lundi 17 décembre 2018

Maintien de l’heure d’été : Au Parlement, on tire à boulets rouges sur le ministre de l’USFP

Le maintien de l’heure (décret 2.18.855) a atterri au Parlement et ce, malgré les mesures d’apaisement proposées par le gouvernement pour éviter les rebondissements que pourrait causer cette décision.   

En effet, lors d’une séance électrique à la Chambre des représentants, des parlementaires des partis de la majorité et de l’opposition ont échangé insultes et accusations, concernant le maintien par l’Exécutif de l’heure d’été et ses répercussions négatives sur la vie des citoyens.

Critiques acerbes

Le ministre de l’USFP, Mohamed Benabdelkader, a déjà fait l’objet de critiques acerbes de la part des élus, lors d’une séance de questions orales, en particulier pour ne pas avoir mené bouclé auparavant l’étude préalable à l’application de l’horaire GMT+1 qui a suscité la colère des Marocains. Ce qui a fait dire au ministre: «Bssala hadi, tkharbiq hada», tout en prenant soin de fermer le microphone, pour éviter que ses propos soient enregistrés.

Noureddine Modyane, chef du groupe istiqlali, n’a pas laissé passer les choses en demandant au ministre de retirer ses «propos inappropriés». C’est le gouvernement, a-t-il dit, «li kaykharbaq» (qui fait du n’importe quoi). Modyane a été soutenu dans sa démarche par sa collègue istiqlalienne, Rafia Mansouri, qui a lancé que ces décisions irresponsables ne respectaient pas l’intelligence des Marocains et visaient à «allumer» les protestations qu’elles ne pourraient pas éteindre.

Propos peu respectueux

En défendant leur ministre, les Ittihadis ne se sont pas empêchés de répondre, par la voix du chef du groupe de l’USFP, Amam Chokrane. Celui-ci a appelé Noureddine Modyane à retirer ses propos et à respecter le règlement intérieur. Ce qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. «Je ne répondrai pas à des paroles de ‘‘drari’’ (mômes)», a lancé Modyane; propos qui ont vite fait de mettre le feu aux poudres et de réveiller les députés du groupe commun RNI-UC. Ces derniers, jusqu’ici, s’étaient contentés de suivre le bras de fer qui tendait à devenir explosif. Ils ont alors accusé, à leur tour, le ministre Benabdelkader de prendre une décision sans avoir procédé, au préalable, à des concertations avec les Marocains.

Et Wahbi entre en scène…

Abdellatif Wahbi (PAM) attendait le ministre Ittihadi au tournant. Ne pouvant pas laisser passer une si belle occasion d’entrer en scène et de taper fort sur un ministre de la majorité, il s’est levé, a visé et a tiré à boulets rouges sur le ministre Benabdelkader. Il l’a accusé -excusez du peu- de mentir en avançant qu’il (le ministre) avait soumis ladite et fameuse étude (sur le projet de décret 2.18.855, relatif à l’heure légale GMT+1) à l’appréciation des Marocains. Connu pour ses sorties médiatiques électriques, le député Abdellatif Wahbi ne s’est pas alors privé de confirmer sa réputation en lançant la phrase assassine: il s’est interrogé sur la non-tenue par le gouvernement d’une réunion exceptionnelle, quand des Marocains avaient péri dans le terrible accident ferroviaire à Bouknadel. 

Attiser la polémique

Des députés ayant requis l’anonymat disent ne pas comprendre «pourquoi cette décision de maintenir l’heure d’été a été prise dans la précipitation? Elle attise la polémique, ne fait qu’aggraver les choses et suscite davantage la colère des citoyens qui commencent déjà à manifester dans la rue. L’on se demande qui tire les ficelles».

Mohammed Nafaa

Voir aussi

Madrid réitère son soutien aux efforts de l’ONU pour une solution politique et durable à la question du Sahara

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a réitéré, lundi à Rabat, le soutien de …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.