dimanche 22 octobre 2017

Gouvernement/Maroc : A la recherche d’une majorité

Aziz Akhannouch et Driss Lachgar se sont concertés. Au menu, le blocage des concertations pour former le prochain gouvernement. Mais rien n’a bougé.

La question qui taraude actuellement les esprits et alimente les discussions des Marocains est la suivante: qu’adviendra-t-il si le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, face au blocage qui caractérise ses consultations pour former la nouvelle majorité, en arrive à avouer franchement qu’il a échoué dans la mission que lui a confiée SM le Roi Mohammed VI et, devant cet échec cuisant, à rendre les clés au Souverain?

Pour les plus optimistes, dans ce cas de figure, seule l’intervention royale serait en mesure de résoudre le problème, d’autant plus que l’article 47 de la Constitution 2011 est sans équivoque: «Le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections législatives». De ce fait, il n’est pas question de nommer une autre personne d’un autre parti politique, d’autant plus que celui-ci n’est pas arrivé en tête des législatives, à moins d’avoir recours à des élections prématurées. Une hypothèse qui fait le tour de certains quartiers généraux. D’où la rumeur selon laquelle le PJD et le RNI prépareraient tambour battant des échéances électorales pour sortir de ce blocage qui entame son troisième mois, sans que ne se profilent à l’horizon les prémices d’une fin de crise. Les deux partis au centre de la polémique auraient demandé à leurs militants respectifs d’adhérer à cette option à travers une campagne d’inscription sur les listes électorales qui connaissent ces derniers jours une révision globale.

La sortie de crise

Les plus optimistes ne voient pas venir une sortie de crise dans l’immédiat, du moins pas avant le début de la nouvelle année 2017. Ils argumentent leurs dires par le fait que l’agenda du Souverain, en cas de nécessité d’intervention royale, ne le permet pas du fait que le Souverain pourrait reprendre sa visite en Afrique, sans exclure d’autres périples africains, pour faire en sorte que la réintégration du Royaume à l’Union Africaine se réalise au mois de janvier prochain et non pas plus tard, comme le veulent les adversaires jurés du Maroc, l’Algérie en tête.

Respect de la parole donnée

Pour ces mêmes optimistes, on ne peut pas parler véritablement de crise politique, mais de blocage, dont la responsabilité incombe au chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane. Ils étalent comme preuves le fait que celui-ci n’a pas besoin de plus de 20 sièges parlementaires pour annoncer la formation de la nouvelle majorité, surtout que le PPS de Nabil Benabdallah et le PI de Hamid Chabat ont déjà proposé leur participation au gouvernement.

Une autre erreur que Benkirane aurait faite, c’est de répéter qu’il se doit d’honorer la parole donnée à Hamid Chabat concernant la participation du PI à la nouvelle majorité. Et, compte tenu de l’opposition du nouveau patron du RNI, Aziz Akhannouch, à cohabiter avec l’Istiqlal, ce bras de fer a eu pour résultat de bloquer les consultations menées par Benkirane pour former sa nouvelle équipe gouvernementale.

L’arbitrage royal

Lorsque Abdelilah Benkirane était à côté du Roi, lors d’une réunion de travail au Palais royal de Casablanca présidée par le Souverain, pour peaufiner le projet du gazoduc entre le Maroc et le Nigeria, l’on aurait pu croire que c’était l’occasion pour parler au Souverain du blocage des consultations et demander éventuellement son arbitrage. Mais il n’en a rien été, assurent des sources PJD qui persistent à dire qu’il y a blocage et non crise avérée et que, par conséquent, il n’y avait pas lieu d’aborder le Roi sans préalable, courtoisie du Palais oblige. De source harakie, dont le patron, Mohand Laenser, n’a pas ménagé son ancien allié, il ne s’agit pas de crise politique, mais de mauvaise gestion des concertations menées pour former le nouveau gouvernement.

Rencontre Akhannouch-Lachgar

C’est peut-être pour redémarrer les concertations que le patron de l’USFP a proposé ses bons offices pour débloquer la situation. Il a rencontré dans ce sens l’Istiqlalien Hamid Chabat et le RNIste Aziz Akhannouch, alors que la majorité numérique est à la portée de Benkirane. Cette rencontre au siège de l’USFP, entre Driss Lachgar et Aziz Akhannouch, n’était pas pour faciliter la tâche au chef de gouvernement qui s’obstine à faire participer l’Istiqlal à la prochaine majorité. Benkirane a plus d’un tour dans son sac, nous a confié un député RNI. «Il serait prêt, a-t-il dit (et il l’aurait signifié à des proches du PJD) à se passer des grosses pointures du parti et à répondre positivement au vœu du Roi Mohammed VI d’ouvrir la porte du gouvernement à des personnalités technocrates que le Souverain espère très compétentes, loin de toute logique de ‘‘ghanima siassiya’’» (butin électoral).

En attendant que les concertations pour la formation de la nouvelle majorité reprennent et aboutissent, le blocage persiste et le pays demeure sans gouvernement, ni parlement.

Mohammed Nafaa

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