samedi 19 août 2017

Benkirane contre Hassad : Qui supervisera les élections?

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La campagne pré-électorale est lancée. Le débat sur qui du chef du gouvernement ou du ministre de l’Intérieur aura à charge de superviser politiquement les élections, est engagé. Qui donc aura le dessus, Benkirane ou Hassad? La question est posée.

Depuis que le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a levé le voile, le 27 mai dernier, sur les prochaines élections et annoncé le calendrier des échéances électorales (2015), c’est le branle-bas de combat dans les quartiers généraux des différentes formations politiques. Ce qui a fait dire à un membre du conseil national d’un parti de l’opposition: «La campagne électorale est véritablement lancée. Elle est certes prématurée, mais elle est là et s’installe dans notre quotidien politique».

Campagne pré-électorale

Notre source n’a pas totalement tort, car chaque jour que Dieu fait nous informe sur telle réunion de tel parti politique, pour débattre justement du calendrier électoral ou de la stratégie à suivre pour remporter les élections régionales ou législatives. Ainsi, le PPS a renouvelé sa confiance dans son secrétaire général, Nabil Benabdallah. Idem pour le Mouvement Populaire qui a remis en selle son secrétaire général, Mohand Laenser. D’autres congrès nationaux de partis politiques sont prévus.

Sauvegarder les acquis

Les amis de Benkirane, dont le parti dirige la majorité, multiplient leurs sorties médiatiques. Le patron du PJD a profité d’une réunion qu’il a provoquée avec tous les présidents des communes pour demander aux élus de son parti d’œuvrer à sauvegarder leurs acquis électoraux à travers des campagnes de communication, pour faire connaître leurs réalisations durant leur mandat électoral. Il les a exhortés à éviter les batailles marginales orchestrées par ceux qui «planifient la mainmise sur le pays». Il entend de toute évidence le PAM qu’il critique depuis un bon bout de temps, allant jusqu’à lui proposer de s’auto-dissoudre. Ce qui n’a pas été pour plaire aux amis de Hakim Benchemmas, président du groupe du PAM à la Chambre des conseillers qui n’a pas raté l’occasion de tirer à son tour à boulets rouges sur le PJD et son patron.

L’Intérieur honorera ses engagements

Si les partis politiques font le plein pour se préparer aux prochaines élections, ils gardent cependant un œil vigilant sur celui qui a toujours eu les pleins pouvoirs pour gérer les échéances électorales, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur. Celui-ci, par la voix autorisée de son ministre, Mohamed Hassad, s’est engagé à mettre sur pied l’arsenal des lois en relation avec les élections législatives et de faire en sorte qu’il soit fin prêt d’ici fin décembre prochain. «Ces lois, a précisé le ministre, connaîtront de profonds changements, que ce soit au niveau de la loi sur la région ou de celles concernant les collectivités et les conseils régionaux». Hassad a évoqué la nécessaire actualisation de certaines lois relatives aux listes électorales et au mode de scrutin tout en faisant passer son message en relation avec le triptyque désormais bien en marche: refus de la révision du découpage électoral, des listes électorales et du mode de scrutin.
Si le ministre de l’Intérieur a promis de tenir son engagement d’entamer un dialogue politique avec les différentes formations politiques sur le volet élections dès l’été prochain, il a quand même tenu à délimiter le champ et les contours de ce dialogue, appelant les partis politiques à ne pas mettre sur le tapis encore une fois ledit triptyque, les engageant à s’en tenir aux changements profonds et à ne pas changer les acquis.

Qui va superviser les élections?

Ces propos du ministre Hassad sont vus différemment par le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane. Celui-ci aspire -et ne le cache pas- à superviser politiquement les échéances électorales, alors que son ministre de l’Intérieur l’a devancé en annonçant aux parlementaires les limites à ne point dépasser, allusion aux éventuelles concertations politiques prévues cet été et promises par lui. Le PJD ne voit pas ce revirement d’un bon œil et rappelle que Benkirane a devancé Hassad en se présentant, bien avant lui, devant les parlementaires pour leur lancer que c’est son département qui aura la charge de la supervision, comme des négociations politiques de l’opération électorale à partir d’août prochain. «L’Intérieur semble avoir repris du poil de la bête en refusant de céder son rôle de superviseur politique et d’architecte de la carte électorale», nous a confié un député PJD. Tandis qu’un autre député trouve normal que le PJD ne puisse pas être à la fois juge et partie en supervisant des élections qu’il cherche à remporter.

Mohammed Nafaa

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