d’avril prochain sera donc, a souligné le chef de la diplomatie, factuel et la responsabilité de l’émissaire Christopher Ross, qui visitera bientôt le Maroc, est entière dans la rédaction dudit rapport. Idem pour la Minurso, a encore précisé le ministre des AE et de la Coopération, laquelle devra assurer sa mission dans le respect total de son mandat actuel, loin de toute récidive concernant l’instauration d’un très controversé mécanisme de surveillance des droits de l’homme ou la question des ressources naturelles de la région.

Relations Maroc-Egypte

Il est clair, a tenu à préciser Salaheddine Mezouar, que les ennemis du Maroc, qui visent son intégrité territoriale, ont trouvé auprès de partis et de médias égyptiens, la crise entre Rabat et le Caire aidant, un terrain de prédilection pour tenter de porter atteinte à l’entente qui a toujours prévalu entre nos deux pays. Et c’est à travers l’affaire du Sahara qu’ils ont essayé de mobiliser pour mieux frapper. Il y a donc eu les visites de délégations de la presse égyptienne au Sahara. Le Maroc a réagi en mettant en garde les responsables égyptiens contre la dangerosité de ces visites. Le chef de la diplomatie a rappelé que, dans le souci de mieux cerner cette crise, les concertations avec son homologue égyptien n’ont pas été interrompues. Il y a eu cette visite au Maroc du chef de la diplomatie égyptien. Et le coup de grâce a été donné aux ennemis de la cause nationale du Maroc, le Caire ayant renouvelé son engagement plus qu’auparavant en reconnaissant la solution onusienne comme règlement du conflit du Sahara.

Réalisme et modération

L’approche nouvelle prônée par le Maroc se basant sur le réalisme et la modération, sans pour autant renoncer aux valeurs et respect du droit, ont permis au Maroc de se repositionner, optant avec succès pour une nouvelle approche diplomatique qui a donné ses fruits, a conclu le chef de la diplomatie.

Mohammed Nafaa

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