lundi 23 octobre 2017

Spécial Maroc : Le gouvernement ambitionne d’alléger la dette en 2016

Tresor marocain

La dette totale du Trésor a dépassé 554 milliards de dirhams (MMDH) en 2013. Elle représente ainsi 63,5% du produit intérieur brut (PIB), en dessous de l’échelon de référence de 70% pour les pays émergents. Le Trésor marocain se finance à travers les marchés extérieurs et les marchés intérieurs. Cependant, la dette totale est constituée de près de 76,6% de la dette intérieure qui s’est établie à 424,5 MMDH à fin 2013. Grâce à un processus continu de réforme du marché domestique des bons de trésor, c’est le marché le plus développé actuellement dans la région MENA; il présente les principaux attributs d’un marché mature.
Pour sa part, la dette extérieure s’est élevée à 129,8 MMDH en 2013. Les financements extérieurs résultent d’une mobilisation intensive des dons et des financements extérieurs concessionnels, le recours au marché financier international ne se faisant que lorsque les conditions sont favorables. En juin 2014, le Maroc a émis un emprunt obligataire d’un milliard d’euros. L’opération a été sursouscrite deux fois avec un taux de 3,5%, inférieur à ceux des deux dernières sorties de l’État effectuées en 2010 et 2012, respectivement sur le marché de l’euro et du dollar. Le recours à l’endettement est encadré en amont et en aval par le parlement. Les niveaux de recettes, de dépenses et du besoin de financement de l’année sont prévus dans la loi de Finances qui plafonne les mobilisations extérieures.

Il faut dire que l’aggravation du déficit budgétaire a précipité la hausse de la dette ces dernières années. Le retour à des niveaux plus acceptables devrait permettre d’inverser la courbe. Le Trésor, qui a levé un montant net de 26,3 MMDH durant le premier semestre 2014, verra son endettement par rapport au PIB augmenter encore cette année. L’objectif du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd, est de stabiliser la dette à partir de 2015 et la baisser dès l’année suivante.

Anas Hassy
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Investissements : Le tiers du PIB, malgré tout !

Les dépenses d’investissement ont augmenté de 39,9% à 25,2 milliards de dirhams au cours des 5 premiers mois de 2014.

Le Maroc s’applique à construire les fondements du développement à long terme de son économie, grâce aux efforts d’investissement consentis dans les infrastructures économiques et sociales et l’engagement dans un processus d’émergence de secteurs à forte valeur ajoutée, en particulier dans l’agriculture, l’industrie et la valorisation du grand potentiel de ses ressources maritimes et minières. En moyenne, le taux d’investissement s’est situé à 36% du produit intérieur brut (PIB) entre 2008 et 2012 et à quelque 33% en 2013 et 2014. Néanmoins, ce niveau d’investissement est déjà très élevé. Il dépasse de loin celui que l’on peut observer dans des pays comme l’Egypte (14,2% du PIB), l’Afrique du Sud (19%), la Turquie (20%) et la Tunisie (22%).
Les dépenses d’investissement ont augmenté de 39,9% à 25,2 milliards de dirhams à fin mai 2014, soit un taux de réalisation de 57,6%, traduisant la forte reprise de l’effort d’investissement de l’Etat. Cet effort se maintient grâce à la bonne tenue des émissions au titre de l’investissement du budget de l’Etat, à l’encours des crédits à l’équipement et à l’approbation par la Commission Interministérielle des Investissements, début 2014, de près de 40 projets d’investissement pour un montant total de 42 milliards de dirhams, pouvant générer plus de 2.000 emplois stables et 14.000 emplois indirects.
Au niveau des finances publiques, les réductions des dépenses budgétaires de compensation et d’investissement, associées aux efforts de rationalisation des dépenses courantes de fonctionnement et de renforcement de la collecte des recettes fiscales, devraient se traduire par une légère baisse du déficit budgétaire qui passerait à 5,2% du PIB en 2014. Pour combler ce déficit, le taux d’endettement global du Trésor devrait passer à 66,4% du PIB en 2014, au lieu de 63,5% en 2013.
Pour ce qui est des perspectives 2015, l’investissement brut devrait connaître une hausse de 7,1% en volume et sa contribution à la croissance serait de 2,3 points, contre une contribution de 1,7 point en 2014.

AH
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Mohamed Boussaid : L’endettement doit être inférieur au budget d’investissement

Boussaid ministre finances maroc

Le Maroc ambitionne de réduire le déficit budgétaire par la contraction de certaines dépenses publiques, entre autres. Causes et impact.

«La règle d’or voudrait que l’endettement net sur l’année budgétaire soit inférieur ou égal au budget d’investissement», a affirmé Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances. Les dépenses d’investissement public ont dépassé 25 milliards de dirhams (MMDH) à fin mai 2014, soit une hausse de près de 40% par rapport à 2013. La dette publique globale, quant à elle, s’est située à 11,36 MMDH à fin mai 2014. En termes de poids de la dette, le Maroc se compare plutôt favorablement avec les autres pays, toujours selon la même source.
En 2012, la dette rapportée au produit intérieur brut (PIB) ressortait à 59,6% pour le Maroc, contre 70,5% pour l’Espagne, 79,2% pour la Hongrie, 85,8% pour la France et 108,2% pour le Portugal. Toutefois, ce niveau est élevé comparativement à des pays semblables. Ainsi, ce ratio ressortait à 58,7% pour le Brésil, 45,8% pour la Tunisie, 40,1% pour l’Afrique du Sud et 36,2% pour la Turquie.
Le niveau des investissements publics dépend étroitement du solde budgétaire. Dans le cas d’un déficit budgétaire relativement important et de longue durée, l’Etat a recours à deux principales solutions: une politique de rigueur à travers principalement des coupes budgétaires ou davantage d’endettement dans le cas d’une volonté de maintenir les mêmes niveaux d’investissement, ce qui n’est pas évident à long-terme, vu les pressions opérées par les institutions de contrôle (le Fonds monétaire international et la Banque mondiale) et par les agences de notation. Dans le cas du Maroc, il y a une volonté de réduire le déficit budgétaire par la contraction de certaines dépenses publiques et par l’augmentation des recettes, ce qui passe par la suppression progressive de la Caisse de compensation à travers une libéralisation des prix actuellement subventionnés, par la réduction du niveau des recrutements dans la Fonction publique et par la privatisation afin d’accroître les recettes budgétaires. Résultat, la politique de réduction du déficit budgétaire, qui constitue le principal carburant de la dette intérieure du Trésor, affecte directement et négativement le niveau des investissements de l’Etat, ce qui ne manquera pas à long-terme d’affecter également la croissance économique.

Anas Hassy

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