jeudi 19 octobre 2017

Associations : La menace de Driss Dahak

Driss dahak maroc

Un bras de fer est à prévoir. Il opposerait gouvernement et associations que le secrétaire général du gouvernement, Driss Dahak, pointe du doigt, menaçant de les dissoudre ou de les priver du statut public si elles ne déclarent pas les financements étrangers qu’elles reçoivent, jugés faramineux.

La menace proférée par Driss Dahak, secrétaire général du gouvernement, lors d’une prestation devant la Commission de contrôle de la finance générale de la Chambre des représentants, ne manquera pas d’avoir une retombée sur la relation déjà tendue entre le gouvernement et les associations de la société civile.

Mieux contrôler

Driss Dahak a laissé entendre que le gouvernement s’attelle à mettre sur pied tout un arsenal d’initiatives administratives avec pour objectif d’aboutir à un meilleur contrôle du financement étranger des associations. Les chiffres avancés par le SG du gouvernement justifient sans doute les menaces proférées. L’aide extérieure aux associations, entre 2006 et 2014, est estimée par Dahak à 252 millions de dirhams. Une somme faramineuse qui échapperait au contrôle de l’Etat et qui «profiterait aux associations», nous a confié un député PJD. Les chiffres avancés par le SG montrent que les financements déclarés jusqu’au 29 octobre 2014 sont de l’ordre de 158 millions de dirhams.

Déclarer les subventions

Un député du RNI nous a affirmé: «Il est temps d’opérer un changement au sein des associations de la société civile dans le sens d’un contrôle plus précis, sachant qu’il s’agit là de sommes exorbitances qui, souvent, échappent à la vigilance de l’Etat. Certaines associations s’abritent, pour échapper au contrôle étatique, sous le parapluie de l’utilité publique qui leur garantit une libre gestion de leur comptabilité et une insouciance quant à la déclaration (par certaines associations) du chiffre du financement étranger». D’autres associations refusent sciemment de déclarer le financement dont elles bénéficient de l’extérieur et qui s’avère être faramineux.
Le secrétaire général du gouvernement n’a pas mâché ses mots, nous a confié un député du PAM en ajoutant: «Il a menacé les associations qui ne respectent pas la loi, en tête celles qui s’obstinent à ne pas déclarer les subventions qu’elles reçoivent de l’étranger, de dissolution pure et simple ou encore de leur retirer tout bonnement le statut d’utilité publique».

La réaction des associations

Prenant connaissance du contenu des propos de M. Dahak qu’elles qualifient de menaces non voilées, les associations appellent à une véritable levée de boucliers pour se prémunir, disent-elles, contre toute velléité du gouvernement qui chercherait, nous apprend une source associative, à ouvrir un autre front pour les discréditer auprès des citoyens et, en premier, des donateurs étrangers. Un bras de fer est à prévoir. «Nous n’entendons pas nous laisser faire sans réagir», nous a confié un responsable d’une association en assurant: «Il n’y a rien à cacher et notre comptabilité est plus que transparente: karchi ma fiha âgina».

Mohammed Nafaa

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