samedi 22 septembre 2018

Flexibilité du dirham : Entre soutien du FMI et hésitation du Maroc

Clôturant ses missions de consultation au Maroc, le FMI a livré ses conclusions sur l’économie du pays. Flexibilité du Dirham, réformes, croissance, chômage des jeunes, crédit… Tout y est passé.

Le Maroc passera-t-il ou ne passera pas à la flexibilité du régime de change? La question revient comme un leitmotiv. Elle est donc revenue lors du point de presse que le Fonds Monétaire International (FMI) a organisé, en clôture de ses missions de consultation. Mais cette question est reportée sans qu’une nouvelle date soit fixée. Chaque fois que les médias en profitent, pour remettre la problématique sur la table, les membres de la mission de consultation du FMI pour le Maroc les laissent sur leur faim, concernant cette flexibilité. Et, pour éviter tout amalgame, ils lancent la petite phrase qui rassure. Ainsi, «Les autorités marocaines bénéficient de notre soutien et la question de la flexibilité relève incontestablement de la souveraineté des autorités marocaines», a martelé Nicolas Blancher, chef de la mission.

Régime de change, le leitmotiv

L’intention du Maroc d’assouplir progressivement le régime de change, devrait permettre à l’économie de mieux absorber les chocs extérieurs et préserver sa compétitivité. La mission du FMI, dirigée par Nicolas Blancher, qui a séjourné au Maroc du 25 octobre au 7 novembre 2017, a assuré soutenir pleinement l’intention des autorités marocaines dans ce sens. Petit rappel, cependant: la situation actuelle, a fait savoir la mission du FMI, continue d’offrir une fenêtre d’opportunité, pour entamer cette transition de manière progressive et ordonnée.

Et la mission de réitérer sa position: «Il serait donc approprié d’engager ce processus dès que possible», estimant qu’il n’y a pas de risque à court terme. «Le niveau du dirham n’est pas tellement loin de son équilibre», a affirmé aux médias marocains le chef de la mission du FMI, lors d’un point de presse tenu au siège du ministère de l’Economie et des Finances.

Politiques macro-économiques prudentes

Pour Nicolas Blancher, l’économie marocaine a profité, ces dernières années, de la poursuite des politiques macro-économiques prudentes et des réformes structurelles. L’amélioration de la gestion des finances publiques et la diversification de l’économie ont rendu cette dernière plus résiliente. Ce qui n’a pas empêché Blancher de préciser: «Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour promouvoir une croissance plus élevée, durable et plus inclusive».

Chômage des jeunes

Les membres de la mission du FMI, qui ont mené les entretiens relatifs aux consultations de 2017, ont relevé que le taux de chômage avoisine 10% et est particulièrement fort parmi les jeunes et que, bien que le Maroc ait engagé des réformes structurelles importantes, il demeure quand même «nécessaire d’en accélérer la mise en œuvre, pour accroître les gains de productivité, créer davantage d’emplois et rehausser le potentiel de croissance en ligne avec les objectifs à moyen terme du gouvernement». Et de proposer, car c’est impératif et primordial, «d’améliorer la qualité de l’éducation, le fonctionnement du marché du travail, le taux d’activité des femmes et l’environnement des affaires».

Confort des réserves de change

Selon Nicolas Blancher, la croissance devrait atteindre 4,4% en 2017 et 4,5% à moyen terme, estimations inhérentes à la poursuite des réformes structurelles. S’agissant des réserves de change, celles-ci devraient se maintenir à un niveau confortable qui équivaut à environ six mois d’importation. Cependant, «la croissance devrait ralentir en 2018, en raison d’un retour à la normale de la production agricole, pour atteindre 4,5% à moyen terme, grâce à la poursuite des réformes structurelles».  Et Blancher de faire remarquer: «Néanmoins, ces projections demeurent sujettes à risques, à la fois sur les plans domestique et extérieur, en liaison avec le rythme des réformes».

Maîtriser les dépenses

Sur le plan budgétaire, la mission du FMI a noté avec satisfaction que les autorités marocaines comptent ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB, en augmentant les recettes et en maîtrisant les dépenses comme indiqué dans la loi de Finances actuellement sous la loupe du Parlement.

Impôt plus équitable

A moyen terme, la réforme fiscale devrait rendre l’impôt plus efficient et plus équitable, tout en ramenant le niveau de la dette publique à 60% du PIB d’ici 2021, contre 64,3% en 2017.

Secteur financier capitalisé

La mission du FMI pour le Maroc a également noté avec satisfaction que le secteur financier marocain est bien capitalisé et que les risques pesant sur la stabilité financière demeurent limités. Toutefois, elle a encouragé les autorités marocaines à réduire davantage la concentration des expositions de crédit, tout en limitant les risques liés à l’expansion des banques marocaines en Afrique, grâce à une collaboration renforcée avec les autorités de supervision des pays hôtes.

La LPL… utile

Pour ce qui est de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), le chef de la mission du FMI a réitéré son utilité. L’on se souvient, le Conseil d’administration du FMI avait approuvé, en juillet 2016, un accord de 24 mois au titre de la LPL, pour un montant équivalent à 3,5 millions de dollars environ, soit 280% de la quote-part du Maroc.

Nouvelle loi

Enfin la mission du FMI recommande d’adopter, dès que possible, la nouvelle loi sur les statuts de la Banque centrale, pour renforcer l’indépendance de cette dernière et son rôle en ce qui concerne la stabilité et l’inclusion financières.

Mohammed Nafaa

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