mercredi 14 novembre 2018

Zones côtières de l’Oriental : Miel, oliviers, algues… Cinq ans après

Les projets de gestion intégrée –c’est leur nom officiel- ont pour objectif d’accompagner les activités des populations peu favorisées, dans les zones côtières dans la zone méditerranéenne. Au Maroc, ces projets sont sur la bonne voie. Appuyés par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre par la Banque Mondiale (BM) dans les zones côtières de l’Oriental, 5 ans après leur lancement, le bilan est jugé satisfaisant par le département en charge du Développement durable. Visite in situ.

Le secrétariat d’Etat en charge du Développement durable a organisé, les 15 et 16 décembre, au profit d’un groupe de journalistes, une visite de terrain concernant certains projets de Gestion intégrée dans les zones côtières (GIZC) de l’Oriental. Au menu de cette visite, des projets apicole, aquacole et agricole lancés dans les régions de Berkane, Nador et Driouch. L’expérience s’est révélée efficace dans l’atteinte de ses objectifs et peut même être élargie à d’autres zones côtières du royaume, dans le futur, confie Salima Demnati, directrice régionale du secrétariat d’Etat chargé du Développement durable de l’Oriental à Oujda. «Le projet de Gestion intégrée des zones côtières est un projet pilote qui s’inscrit dans cette nouvelle dynamique de projets à forte portée territoriale. Les actions réalisées dans le cadre de ce projet sont d’une importance primordiale, vu leur impact positif sur le plan socio-économique et également pour le renforcement  des capacités et la sensibilisation des acteurs locaux», explique Salima Demnati. Et d’ajouter que toutes ces actions ont conduit à l’amélioration de la qualité de vie des bénéficiaires des projets inscrits dans le grand programme régional de développement durable en Méditerranée (SUSTAINBLE MED). Un programme qui se fixe pour objectifs d’accélérer la croissance, lutter contre la pauvreté, réduire les disparités sociales et contribuer à la durabilité d’exploitation des ressources naturelles dans la région méditerranéenne orientale du royaume.

Depuis la signature de l’accord du don (5,8 millions de dollars) accordé par le Fonds pour l’Environnement Mondial, en 2012, plusieurs coopératives et des dizaines de bénéficiaires (575, dont 135 femmes) ont reçu une formation technique et un équipement pour développer leurs activités dans le cadre du projet GIZC, précise la directrice régionale. Pour les projets apicoles, par exemple, 1.400 ruches (550 vides et 850 pleines) et du matériel apicole ont été mis à la disposition des coopératives de femmes des zones ciblées, a ajouté la même responsable, lors d’une visite de terrain.

«Les femmes du miel»

Les précipitations de ce mois de décembre seront avantageuses pour le bourgeonnement des différentes fleurs des champs. Une aubaine pour les 22 femmes éleveuses de la coopérative d’apiculture de Zigzel, basée à Berkane. Cette coopérative a reçu 100 ruches pleines et 100 autres vides, en plus d’un matériel dédié à l’extraction du miel et d’un véhicule pour les déplacements des femmes entre les locaux de la coopérative et la ferme d’élevage des abeilles. Pour ces femmes, l’élevage des abeilles est devenu un vrai métier. «Pour chacune des 22 femmes de la coopérative, qui comprend également 11 hommes, cette activité est désormais une source de revenu. Elles ont un gain de 70 DH par jour, alors qu’auparavant, aucune d’elles n’avait un revenu et ne s’imaginait même pas pouvoir s’adonner à cette activité. Cette expérience, nous avons pu la concrétiser grâce à l’appui de la BM», déclare au Reporter Hadda Benaskar, présidente de ladite coopérative. Et celle-ci d’ajouter: «C’est en 2009 que nous avons eu l’idée de l’élevage d’abeilles, mais avec un faible capital. La production de notre coopérative était donc faible. Mais grâce aux formations et au matériel dont nous avons bénéficié, dans le cadre de la GIZC, la production a atteint en 2017 quelque 405 kg. Nous espérons réaliser une productivité meilleure».

Ambitieuse et bien décidée à concrétiser son rêve de participer au SIAM de Meknès, la présidente de la Coopérative de Zegzel se dit toutefois préoccupée. «Notre coopérative en est encore à ses débuts. Elle a encore besoin de moyens pour développer notre activité et faire face aux changements climatiques qui menacent notre activité», a-t-elle lancé. Et de conclure que les femmes éleveuses de sa coopérative doivent aussi faire face à des difficultés au niveau de la commercialisation. Pour le moment, dit-elle, le seul circuit assurant un chiffre d’affaires aux éleveuses de la coopérative de Zegzel est la vente directe (100% de la production).

A Aboudinar, une commune de la province de Driouch, la filière de l’apiculture revêt aussi une importance primordiale pour le secteur socio-économique.

Réunies au sein de l’Association d’apiculture à Aboudinar, 11 femmes ont également bénéficié d’un don de la BM qui appuie plusieurs projets de Gestion intégrée de la zone côtière dans cette commune. Elle a reçu 150 ruches pleines et 50 ruches vides. «Malgré les changements climatiques, nous tablons sur une meilleure production. Cela est possible, car nous avons bénéficié de cessions de formation sur l’apiculture moderne et les techniques à même d’atteindre une meilleure productivité. Grâce au don de la BM, nous avons également bénéficié d’appareils performants pour l’extraction du miel, ainsi que d’un véhicule pour nos déplacements», déclare au Reporter Assia Aghmari, présidente de cette coopérative créée en 2013. Cette jeune fille de 21 ans, qui poursuit ses études supérieures à Oujda, ajoute que les méthodes enseignées à travers les formations sont celles qui privilégient les valeurs environnementales et de développement durable assurant un produit bio. La principale variété du miel produite à Aboudinar est celle à base de caroube. Elle est retirée des ruches en juin-juillet et fait la fierté de ces «femmes du miel» à Aboudinar. Ce miel est vendu à 200 dirhams le kilo.

GIZC, c’est aussi les algues et l’olivier

La production du miel n’est pas la seule activité concernée par l’appui de la Banque Mondiale dans le cadre de la GIZC. L’algoculture figure aussi parmi les filières concernées par ce projet, dont l’objectif est de piloter des actions pour la conservation des eaux et du sol et la création d’emplois. Depuis la signature de l’accord de don, en 2012, l’algoculture a été introduite dans la commune de Bouarek, à Nador. Ce projet aquacole, le plus grand du continent africain, a été mis en œuvre pour développer cette filière dans la région. Cette activité contribue à l’amélioration du niveau de vie des marins-pêcheurs, dont certains sont victimes des impacts des changements climatiques, selon les porteurs de ce projet. «Des opportunités sont offertes par cette culture. Les pêcheurs se sont reconvertis en algoculture depuis quelques années. Ils peuvent pratiquer cette activité durant toute l’année, contrairement à la pêche qui, de plus en plus, devient limitée ici, à cause des changements climatiques. Ce qui nous permet d’avoir une source de revenu stable durant toute l’année», a lancé Bouhcine Mimoune, président de la coopérative de Marchica à Nador. Cette coopérative compte 25 pêcheurs qui, grâce à ce projet, ont un revenu mensuel de 1.200 dirhams. L’année 2015 a vu l’installation de cette première ferme d’algoculture au Maroc, au niveau de la lagune de Marchica, dira Bouchra Oujidi, responsable de l’antenne relevant de la Direction régionale au secrétariat d’Etat en charge de Développement durable à Nador. «Une étude de faisabilité a été lancée en 2013 par l’ANDA et a montré que le site est favorable à cette activité. Au départ, le projet a été lancé sur 1,5 hectare au niveau de la lagune de Marchica. Aujourd’hui, la ferme s’étend sur 12 hectares, ce qui a permis aux marins-pêcheurs de récolter 120 tonnes d’algues. Lesquelles sont très prisées pour fabriquer des agars-agars et des produits cosmétiques», indique Bouchra Oujidi.

Dans le domaine agricole, le projet de Gestion intégrée des zones côtières de l’Oriental a aussi profité à des petits agriculteurs, notamment dans les zones difficiles d’accès, dans les montagnes du Rif où 500 ha d’arbres fruitiers (olivier et caroubier) ont été plantés. Dans la commune de Boudinar (Province de Driouch), 167 petits agriculteurs, réunis dans l’Association Maamaran, ont également profité de financement pour la plantation de 350 ha d’oliviers. «Ce don a permis la reconversion de nos terres agricoles. Il a aussi permis l’acquisition d’un tracteur agricole et de deux citernes au profit de notre association bénéficiaire des travaux de plantation, pour permettre l’irrigation en été et en cas de sécheresse. Au programme aussi, des ateliers de formation sur les techniques, en vue de garantir un meilleur rendement. In fine, le projet a permis d’accroître le revenu des agriculteurs de la commune d’Aboudinar», déclare le trésorier de ladite Association, Mohamed Azouzi, qui ne manquera pas, toutefois, de dire que sa coopérative connaît certaines difficultés, notamment au niveau de la commercialisation.

DNES dans l’Oriental: Naîma Cherii

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