samedi 16 décembre 2017

Pays-Bas : Echec à l’islamophobie

Geert Wilders n’a pas concrétisé la percée que lui prédisaient les sondages. Certes, son pari progresse, mais peu et  non seulement il n’arrive pas premier, mais il est nettement dépassé par le Parti libéral.

Wilders n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir dans un pays au paysage politique émietté, personne ne voulant s’associer à sa formation populiste. Mais le coup d’arrêt qu’il reçoit est le premier depuis le Brexit en Europe et est de mauvais augure pour Marine Le Pen. Wilders fait peur a de nombreux Hollandais et il y a eu, en réaction, un vote massif pour ces législatives.

On le compare souvent à Trump, encore plus blond mais, mieux coiffé et plus mince, ses positions sont encore plus extrêmes.

La position de Geert Wilders sur l’islam est encore plus radicale que celle de Donald Trump. Il souhaite purement et simplement interdire la vente du Coran. Geert Wilders veut également interdire l’entrée de ressortissants de certains pays à majorité musulmane sur le sol néerlandais, une proposition similaire au «Muslim ban», mis en place par Donald Trump.

Autre mesure visant la population musulmane, le candidat affirme vouloir fermer toutes les mosquées de son pays. Ce n’est pas la première fois que cet ancien membre du Parti populaire libéral démocrate attaque la communauté musulmane. Le 8 décembre 2016, le tribunal le déclare coupable de discrimination, mais aucune peine ni amende n’est prononcée. Ces multiples saillies lui ont permis de se faire un nom en Europe, mais également au-delà. Son nom apparaissait sur les listes noires d’Al-Qaïda. Il vit depuis sous protection policière permanente et limite ses sorties. Quand il se déplace, c’est toujours accompagné d’une demi-douzaine de policiers. «Son monde est devenu très petit», expliquait il y a peu son frère Paul Wilders. «Parlement, événements publics et son appartement», en dehors de cela, «il ne peut aller nulle part ailleurs», précise-t-il. 
Si l’ennemi numéro un du candidat s’appelle l’islam (comme on peut le voir sur l’arrière-plan de son compte Twitter), l’Union européenne n’est pas loin derrière. Cet eurosceptique promettait un référendum sur une sortie des Pays-Bas de l’UE, en cas de victoire aux législatives.

Le VVD de Mark Rutte remporterait 32 à 33 sièges sur les 150 de la Chambre basse du parlement néerlandais. Une perte de 8 à 9 sièges, certes, par rapport aux dernières élections en 2012, mais une nette avance cependant sur le PVV de Wilders qui n’aurait, lui, gagné que 4 à 5 sièges de député, avec entre 19 et 20 élus. Le soulagement est grand pour les forces démocratiques, à moins de 40 jours de la présidentielle française, mais aussi avant les législatives allemandes de l’automne.

Nombre de dirigeants ont réagi, du président français François Hollande, saluant «une nette victoire contre l’extrémisme», au président de la Commission européenne qui y a vu «un vote pour l’Europe». Quant à Angela Merkel, selon son porte-parole, elle se serait réjouie de «poursuivre une bonne collaboration en tant qu’amis, voisins, Européens».

Le système électoral néerlandais à la proportionnelle presque intégrale oblige à créer des coalitions et, dans un paysage aussi fragmenté, la formation du prochain gouvernement pourrait prendre des mois. Le record actuel est de 208 jours. La plus grande progression revient aux écologistes de GroenLinks, menés par le jeune et charismatique Jesse Klaver, qui ont par contre quadruplé leur score avec 16 sièges de députés. Les travaillistes du PvdA, partenaires de la coalition sortante, ont, quant à eux, enregistré une défaite historique, passant de 38 députés à 9 seulement.

La démocratie néerlandaise est par ailleurs renforcée face à Ankara. Après le refus des Pays-Bas d’accueillir deux ministres turcs, Ankara promet des mesures de rétorsion «de la manière la plus sévère». La Haye joue l’apaisement. La Turquie va prendre des mesures de rétorsion «de la manière la plus sévère», après la décision des Pays-Bas de refuser l’accès à leur territoire à deux ministres turcs, a annoncé, dimanche12 mars, le Premier ministre turc, Binali Yildirim. Une décision également dénoncée samedi 11 mars par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, comme le signe de «vestiges du nazisme». Il a prévenu, le 12 mars, que les Pays-Bas auraient un prix à payer pour avoir porté atteinte aux relations entre les deux pays en interdisant à deux de ses ministres de venir faire campagne auprès de la diaspora turque. D’autres pays européens, dont l’Allemagne et l’Autriche, ont pris des mesures similaires. Par ailleurs, le propriétaire d’une salle de réunion de Stockholm, dans laquelle devait se tenir un rassemblement en faveur du référendum constitutionnel turc, a annulé le contrat de location des lieux, a annoncé l’agence de presse turque Dogan. En revanche, Mevlut Cavusoglu a participé à un rassemblement politique à Metz en France. Face à la polémique de la venue du chef de la diplomatie turque, le ministère des Affaires étrangères a estimé: «En l’absence de menace avérée à l’ordre public, il n’y avait pas de raison d’interdire cette réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d’ingérence dans la vie politique française». La France appelle d’ailleurs «à l’apaisement».

Patrice Zehr

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