vendredi 20 octobre 2017

Infertilité : Les déboires des aspirants à la maternité et à la paternité

Conference infertilite maroc 2014

Dans une action inédite, des personnes souffrant d’infertilité ou de difficultés de procréation, soutenues par des sympathisants, ont décidé de créer une association baptisée MAPA: Association marocaine des aspirants à la maternité et à la paternité.

Décidant de crever l’abcès et de dire «on en a assez des tabous», la MAPA (Association marocaine des aspirants à la maternité et à la paternité), créée par et pour les personnes souffrant d’infertilité ou de difficultés de procréation, entend baliser la voie aux couples qui rêvent d’avoir un enfant.
Selon des spécialistes, au Maroc, 15% des couples sont confrontés à une infertilité. Dans la moitié des cas, la cause est masculine. De même, dans 70% des cas d’infertilité masculine, une cause évidente est trouvée et dans 30% des cas, elle reste méconnue. Ces spécialistes avancent que toutes les causes confondues et les anomalies génétiques, qu’elles soient chromosomiques ou géniques, arrivent en tête de la liste de recherche des causes d’infertilité masculine. Ces données montrent que des préjugés prévalant dans la société et rendant la femme comme principale responsable de l’infertilité, avec toutes les pratiques que cela accompagne, sont à combattre.

Cette idée est mise en avant par la MAPA pour défendre la cause des personnes souffrant d’infertilité ou de difficultés de procréation.
Par ailleurs, l’Association se soucie de nombreuses autres problématiques qui rendent la vie dure aux couples infertiles.
Dans ce cadre, la première sortie, au cours de laquelle ces données ont été livrées, a été une grande réussite.
En effet, à l’occasion de la Journée internationale de la famille, le 15 mai, l’Association marocaine des aspirants à la maternité et à la paternité a organisé la première conférence nationale sur l’infertilité sous le thème: «Les couples infertiles au Maroc… Face aux contraintes médico-sociales». La Journée a eu lieu en présence de médecins spécialistes de l’infertilité, de psychologues et de représentants du ministère de la Santé. Le moment phare de cette rencontre a été la partie réservée aux témoignages des couples qui, dans un langage spontané et exprimé terre à terre, ont mis en avant toutes les contraintes matérielles, médicales et sociales auxquelles font face les couples. La présidente de l’association MAPA, Aziza Ghallam, a résumé ces contraintes en quelques points qu’elle a exposés en retenant à peine ses larmes (elle n’avait pas pu les retenir en écoutant les témoignages des autres couples).
Le premier élément concerne le coût élevé des charges médicales liées aux solutions suivies par les couples pour tenter de réaliser le rêve d’avoir un enfant. Coût qui varie entre 20 et 40 mille dirhams pour chaque tentative, frais qui ne sont pas pris en charge par les mutuelles et les assurances médicales. L’autre contrainte est la galère dans laquelle s’embarquent les couples souffrant de difficultés de procréation pour collecter de l’argent. Ils serrent la ceinture, s’impliquent dans des opérations d’épargne (darat) et contractent même des crédits.
Une autre contrainte est liée, comme le souligne Aziza Ghallam, à l’absence de certains médicaments du marché marocain et l’éloignement des laboratoires d’analyse et des cabinets spécialisés pour de nombreux couples, en particulier ceux installés dans de petits patelins et de petites villes. A ces difficultés s’ajoutent le regard de la société et la pression familiale exercée sur le couple infertile qu’on pousse souvent à la séparation. Couple que la famille et l’entourage poussent aussi à recourir aux pratiques traditionnelles de médication (msakhane, kamoussates, gadida, chaâbana, boissons chaudes de différentes sortes, visites des marabouts…). Ce contexte crée un climat stressant auquel le couple doit faire face. D’ailleurs, c’est pour faire face à toutes ces contraintes matérielles, médicales et sociales que la MAPA est créée. Elle a, dans ce sens, un plan d’action ambitieux. La réussite de la première Journée nationale qu’elle a organisée l’encourage et montre que les couples (à entendre leurs témoignages) ont fortement besoin d’accompagnement.
Déjà, dans le cadre de cette première Journée, la représentante du ministère de la santé, Hafida Yartaoui (chef de service de la programmation et des activités de planification familiale à la Direction de la population au ministère de la Santé), en abordant le thème «Santé de la reproduction: les acquis et les perspectives», a annoncé que le département de la Santé se penche sur un projet de loi pour «l’assistance médicale à la procréation». La représentante du ministère s’est également engagée à suivre le dossier de la couverture médicale qui, selon elle, ne peut pas exclure les infertiles de cette couverture; autre lueur d’espoir pour les personnes aspirant à la maternité et à la paternité, en plus de ceux que la MAPA s’engage à défendre.

Bouchra Elkhadir

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