mardi 22 août 2017

Le «tac au tac» de Benkirane

Chef de gouvernement maroc 2015

Le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a déclaré que SM le Roi Mohammed VI l’a chargé de superviser les prochaines échéances électorales. Interrogé ensuite sur la «baïyâa», il a réitéré sa position…

Lors d’une rencontre organisée à Salé par la Fondation Fquih Tétouanais pour la science et les lettres, Abdelilah Benkirane s’est dit surpris par les informations parues dans certains médias faisant état de la demande des partis de l’opposition de reporter les élections, prétextant que le gouvernement n’est pas en mesure d’honorer ses engagements.
Les rumeurs sur l’éventualité du report des élections ont en effet fait tache d’huile, colportées qu’elles étaient par certains médias en quête de sensationnel. Les partis de la majorité n’ont pas vu d’un bon œil le fait que les partis d’opposition fassent tout pour décrédibiliser le gouvernement aux yeux des citoyens, en faisant croire que ce dernier n’a pas réussi à boucler l’arsenal juridique des échéances électorales.

Benkirane tranche

Pour mettre fin à ces rumeurs concernant un possible ajournement des élections, le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a tranché en assurant que les élections auront lieu aux dates fixées par le gouvernement, à savoir en septembre prochain.

Hassad met Benkirane au parfum

Face aux journalistes, lors de cette rencontre, Abdelilah Benkirane a révélé que SM le Roi Mohammed VI l’a chargé de superviser les élections et que c’est le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, qui lui a communiqué la nouvelle: «Had chi li gual Sidna, houa li ghadi ndiroh» (Nous allons faire ce qu’a dit SM le Roi). En fait, a tenu à préciser Benkirane, «je n’ai pas géré les élections dans leurs détails, laissant cette prérogative au ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad. Ceux qui pensent que le ministère de l’Intérieur est un ministère ordinaire, donc un ministère comme les autres, se gourent». Sa nomination, a expliqué le chef de gouvernement, est sujette à des concertations spéciales. Et Benkirane d’avouer: «Le ministre au sujet duquel j’ai eu des concertations directes avec SM le Roi Mohammed VI est bel et bien Hassad…».

Réviser la «baïyâa», mais…

Autre question de taille, à savoir la tradition séculaire de la «baïyâa» (allégeance) qui, visiblement, l’a quelque peu mis mal à l’aise, bien qu’il ait réitéré sa position. Répondant aux questions, Abdelilah Benkirane a rappelé qu’il reste attaché à sa position précédente sur la nécessaire révision de la cérémonie d’allégeance, à condition que cela se fasse en accord avec le Roi Mohammed VI, niant qu’il ait changé d’avis, mais reconnaissant que la «baïyâa» fait partie des habitudes et traditions des Marocains.

Hannini, n’hannik…

Au sujet du mariage des homosexuels (Mitli), Abdelilah Benkirane a lancé cette boutade qui a fait réagir l’assistance, tout en reconnaissant que ces dossiers ont été considérablement gonflés: «Je n’ai pas trouvé la manière adéquate pour encourager le mariage des hommes avec des femmes. Que dire alors du mariage d’un homme avec un autre? Celui qui souffre ne devrait pas extérioriser ce qu’il ressent (Al Moujahara) et, de ce fait, le gouvernement ne fouine pas à l’intérieur des cerveaux, ni dans les foyers des gens». Cependant, a-t-il précisé, le gouvernement n’acceptera pas, ni n’admettra que les gens se fassent justice eux-mêmes».
Le chef de gouvernement a dit refuser les pratiques des gouvernements précédents qui se contentaient du slogan «Hannini, n’hannik…» et assuré qu’il ne reculerait pas devant la nécessaire réforme de la retraite prévue pour l’après-Aïd

Mohammed Nafaa

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Ce que révèle le chef de gouvernement…


L’exception marocaine, un Roi et un Peuple
«La conjoncture sécuritaire dans le monde arabe et musulman et pour l’ensemble de l’humanité est critique. Certains pays sont même menacés d’être rayés de la carte du monde et nul ne sait où seront leurs frontières. Le Maroc reste stable et constitue, de l’avis de tous, l’exception, parce que Dieu nous a bénis, nous a dotés de spécificités et nous a fait traverser dans la sérénité les obstacles difficiles. Une Monarchie et un Peuple authentiques».

Benkirane explique sa position sur la «baïyaâ»
«Je reste convaincu de la nécessité de la révision des cérémonies de la ‘‘baïyaâ’’, à condition, bien sûr, que cela se fasse en accord avec SM le Roi Mohammed VI. J’ai évoqué la nécessaire révision de l’allégeance dans un contexte déterminé. J’étais alors dans l’opposition et je reste convaincu de la nécessaire révision».

Nous ne devons pas laisser le Roi seul
«J’appelle les Marocains à ne pas fuir la politique, même si celle-ci s’est heurtée à quelques déboires, parce que la politique est notre destin et qu’il ne faut point laisser de vide.
Dieu nous a bénis en nous donnant la Monarchie et le Roi Mohammed VI, après feu Mohammed V et feu Hassan II. Nous ne devons pas laisser le Roi seul. Les citoyens se doivent de participer à la vie politique. Les Marocains sont dignes de respect, ils ont leurs spécificités. Ils sont peut-être les plus attachés à la religion dans le monde et ils se doivent de perpétuer ce rôle. ‘‘Il vaut mieux frapper avec des mottes, plutôt que de prendre la poudre d’escampette’’ (Proverbe marocain, Ndlr). Ensemble, nous chasserons la médiocrité».

L’intérieur gère, Benkirane supervise
«Par le passé, les élections au Maroc étaient gérées par le ministère de l’Intérieur en concertation avec le Roi. Ce ministère se comportait avec le Premier ministre (du temps de feu Hassan II) et les secrétaires généraux des partis politiques sur un pied d’égalité. C’est ainsi d’ailleurs qu’ont été gérées les élections du 25 novembre 2011.
Aujourd’hui, c’est le chef de gouvernement qui a la tâche de superviser les élections. SM le Roi m’a dit: ‘‘C’est vous, Benkirane, qui êtes responsable des élections’’ et le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, est venu me transmettre ce qu’a dit le Souverain. ‘‘Li gal Al Malik, houa li ghadi ndiro’’.
Nous avons tenu alors une première réunion au siège de la primature. Laissez-moi être franc avec vous (s’adressant aux représentants des médias). J’ai compris que l’intérêt suprême du pays exige que le ministère de l’Intérieur continue de gérer les élections. Moi, je supervise. J’ai dit aux partis politiques que je ne peux gérer les élections, ceci nécessite une machine bien rodée».

L’Intérieur, un ministère pas comme les autres
«Celui qui pense que le ministère de l’Intérieur est un ministère comme les autres, se trompe. Il s’agit, au contraire, d’un ministère fort avec de hautes capacités et potentialités. Le choix et la nomination du ministre de ce département ne sont pas soumis aux mêmes critères de choix que pour les autres ministrables».

Je ne suis pas bon pour un conflit avec le Roi
On ne peut mettre en œuvre la Constitution dans un contexte de conflit avec le Roi. Je ne suis pas bon pour un conflit avec le Souverain. Si vous cherchez quelqu’un pour cette confrontation, cherchez-le ailleurs, ce n’est pas compliqué. Moi, c’est ma vision de l’intérêt du Maroc».

Non à la pagaille !
«Nous sommes un Etat qui a ses lois et une autorité et personne ne peut ni ne doit se permettre de s’arroger le droit d’y faire la loi, ‘‘Yanhi âani Al Mounkar’’ parce que si n’importe qui s’ingère, ce sera alors la pagaille et là, je demeure intransigeant et sévère».

Du respect pour nos valeurs
«On ne peut se permettre de débarquer au Parlement habillé n’importe comment. Ce qui est permis dans la rue ne l’est pas forcément au sein du Parlement. Celui-ci exige respect. Est-ce qu’il m’est permis d’entrer au Parlement vêtu d’un survêtement?».

Fouzia devrait rester avec ses proches
«Dans toutes les structures de réception, orphelinats ou autres, de par le monde, il y a forcément des cas de viol. Mais je reste persuadé que la jeune fille Fouzia (l’handicapée violée par son oncle) doit rester chez elle, avec ses proches et que c’est aux familles de s’en occuper. Feu Hassan II avait dit qu’avec l’apparition chez nous au Maroc de maisons pour personnes âgées, nous signerions la fin du Maroc».

Mohammed Nafaa

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