lundi 11 décembre 2017

Al Hoceima : Et le gouvernement… En stand by !

Après l’arrestation de Nasser Zefzafi, le leader du mouvement de contestation dans la région rifaine, des représentants de la société civile appellent le gouvernement à donner un signal fort, pour calmer les esprits dans la ville d’Al Hoceima, laquelle, depuis vendredi 26 mai, est en ébullition.

Il fallait s’y attendre. Nasser Zefzafi, le leader du «Hyrak», le mouvement de contestation dans la région d’Al Hoceima, a finalement été arrêté par les autorités, ce lundi 29 mai. Il doit répondre du délit d’atteinte à la liberté de culte dont il est accusé. Le procureur général du Roi près la Cour d’appel d’Al Hoceima, Mohamed Awqir, a par ailleurs ordonné l’arrestation d’une quarantaine d’individus, suite aux derniers incidents survenus à Al Hoceima. Selon l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), le nombre des interpellés, depuis les incidents de vendredi 26 mai, dépassait (au lundi 29 mai) les 70 dans toute la région. Les mis en cause sont accusés d’avoir commis «des actes contraires à la loi et punis par le Code pénal».

L’arrestation de Zefzafi et de ses compagnons intervient à un moment où la tension dans la région a atteint son paroxysme et où les contestations prennent toujours une tournure plus sociale et politique dans la région du Rif. Cela ne dispense pas le gouvernement des efforts à poursuivre en vue de répondre aux revendications des populations rifaines. Lesquelles revendications restent légitimes. C’est ce que la société civile n’a d’ailleurs pas manqué de réitérer au fil de ces derniers mois. Des représentants de cette société civile fondent leurs espoirs sur un signal fort émanant de l’Exécutif, pour calmer les esprits dans la ville d’Al Hoceima, laquelle, depuis le 29 mai, est en ébullition. En effet, des rassemblements pour la satisfaction des doléances du «Hyrak» et pour la libération des personnes arrêtées y ont été signalés ces derniers jours. Ainsi, mardi 30 mai, des affrontements ont eu lieu à Imzouren et à Sidi Abed à Al Hoceima, où les forces de l’ordre sont  intervenues pour disperser les rassemblements, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. «Les populations de la région ont besoin d’être rassurées. Le gouvernement doit, avant tout, donner des signaux forts pour éteindre le feu dans cette région du nord, enflammée, depuis octobre 2016, par la contestation rifaine», a-t-on lancé à l’AMDH.

Ce gouvernement, justement, qu’a-t-il réellement fait depuis la visite d’une délégation ministérielle dans la ville d’Al Hoceima? Va-t-il lancer des actions concrètes dans les prochains jours? Réussira-t-il à relancer le dialogue avec les populations rifaines en colère depuis plus de six mois? Ces questions méritent, en tout cas, d’être posées. Il est aussi certain que les populations rifaines ont -plus que jamais- besoin d’un gouvernement capable de rétablir la confiance mutuelle.

Du côté du gouvernement d’El Othmani, la question ne méritait pas encore d’être soulevée. En tout cas, à l’heure où nous mettions sous presse, aucune sortie médiatique n’a été faite par l’Exécutif. Pendant ce temps, dans les milieux associatifs et des observateurs -mais aussi parmi les citoyens-, un certain pessimiste règne. «A vrai dire, les gens n’ont plus confiance en ce gouvernement, lequel, selon les populations rifaines, n’est pas crédible. Je dois dire que les expériences avec les gouvernements précédents ont mis en évidence une contradiction entre la parole donnée par des membres de ces gouvernements et la réalité sur le terrain, notamment en ce qui concerne la gestion de la chose publique», estiment fermement des observateurs. C’est pourquoi, précisent ces derniers, la visite d’une délégation ministérielle à Al Hoceima (www.lereporter.ma), lundi 22 mai, n’a pas donné satisfaction aux contestataires. Devant cette situation qui prévaut dans la région, depuis la mort d’un poissonnier, Mohcine Fikri  (broyé accidentellement par un camion-benne à ordures), sans que les autorités publiques ne trouvent de solution acceptable, des acteurs économiques ne cachent pas leurs inquiétudes. «Les opérateurs touristiques de la ville d’Al Hoceima se plaignent déjà d’un échec de la saison touristique dans la province», regrettent-ils.

Naîma Cherii

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