jeudi 17 août 2017

Les Arabes israéliens ont un vrai leader

Ayman odeh

A l’issue de sa campagne victorieuse, Benyamin Netanyahu a ruiné toute chance de relance d’un processus de paix déjà moribond en annonçant que s’il était réélu, il n’y aurait pas d’Etat palestinien. Il a exclu aussi un gel de la colonisation ou un compromis sur Jérusalem.
Pour les Palestiniens, c’est clair: les Israéliens ont voté contre la paix et un Etat palestinien. Mais les Arabes israéliens sont devenus la troisième force du pays; il faudra compter avec eux. La liste des partis arabes israéliens, les représentants des descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948 (un Israélien sur cinq), a remporté 13 sièges, selon des résultats publiés jeudi 19 mars. Elle est la 3ème force à la Knesset. Grand artisan de la réussite historique de la liste arabe aux législatives israéliennes, Ayman Odeh, 40 ans, doit désormais décider comment faire fructifier ce capital politique.

Ayman Odeh, fils de maçon devenu avocat, a décroché son premier mandat, réussissant à coaliser des juifs, des arabes, des communistes, des islamistes et des nationalistes arabes. Maintenir la cohésion de cet attelage inédit fait partie de ses prochains défis. Peu avant les élections, ce père de trois garçons confiait à l’AFP porter sur ses épaules «une responsabilité exceptionnelle» face aux «espoirs suscités» chez les Arabes israéliens. Le jour de son entrée au Parlement, il le rejoindra symboliquement à pied… en partant du désert du Néguev où il lutte depuis des années pour la reconnaissance par l’Etat de 40 villages bédouins, a-t-il annoncé. Une façon de plus de «sensibiliser tous les Israéliens» car, dit-il, «si le camp de la démocratie faiblit, le fascisme fera des victimes et les premières, ce seront les Arabes». Ayman Odeh, visage carré et tignasse noire, est l’homme du dialogue, celui qui milite pour que juifs et arabes travaillent ensemble pour l’égalité. Sur les plateaux de télévision qu’il écume, il ne se départit jamais de son calme. Il est l’anti-Haneen Zoabi, sa colistière, qui n’hésite pas à quitter la Knesset quand retentit l’hymne israélien.

Patrice Zehr

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