mercredi 19 décembre 2018

Immigration clandestine : 600 mineurs marocains attendent à Nador

Finalement, le projet de construction d’un centre d’accueil à Béni-Nsar, proposé par le gouvernement local de Mellilia pour y envoyer les clandestins marocains mineurs non accompagnés, ne semble pas prendre du chemin.

C’est une information fournie par des sources locales. La ville de Béni-Nsar ne pourra pas accueillir un centre d’accueil pour des migrants marocains mineurs en situation irrégulière à Mellilia. Pour répondre aux problèmes posés par l’arrivée de ces mineurs clandestins, le gouvernement local de Mellilia a fait cette proposition, en janvier dernier. L’Espagne s’est dit prête à financer ce projet à hauteur de 8 millions d’euros. Mais aux dernières nouvelles, l’idée ne semble pas prendre du chemin. Des sources bien informées ont déclaré au Reporter que ce sujet, qui a été à l’ordre du jour de la session d’avril du Conseil communal de Béni-Nsar, a été rejeté à l’unanimité.

Cette décision n’a pas manqué de susciter la satisfaction des associations locales et des défenseurs des droits des migrants. «C’est une grande victoire», s’est exclamé Aziz Kattouf, de l’AMDH-Nador. «L’Association s’est opposée fermement au projet de ce centre dès son annonce par les autorités espagnoles. On a tout fait pour éviter la construction de ce centre», a-t-il souligné. Pour l’AMDH-Nador, le projet n’est qu’une manœuvre de la part des autorités espagnoles pour se débarrasser de ce dossier et renvoyer ces enfants vers le Maroc, ce qui va à l’encontre des lois et conventions internationales en vigueur.

A l’AMDH-Nador, on qualifie la situation de ces mineurs à Nador et à Béni-Nsar de très inquiétante. Depuis plusieurs années, le phénomène ne fait qu’empirer dans ces deux villes qui voient arriver des centaines de clandestins mineurs des quatre coins du pays, pour tenter de passer clandestinement à l’autre rive de la Méditerranée.

A Nador, il est fréquent de voir des petits groupes d’enfants errer dans les rues. On les croise aussi sur la route reliant cette ville à Béni –Nsar, petite cité limitrophe de l’enclave de Mellilia. Ils essaient de passer dissimulés dans des camions de marchandises ou dans des autocars à destination de cette dernière.

«Actuellement, ils sont des dizaines de mineurs marocains à déambuler dans les rues de Nador. Ils dorment à même le sol, pratiquent la mendicité et consomment toutes sortes de drogues.  Ils attendent l’occasion de passer clandestinement en Europe, via Mellilia et Béni-Nsar», a expliqué Aziz Kattouf, membre de l’AMDH-Nador.

Combien de mineurs clandestins restent-ils bloqués à Nador?

«Plus de 600 mineurs clandestins marocains attendent, aujourd’hui à Nador, le moment de passage à l’autre rive. Ils vivent  dans les rues de Nador dans des conditions très difficiles. Les élus et les autorités font semblant de ne rien voir», a précisé l’associatif Aziz Kattouf, avant d’ajouter: «Chaque mineur a une histoire derrière lui et un parcours particulier. Mais le point commun à eux tous, c’est leurs extrêmes pauvreté et précarité ».

Selon des associations locales, plusieurs centaines de mineurs marocains sont déjà arrivés en Europe. Parvenus à Mellilia, Ils sont mis dans un centre d’accueil qui leur est dédié. A fin décembre 2017, le centre d’accueil à Mellilia abritait 550 mineurs marocains. Le décès, cette année, d’un mineur dans ce centre pose beaucoup de questions sur les conditions de vie de ces mineurs marocains, s’indignent des associations locales. Ces enfants sont régulièrement reconduits à la frontière de Mellilia, sans aucune procédure. En 2017, rappelons-le, l’ONU a demandé au gouvernement espagnol de cesser les refoulements à chaud de mineurs depuis les deux enclaves.

Naîma Cherii

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