samedi 23 septembre 2017

Evènements d’Al Hoceïma : Laftit s’explique sur la situation

A en croire le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le gouvernement a répondu favorablement, jusqu’ici, à un total de 21 revendications socio-économiques du «Hirak» du Rif.

Enfin, une intervention du ministre de l’Intérieur au parlement! Ce mardi 6 juin, Abdelouafi Laftit s’est exprimé devant les élus de la nation sur la situation dans la région du Rif, ainsi que sur les derniers développements concernant ce sujet.

 «Les projets de développement dans cette région connaissent une grande dynamique, comme dans les autres régions du pays», a affirmé le ministre de l’Intérieur, lors de la séance des questions orales devant la Chambre des représentants.

Répondant aux questions urgentes de ces derniers, il a souligné que l’Etat est «déterminé à faire de la région du Rif un pôle important et un modèle de développement», à travers notamment le programme «Al Hoceima Manarat Al Moutawassit», lequel est estimé à environ 6,5 milliards de dirhams d’investissements. «Le programme ‘‘Al Hoceima phare de la Méditerranée’’ répond aux revendications des populations à 90%.

Jusqu’ici, le gouvernement a répondu favorablement à un total de 21 revendications socio-économiques», a tenu à préciser Abdelouafi Laftit, qui a subi des tirs croisés et de l’opposition et de la majorité.

Dans son exposé, le ministre n’a pas manqué d’insister sur la préservation des biens publics et privés. «Pendant plus de sept mois, aucun manifestant n’a été arrêté. Sauf après les événements de la mosquée Mohammed V et les actes de violence qui ont suivi», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, il s’est interrogé sur les «parties qui ont intérêt à maintenir la tension et à faire perdurer le mouvement, voulant ainsi empêcher toutes les initiatives de dialogue», malgré les engagements de l’Etat. Et le ministre Laftit d’affirmer: «Tous les prévenus jouissent de leurs pleins droits. Leurs lieux de détention sont connus, contrairement à des informations erronées véhiculées sur les réseaux sociaux».

Le ministre de l’Intérieur, faut-il le préciser, est venu s’expliquer devant la Chambre des représentants, mardi 6 juin, dans le cadre de la procédure dite «d’urgence», tel que spécifié par l’article 124 du règlement intérieur de cette Chambre.

Pour rappel, jeudi 1er juin, le gouvernement a affirmé, lors de sa réunion hebdomadaire, qu’il procéderait à l’accélération du rythme de concrétisation des différents projets socio-économiques programmés dans la région d’Al Hoceima.

Pour un investissement global estimé à 10 millions de dirhams d’ici 2020, les projets à réaliser dans cette région concernent notamment les secteurs de la santé, de l’habitat, de la pêche maritime, de l’éducation, de l’agriculture, etc.

Naîma Cherii

 

Ils ont dit…

Déclarations exclusives au «Reporter», recueillies par Mohamed Nafaa :

Mohamed Aujjar, ministre de la Justice : Dans le respect de la loi

«Je souligne que l’approche marocaine concernant cette situation (d’Al Hoceima) est une approche de justice qui s’attache au respect des droits de l’Homme et à garantir les conditions d’un procès juste, en respectant toutes les procédures et en prenant en compte la présomption d’innocence. J’ai, de ce fait, donné des directives claires au Procureur général pour veiller au respect de la loi.

Nous redisons avec insistance que les revendications sont légitimes, que les protestations sont garanties par la loi et la Constitution et que les autorités publiques ne sont pas intervenues depuis plus de six mois, sachant que les protestations se déroulent de façon normale. Mais, lorsque certains protestataires sont passés outre la loi, il était normal que les autorités compétentes interviennent pour faire respecter cette dernière et rappeler à l’ordre ceux qui entravent la bonne marche de la loi et le prêche du vendredi, incendient les voitures et agressent les forces de l’ordre.

Durant cette étape difficile, les Marocains doivent être sûrs que les principes d’un procès équitable seront respectés. Il faut aussi que tout le monde sente que la loi ne peut exempter quiconque. Elle est respectée actuellement et ce, même pendant la période de garde à vue. Les droits des détenus sont respectés, les délais de garde à vue ont été également respectés, les avocats prennent contact en toute liberté avec les détenus et les prétendues tortures font l’objet d’une enquête».

Aziz Lebbar (Parti Authenticité et Modernité) : Reconsidérer le rôle des élus

«L’initiative de débattre au Parlement de la situation à Al Hoceima est une bonne chose en soi. Elle aurait dû avoir lieu avant. Une occasion de faire le point, de reconnaître que le Hirak est légitime, de reconsidérer le rôle des élus et de se concerter avec eux, ainsi qu’avec la société civile et les centrales syndicales, pour trouver un terrain d’entente et des solutions à cette situation qui a trop duré.

Je reste très optimiste après cette séance à la Chambre des représentants qui ne manquera pas de donner les fruits escomptés».

Chakrane Amam (chef du groupe de l’USFP) : Revendications légitimes

Cette séance démontre que le Parlement doit jouer son rôle. C’est au sein de l’institution parlementaire que devrait normalement se discuter la situation à Al Hoceima, les élus étant les représentants des citoyens. Nous avons insisté au sein de l’USFP sur la légitimité des revendications des habitants de la région qui doivent se concrétiser sur le terrain. Même si elles ne sont pas parfois réalistes ou frôlent le rêve, ce sont des revendications qui reflètent la situation dans la région. Il y a une lueur d’espoir pour que les choses se tassent, sachant que le gouvernement a prévu nombre de projets qui répondent aux aspirations des citoyens de la région.

La responsabilité est générale: élus, gouvernement, société civile, militants au sein des partis politiques. Pour ce qui est du dahir connu sous le nom d’«Al Asskara», le gouvernement a souligné à maintes reprises qu’il n’existe plus. L’exécutif ne peut répondre à quelque chose qui n’existe pas et donc, nous ne pouvons hypothéquer l’avenir de notre pays à cause des rumeurs».

Saïd Ameskane (Mouvement Populaire) : Pas de développement sans stabilité et sécurité

«Nous refusons tout ce qui met en cause l’unité nationale, l’union du pays et ses constantes qui garantissent la sécurité et la sécurité du Royaume. Nous sommes pour les revendications, somme toute légitimes, mais nous tenons aussi à la stabilité de notre pays. L’Etat se doit cependant de veiller à la mise en œuvre de ses engagements, concernant les projets promis. Mais tout cela dans la sérénité et sans mettre en danger nos acquis, en tête l’exception sécuritaire du Maroc.

Pour remédier à cela, l’Etat doit revoir la distribution des richesses. Il doit prévoir un plan et un agenda pour tout cela, sachant que les moyens du pays restent modestes. Il est certain que nombre de régions sont plus touchées que la région d’Al Hoceima. Il y a, faut-il le reconnaître, nombre de disparités qui devraient nous interpeller. Une chose est sûre, il n’y aura pas de développement sans sécurité et sans stabilité».

Driss Azami Idrissi (PJD) : Avec le maintien de la sécurité et de la stabilité

«Notre objectif de la tenue de cette réunion parlementaire était de débattre de la situation à Al Hoceima, suite au Hirak. Nous sommes optimistes du fait que le sujet a été approché sous tous les angles. Le parlement a pris l’initiative, nous le considérons d’ailleurs comme espace naturel pour véhiculer la voix des citoyens de la région. Il y a, certes, des revendications sociales et économiques légitimes auxquelles il faut répondre dans le cadre de l’application de la loi, celle-ci étant au-dessus de tous.

Nous considérons donc que ce débat a eu lieu avec un sentiment national, celui de l’intérêt général, du maintien de la sécurité et de la stabilité de notre pays. Nul doute qu’il participera à solutionner nombre de problématiques, aplanir la situation et remettre les choses sur les rails».

Lahcen Daoudi (PJD) : Message bien compris, stop les manifs!

«A la jeunesse d’Al Hoceima, je dis que le message a été bien compris, même très bien compris. L’essentiel est de transmettre le message; au-delà, il n’y a plus rien. Au lieu de travailler, nous allons perdre du temps. Les engagements donc pris, il faut mettre à l’épreuve ce gouvernement pour voir s’il est réellement capable de les honorer ou non. Il faudrait mettre sur pied une commission qui serait chargée de veiller sur l’avancement des projets.

Donc, je dis aujourd’hui ‘‘Stop les manifs’’ et passons ensemble à l’action!». 

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