samedi 16 décembre 2017

Entretien avec Rédouane Najmeddine, DG d’Al Barid Bank

Redouane Najmeddine Barid bank

«Un moyen pour promouvoir l’inclusion financière »

Al-Barid Bank vient de lancer sa nouvelle offre de Mobile Banking qui s’adresse à tous les Marocains. Rédouane Najmeddine, DG d’Al Barid Bank, parle au Reporter de cette nouvelle expérience, de son étendue et de ses perspectives.

Comment vous est venue l’idée de recourir à ce service hautement technologique?

Lors de la création d’Al Barid Bank, nous avons inscrit ce projet dans une liste de 40 projets à l’échelle mondiale. Nous avons ainsi été classés 4èmes et avons été lauréats d’un grand Prix. Lors de la cérémonie de remise du Prix à laquelle j’ai personnellement assisté, j’ai dit que le Maroc n’avait pas besoin d’argent, mais de technologie. Une technologie relative au développement et au renforcement des services financiers d’Al Barid Bank. Mais aussi, une technologie qui contribuera à l’amélioration et apportera du nouveau au Maroc à travers une facilité d’accès du citoyen à ces services puisque, du point de vu financier, l’Etat est en mesure de me fournir tous les fonds nécessaires.
C’est ainsi que nous avons acquis cette technologie que nous maîtrisons aujourd’hui à 100%, à tel point qu’en la matière, nos partenaires nous proposent de la vendre à d’autres pays africains avec lesquels nous sommes en pourparlers et nous négocions avec chaque pays d’Afrique subsaharienne, chacun selon ses besoins et ses moyens. Il faut dire que la demande est bien là et ce n’est plus qu’une question de temps pour passer à la phase de mise en œuvre.

Vous tablez donc sur quel nombre d’utilisateurs?

Je table sur un million d’utilisateurs. Nous avons déjà testé ce produit au niveau de Poste Maroc et de quelque 8.000 personnes; en plus des administrations auxquelles nous lient de très bonnes relations et auxquelles nous recommandons ce produit… Cette rapidité va être exponentielle et nous pourrons plus tard y inclure d’autres services tels que la réservation du billet d’avion, par exemple. Mais ça se fera de manière progressive… Que les gens apprennent d’abord à faire des transferts et après, on verra! On aura des services pour les jeunes, d’autres pour les retraités et d’autres encore pour les femmes au foyer qui ne vivent que de ce que leur envoient leurs enfants de l’étranger.

Cela aura certainement un bon impact sur vos parts de marché que vous comptez développer davantage. Mais comment?

Derrière cette idée, il y a d’abord trois ans de travail assidu. Du coup, nous sommes aujourd’hui à quelque 80% de parts de marché; le deuxième est à 35%. Voyez donc la différence! Comment développer ces parts? D’habitude, quand dans un marché concurrentiel vous êtes à 70% et plus de parts de marché, le mieux est de savoir garder vos parts. C’est le travail auquel nous nous attelons, sachant que nous avons encore un levier très important que nous n’avons pas encore actionné et que sont les canaux postaux…

Et quel est le rôle de l’Institut mondial des Caisses d’épargne dans cette action?

C’est d’abord notre partenaire et l’intérêt de ce partenariat réside essentiellement dans le partage des connaissances, des technologies et du savoir-faire. Il faut souligner que l’Institut mondial des Caisses d’épargne a pour chaque continent un administrateur et, dans le continent africain, il en a 3, dont 2 Marocains, en l’occurrence Al Barid Bank et la CDG. Ça donne aussi une idée sur le poids du Maroc dans cette institution.

D’autres expériences similaires au Maroc n’ont-elles pas de quoi enlever ce caractère exclusif à la vôtre?

Ce caractère exclusif vient au contraire montrer toute l’ampleur de cette expérience qui est nouvelle au Maroc. Certes, un opérateur s’y est déjà lancé, mais il mettait la condition, voire l’exigence d’être client chez lui, ce qui n’est pas le cas pour nous. Vous pouvez être client de n’importe quel opérateur et disposer de n’importe quel téléphone, du plus compliqué au plus simple, du plus cher au moins cher. L’essentiel -et c’est là une condition à laquelle j’ai personnellement veillé-, c’est de recourir à la technologie Java. C’est facile et ça ne nécessite pas un grand investissement… On ne demandera pas à quelqu’un, qui n’a même pas de quoi vivre, d’aller s’offrir un téléphone dernier cri pour accéder à notre service, le but étant de promouvoir le mobile banking qui est une ressource très importante et un levier de développement du recours aux services bancaires! Pour nous, il n’est pas question de compter, l’essentiel est qu’on soit rentable. Le modèle a été conçu comme ça, dès le départ. Nous ne sommes pas une banque appelée à afficher à la fin de l’année 2 ou 3 milliards de bénéfices. Si on arrive à subvenir aux besoins de notre clientèle, à inclure financièrement les Marocains, à avoir des relations citoyennes avec les associations et les fondations, c’est déjà un grand acquis pour nous, puisque inclure financièrement, c’est déjà une grande part de l’épargne qui va intégrer l’économie réelle et ça va homogénéiser le système financier national.

Propos recueillis par H. Dades

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